"Le lecteur lit davantage de quatrièmes que de livres dans une vie. Combien avons-nous reposé d'ouvrages sur un rayon de bibliothèque ou une table de libraire après cette lecture succincte qui, malgré tout, a plus ou mnouveau_magasin_d_ecritureoins effleuré la mémoire et parfois s'y est inscrite de façon marquante, au point de nous faire regretter de n'avoir acquis l'ouvrage en question devenu introuvable. Il y avait autrefois des rédacteurs spécialement affectés à l'élaboration des quatrièmes; et l'on peut reconnaître le style d'époque de ce genre littéraire particulier, souvent tronqué, qui a sa rhétorique propre, son tempo, ses segments détachables (pour la publicité). Aujourd'hui, bien souvent, l'éditeur se contente d'un extrait du récit ou demande à l'auteur un premier jet qui sera à peine modifié : la vanité et l'ambition concentrent assez de facultés pour torcher un feuillet promotionnel : donner le goût de la lecture sans dénaturer celle-ci avec assez d'agacerie pour laisser croire, une fois de plus, à la rencontre tant espérée."

Le nouveau magasin d'écriture, Hubert Haddad (zulma)