15/11/06

Vanity Fair

Grand classique de la littérature anglaise, "Vanity Fair" est le chef d'oeuvre de William Thackeray, dans lequel il raconte l'ascension d'une jeune arriviste sans le sou, Rebecca/Becky Sharp, dans la bonne société de ce début du 19ème siècle. Brillante, intelligente et futée, Becky va réussir à forger sa place (mariage, fortune, succès) mais à quel prix !?... Car au fil du temps, on découvre le dur combat pour "sauver les apparences" et maintenir à tout prix ce statut de vie facile. Sauf qu'en ce 19ème siècle, on tolère difficilement la réussite fulgurante et jalouse l'ambition féminine ! A ce propos, j'ai trouvé une certaine ressemblance avec un autre personnage de la littérature, Scarlett O'Hara, dont la volontée absolue de réussir avait surpassé tous les scrupules et toute bienséance. (Une certaine scène dans ce film me rappelle d'ailleurs un moment crucial de GWTW.)

Reese Witherspoon incarne le personnage inclassable de Becky Sharp avec brio, élégance et malice. Grâce à la réalisation exotique et colorée de Mira Nair, le rôle atteint une ampleur flamboyante, avec la dose de décadence justement dosée dans le parcours de l'intriguante. Car le film dure longtemps, plus de deux heures, mais passionne instantanément. Surtout si vous affectionnez les films d'époque, en costume, dans une Angleterre du 19ème pudibonde, avec ses salons secrets pour laisser place à la débauche ! Aux côtés de l'actrice, il y a un joli tableau de faire-valoir, comme Bob Hoskins (assez drôle) ou Gabriel Byrne (glacialement séduisant). Bref, ce film prend des couleurs chaudes et chaleureuses (sa réalisatrice est indienne) qui font un tapis rouge incontestable pour la "terrible" Becky Sharp ! A découvrir, ou voir, sans rechigner ! Et à lire, ensuite... (Pitié, faites abstraction de cette déplorable couverture et du mauvais goût de la "traduction" du titre...) !

vu en février 2006

Posté par clarabel76 à 17:27:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Villes éternelles - Claudine Le Tourneur d'Ison & Jean Alexis Pougatch

villes_eternellesVingt villes dont le nom évoque des doux rêves à votre oreille... Envie de partir, de rêvasser, de découvrir ou voyager dans son fauteuil... C'est possible. Possible aussi de suivre les traces de Claudine Le Tourneur d'Ison, grâce à l'initiative de Jean-Alexis Pougatch, ancien grand voyageur et qui aujourd'hui préside Compagnies du monde, l'agence de voyages qu'il a créée voilà une dizaine d'années. Tous deux ont lancé le projet de présenter les villes mythiques et en faire un livre, l'un orchestre la mise en scène, l'autre a la langue pour raconter ses escapades. Depuis Lahore à Jérusalem, en passant par Santa Fe, Hiroshima, Calcutta et Macao, pour atterrir en destination finale à Boukhara, ce livre fait le tour du monde.

Les visites aux traces de Claudine Le Tourneur d'Ison n'ont pas une logique systématique, certes historique à la base, mais elles sont avant tout guidées par l'instinct d'une voyageuse et d'une femme qui garde ses yeux ouverts sur ce qui l'entoure. Jamais les ouvrages de tourisme ne vous ouvriront de telles portes ! Car parfois (et très souvent) nos pas empruntent ceux d'autres écrivains, ou en rapport à d'autres lectures. Deux exemples : à Chicago, on plonge dans "Les Mandarins" de Simone de Beauvoir, où l'écrivain est parti rejoindre son amant Nelson Algren dans les années 50. A Savannah, l'histoire de "Minuit dans le jardin du Bien et du Mal" de John Berendt (adaptation au cinéma par Clint Eastwood), imprègne la ville, la voyageuse et le lecteur...

