Dans le Londres du XVIIème siècle, Edward « Ned » Kynaston est la « femme » la plus célèbre d'Angleterre. A cette époque, les femmes n'ont pas le droit de jouer sur scène, situation dont Ned profite, faisant usage de sa beauté et son habileté à interprété avec Brio les grands rôles de femmes. Mais le roi Charles II, las de voir toujours les mêmes comédiens dans les mêmes tragédies, décrète, que les femmes auront dorénavant le droit de monter sur scène et que les hommes ne pourront plus interpréter des rôles féminins. Cette décision royale bouleverse la vie de Ned qui perd sa position privilégiée de « femme » la plus désirable de Londres. Entre en scène, Maria, l'habilleuse de Ned, qui devient une vedette instantanée.

Stage Beauty rappelle un certain Shakespeare in love... Mais toute comparaison s'arrête vite là ! Dans le film de Richard Eyre, Claire Danes et Billy Crudup se donnent la réplique, avec en toile de fond la pièce "Othello". Ce couple de jeunes acteurs n'a rien à envier à Gwyneth Paltrow et Joseph Fiennes, loin de là ! Et puis, il y a davantage d'espièglerie et de transparence concernant le milieu du théâtre de ce 17ème siècle anglais. Les femmes étaient interdites sur scène... qu'importe, les hommes pouvaient se travestir et faire bondir les coeurs de toute assistance. Comme ce fut le cas pour l'incomparable Kynaston (décrite comme la plus belle femme d'Angleterre par Samuel Pepys). La révision de cette loi va finalement conduire au "chômage" bon nombre d'acteurs, comme Kynaston. Et celle qui dans l'ombre se pâmait du rôle de Desdemone, se verra briller sur les devants de la scène... en la personne de Maria (Mrs Hughes), auparavant humble costumière de Kynaston. Bref, au lieu de jouer au chat et à la souris entre ces deux-là, le réalisateur Richard Eyre a tourné sa caméra vers le contexte de l'époque (société frivole, qui s'ennuie) et montre sans complaisance l'ambivalence de Kynaston, paralysé d'attirance pour les deux sexes (et encore ?). Dans Stage Beauty, aucune mièvrerie, mais une fin un peu trop compassée, et un casting talentueux, dont Ruppert Everett en Charles II grandiloquent !

vu en février 2006