A_conserver_au_fraisReprenons la présentation de l'éditeur : Blanche-Neige est une emmerdeuse égocentrique. Cendrillon se fait piquer son prince par sa demi-sœur. L'ogre tue par erreur son fils prodige et se résout à le manger. Une famille vend un par un les organes de la grand-mère pour s'équiper en électroménager. Un yaourt en son frigo médite sur sa fin prochaine...

... goûtez-vous la mise en bouche, sentez-vous cette odeur alléchante ? Personnellement j'ai savouré, un vrai régal, ça se lit juste un peu trop vite, dommage. Isabelle Sojfer a constaté assez finement que l'époque actuelle ne dénaturait guère du temps des contes de notre enfance. Les personnages ont juste une nature plus pernicieuse, des travers davantage soulignés pour révéler la cruauté de l'existence, la tragédie qui enfle, toujours et encore. Ce n'est pas nouveau, mais c'est poussé à outrance et fatalement en dérision. Cendrillon n'a guère trouvé chaussure à son pied, par contre elle en collectionne des paires. Le roi Lear est chassé de sa tour capitaliste et devient un vieux fou aigri. Le Père Noël est sérieusement déprimé, le Chaperon rouge a perdu de sa candeur et Poucet a été abandonné au royaume du Bon Marché... L'auteur a mis au placard le ton emprunté des contes classiques, elle a brandi en étendard la facétie, l'anti-conformisme, l'absurdité du destin. En tout, 13 nouvelles déjantées et hilarantes, à tenir éloignées des enfants sages...

Les petits matins