J'avoue avoir été sous la coupe des mêmes pouvoirs de séduction ressentie par la romancière et auteur de ce livre de voyages et de merveilles. Car sans bouger de son fauteuil, les parfums vous attrapent, vous enrobent et vous enivrent (l'Inde est très forte pour cet attrait). Vient aussi la fascination pour l'horreur (Macao, l'enfer du jeu), pour le tragique (Hiroshima), pour les rencontres improbables (la belle Rita, professeur de français, à Irkoutsk), pour la gloire passée (Pondichéry), pour les légendes et les mythes (Carthage et la Villa Didon), pour la fin du monde (Usushaia, la ville australe), pour le rêve (Valparaiso, tout simplement), et enfin redécouvrir Alexandrie et finir à Boukhara la lointaine, la secrète, la pieuse... Le livre s'accompagne d'un carnet d'orientation, pour guider vos choix et vous décider à partir pour de bon. De belles propositions en perspective, une belle découverte (pour le livre) et à mettre au pluriel pour ces "Villes Eternelles" : en rêver, les découvrir. Pour tous les goûts, très honnêtement.

Robert Laffont

  • Claudine Le Tourneur d'Ison avait précédemment publié un roman sur le Pakistan et un quartier des femmes mis en lumière par un peintre, Chanwaz : Hira Mandi (Albin Michel).

Posté par clarabel76 à 11:37:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Mercredi, jour des enfants

Bon, aujourd'hui Miss C. est absente pour la journée (école, anniversaire d'un copain, goûter, etc etc..). Elle ne rentrera pas à la maison avant ce soir !..Un comble.. à seulement six ans, elle s'émancipe déjà !?!!! Y'a plus de respect.

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Donc c'est Maman qui s'y colle pour vous présenter un petit livre pour les enfants, un titre pour les petits et les grands : L'histoire qu'on lit au bord du lit de Sylvia Plath (oui je sais, je n'en sors plus !). Mais si vous ne connaissiez pas ce petit livre, je vous invite à piocher dans les casiers "rupture de stock" de vos librairies ou sites d'occasion car ce livre enchante l'enfant et son parent pour plusieurs raisons...

D'abord, l'édition est bilingue ! A gauche, le texte original et à droite, la traduction par Beatrice Vierne... Chouette ! Le public peut s'élargir, d'un coup, d'un seul. Ensuite, le texte est écrit en vers parce que (rappelons-le) Sylvia Plath était avant tout une grande poétesse. Et enfin, les dessins sont de Rotraut Susanne Berner, des illustrations facétieuses, colorées et oniriques.. le jeune lecteur aura ses yeux qui vont rouler comme des billes !

Mais de quoi parle ce livre ? Du lit. Saviez-vous que tous les Lits sont très différents, A une place ou deux, ça dépend. Lits d'enfants ou bercelonnettes, Lits géants ou Lits à roulettes. La plupart des gens, je suppose, Dans leur Lit dorment ou se reposent, Mais les meilleurs Lits, croyez m'en, Sont beaucoup plus intéressants ! Ce ne sont pas tout simplement de ces petits Lits bêtes et blancs, où l'on vous borde bien serré, Le marchand de sable est passé -

histoire_qu_on_litEt le voyage commence.. autour des fantasmes et des délires sur le lit tel qu'on l'aime, c'est-à-dire douillet, voyageur, pliant, casse-croûte, sous-marin ou tremplin. Ce lit est un lieu pour rêver, pour voyager, pour chavirer, dévorer, se balader, etc. Chaque page est une présentation encore plus folle et farfelue que la précédente. On s'embarque vers des destinations extraordinaires. De plus, le lit casse son image d'objet sage et fonctionnel (on y mange, on y dessine et danse avec les pieds couverts de boue, le chien le chat et la perruche ont droit de cité plutôt que les ours en peluche !). Du jamais vu mais l'idée plaît aux garnements ! (haem). Ainsi, "les deux yeux tournés vers l'azur", on compte les oiseaux, on pêche à la ligne, on fait les acrobates... Mais dites-moi, cela n'a rien de très sérieux ?! Et un petit voyage dans les nuages et les étoiles, par-dessus la lune magique jusqu'à Tombouctou en Afrique, vous découvrirez au passage si la Grande Ourse est en fromage, et pour peu que l'envie vous prenne restez donc une ou deux semaines. ;-)

Alors vous, quel lit vous arrange ? Spéciaux, bizarres, et plus qu'étranges, et pleins de surprises sans mélange - des lits de forme extravagante, des lits de taille surprenante, QUI NE SOIENT PAS TOUT SIMPLEMENT des ces petits Lits bêtes et blancs, où l'on vous borde bien serré, Le marchand de sable est passé !

Anatolia / Le Rocher  (1997)

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]