13/11/06

Déviances - Richard Montanari

deviancesPrésentation de l'éditeur
Kevin Byrne est un vétéran de la police criminelle de Philadelphie. Flic usé, détruit par ses années de service, il doit faire équipe avec Jessica Balzano, nouvelle venue dans le service, lorsqu'une adolescente fréquentant une école catholique de la ville est retrouvée violée et atrocement mutilée, les mains jointes dans un geste de prière. C'est le début d'un terrible voyage au cœur des ténèbres pour les deux flics qui, lancés sur la piste d'un tueur aussi terrifiant que machiavélique, devront affronter leurs propres démons, alors que la ville est prête à basculer dans la folie. Dans la lignée du Silence des agneaux et du Dalhia noir, Déviances, best-seller dans plus de dix pays, a imposé d'emblée Richard Montanari comme l'une des voix les plus puissantes et les plus sombres du thriller contemporain.

Mon avis

Habile et réussi, le scénario tient en haleine, surtout grâce aux chapitres courts qui s'élèvent au nombre de 84 pour ce roman de 470 pages. Cadence soutenue, pour lecture foncièrement palpitante. Mise en scène diabolique, dirigée avec maestria. Bref, un pur thriller qui fait penser à un film, avec pour cadre la ville de Philadelphie, livrée aux bandes, aux pervers et au trafic de drogue.

On cerne mieux Kevin Byrne, le flic usé, qui écoute du blues le soir dans sa voiture, pour chasser ses vieux démons. Sa jeune partenaire Jessica Balzano livre également son propre combat de femme de tête, récemment séparée de son mari. Elle élève seule sa petite fille et voit son boulot empiéter sur sa vie personnelle. Terrible dilemme.

Le lecteur a toutes les cartes en main : des crimes horribles, un tueur fou et récidiviste, la police à ses trousses, des enquêteurs perplexes, eux-mêmes aux prises avec leurs propres « déviances », un décor misérable, qui concentre les pires ordures... Mais quel roman prenant, dans le sens qui prend aux tripes et vous empêche de fermer l'œil la nuit. Ce climat d'angoisse et d'incertitude est maintenu jusqu'au bout. Vraiment pas mal !

Le Cherche Midi

Posté par clarabel76 à 23:00:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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Ainsi mentent les hommes - Kressmann Taylor

ainsi_mentent_les_hommesQuand j'ai commencé la lecture de ce livre de Kressmann Taylor, je m'attendais à de nouvelles illustrations de fourberie orchestrées par des enfants ou des jeunes adolescents, comme l'annonçait la quatrième de couverture. Un peu comme le recueil de Julie Orringer ("Comment respirer sous l'eau"). Mais finalement, non.

Dans la première nouvelle, par exemple, un jeune garçon est partagé entre le désir de plaire à son père, l'archétype du mâle qui trime toute la semaine pour élever un toit convenable pour sa famille, et celui de ne pas décevoir sa mère, douce, souriante, confiante et prophétesse sur les mystères de la nature, des poissons notamment. Dans la deuxième histoire, un gamin vit dans une ferme, dans un coin assez conservateur, ses parents sont des gens de la ville, diplômés de l'université, et pourtant ce garçon est le souffre-douleur de son professeur d'histoire, qui l'abreuve de sarcasmes au point de faire rugir une envie de meurtre et de violence.

La façon d'écrire chacune des histoires est limpide et sensible. Le portrait du couple Tevis (dans la 4ème nouvelle) est honnête et touche en plein coeur. A tout moment, on ressent beaucoup d'affection pour les protagonistes, trop souvent blessés par les affrontements, les "petites choses de la vie" (référence au personnage de  Stella Tennant dans "Mélancolie" dont l'histoire est douce, cruelle et ironique à la fois). Ces textes avaient été publiés dans les années 50, ceci pouvant certainement expliquer ce petit côté "charme désuet" dans sa peinture si parfaite de la société de l'époque. J'ai beaucoup aimé le portrait d'ouverture de l'épouse dans son potager sous l'oeil légèrement méprisant et agacé du mari, le "gouverneur du foyer" ! Aaaah, si cruel si pervers et pourtant si perspicace... Je n'ai qu'un mot à ajouter : lisez-le !

Le livre de poche

Posté par clarabel76 à 12:51:57 - - Commentaires [13] - Permalien [#]

107 ans - Diastème

107_ansBon honnêtement, au début tout lecteur (non adolescent) pensera s'être trompé de livre, car le héros, Simon, est un ado qui parle de ses problèmes en employant des expressions débiles, souvent limites à supporter. Et puis finalement, ça le fait... Ce ton juvénile, arrogant, moqueur, délirant et comique donne du charme au récit, auquel on s'accroche.

Simon est désespéré, il est fou amoureux d'une jeune fille, Lucie, qui ne veut plus le voir. Impossible pour lui de faire comme si. Il est fou de cette fille et refuse de l'oublier, il décide donc de la traquer. Simon devient aussi fou de jalousie, complètement obsédé par sa belle qui l'ignore. Un comportement dérangeant, qu'on parvient difficilement à blâmer. Un comble ! 

« 107 ans » est aussi une expression populaire pour exprimer une attente trèèèès longue. Un bon indice pour imaginer l'orientation de l'intrigue. Diastème, l'auteur, a bercé mon adolescence en écrivant ses brèves dans le magazine "20 ans". J'ai naturellement beaucoup apprécié retrouver son humour, son insolence, sa folie douce chez cet adulescent avant l'heure... 

Points

Posté par clarabel76 à 11:43:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]