Chez Clarabel (2)

Des livres, de la passion de lire et des dessous chics

15/12/06

La blondeur - Cécile Mainardi

la_blondeurLe livre-objet est joli, rose et noir, avec une chevelure épaisse ou légère dans laquelle on a envie d'y glisser la main... donc on ouvre le livre et on découvre ce poème de Cécile Mainardi sur "La Blondeur" ! A elle d'inventer et de chalouper sur la représentation blonde, de convoiter un inconnu, de le voir blond, de le voir "mort" (de longues explications s'imposent), et d'écrire un livre avec "ces idées-là", c'est-à-dire les "pensées-étoiles-filantes". D'accord, ce n'est pas évident du tout de s'y coller. Les expressions sont fantaisistes et virevoltantes, les idées partent dans tous les sens, mais la blonde Cécile Mainardi garde son cap, tel "le capitaine d'un livre qui sombre". Toutes voiles dehors, nous continuons.

Il y a neuf petits chapitres, neuf théories poétiques sur la blondeur, qui se répand partout, "ma blondeur super-mate, ma blondeur sur basse fréquence, sous perfusion d'antidépresseur, dépressurisée dans la cabine d'essayage des noms de couleur, ma blondeur de classe de soutien, aux yeux de lynx, au baiser de lycaon ô ma hyène de blondeur" (j'aime bien cette expression !). Bref, "De qui est-ce que je parle quand je dis que Je le vois blond Dans des poèmes écrits à des époques différentes" - oui, on se le demande ! Car ce texte est sur la blondeur aussi élémentaire que sur la recherche de l'amour, c'est là le message caché de cette déclamation sur la blondeur... Sur ce propos, l'idée est beaucoup plus ancrée dans des hyperboles qui m'échappent à l'instant. Il faudrait plus fouiller, sonder et se questionner, mais je ne suis pas blonde mais rousse ("Il n'y a rien de plus beau qu'une rousse quand elles sont belles toutes les autres peuvent aller se rhabiller les cheveux, se remettre leur bonnet de bain, aller jouer au water-polo dans le petit bassin, se refaire Palombella Rossa") et donc j'y penserai un autre jour.

En attendant, je tourne et retourne ce livre entre mes mains, je le trouve vraiment beau, mais son contenu m'échappe. Cependant, j'ai bien envie de "faire l'époque à l'a-saisonnette ? ta petite tête blonde plongée dans trois volumes de champagne, au fond d'un lavabo idéal Standard coquille d'oeuf pour rester dans les tons et beaucoup de démêlant pour ne pas laisser de traces".
Le crime parfait.

Les Petits Matins, coll. Les grands soirs

Posté par clarabel76 à 18:38:00 - Poésie - Commentaires [3] - Permalien [#]

La Maison Mer - Esther Freud

maison_merLily, une jeune étudiante en architecture, décide de passer quelques mois loin de Nick, son fiancé trop négligent, et de s'installer à Steerborough, un petit village situé sur la côte orientale de l'Angleterre. C'est là que Klaus Lehman, un célèbre architecte juif allemand, s'était réfugié dans les années trente pour y mourir en 1953. Lily part sur ses traces et découvre, fascinée, les lettres enflammées que Klaus n'a cessé d'envoyer à son épouse, Elsa. Au regard de cette fougue amoureuse, sa propre histoire avec Nick lui paraît bien terne. Mais Lily ignore tout des tempêtes et des tourments secrets survenus dans cette même campagne lumineuse, un demi-siècle plus tôt...  (quatrième de couverture).

Il y a des romans qui commencent par une phrase et qui aussitôt vous emportent. Dans "La Maison Mer", la petite mélodie de départ est celle-ci : "La maison de Gertrude était rose, de ce crépi typique du Suffolk, non dénué de virilité." C'est un charme indéfinissable et puissant, une histoire d'un autre temps, mais bien plus encore. Il y a en fait une structure double du récit, narrant la vie du même village anglais à deux périodes différentes. Le principe est impeccable, d'ailleurs le livre lui-même est irréprochable, c'est ce qui le rend terriblement flippant ! C'est un sans-faute ! L'écriture est limpide, la construction sans défaut, l'histoire romanesque comme ce n'est pas permis, et voilà... un roman tellement parfait qu'on pourrait presque le lui reprocher ! Esther Freud est une raconteuse d'histoires avec les outils que sont la grâce et l'élégance. Il y a une finesse dans chacune des ses lignes, c'est du petit lait à boire !

Ce qu'on en dit : Pour écrire La Maison mer, Esther Freud (arrière-petite-fille de Sigmund) s'est librement inspirée de la correspondance de son grand-père, Ernst, qu'elle met en scène sous les traits de Klaus Lehman, tandis qu'Anna Freud, sa grand-tante, inspire le personnage de Gertrude, une psychanalyste pour enfants amie du couple Lehman. Ce faisant, elle brosse ici un nouvel épisode de la saga freudienne.

Fayard

Posté par clarabel76 à 14:24:00 - Roman anglais - Commentaires [12] - Permalien [#]

Bus Stop

Marilyn est Chérie, une chanteuse de petite vertu, qui exerce ses talents dans un bastringue à Phoenix - le "Dragon Bleu". Un soir elle rencontre Bo, un cowboy fraîchement débarqué en ville pour concourir au rodéo. Bo a 21 ans, sort de sa campagne perdue et s'est mis en tête de rencontrer une fille, SON ange. Et c'est elle, Chérie ! Aussitôt il décide de lui proposer fiançailles, mariage et retour dans le Montana pour vivre au ranch. Or, Chérie a tracé sa route jusqu'à Hollywood, elle ne tient pas à s'enterrer avec Bo, d'ailleurs elle n'aime pas ce garçon aux manières rustres, qui braille, harponne les filles avec un lasso et prend ses désirs pour des réalités ! Entre eux deux, c'est une relation unilatérale. Chérie se dit dévergondée, Bo n'a aucune expérience avec les femmes. Aucune expérience, tout court ! Son attitude en ville et avec les gens autour de lui tend à prouver qu'il est complétement incivil ! Il mérite une bonne leçon qu'il recevra par une nuit de tempête de neige, chez Grace, le relais du Bus Stop.
"Bus Stop" est un émerveillement ! C'est drôle, c'est touchant et c'est loin de toutes paillettes. Marilyn en chanteuse de petite vertu est fascinante ! Elle n'hésite pas à accentuer son anglais de la campagne, qui frise les aigus et le mauvais genre, affublée d'un petit costume vert, encore plus pâle & blanche que d'habitude. A ceux qui pensaient d'elle que c'était une actrice de seconde classe, elle n'a jamais cessé de démontrer l'étendue de ses capacités ! Surprenante, toujours ! Face à elle, Don Murray faisait ses premiers pas au cinéma dans ce rôle taillé sur mesure - Bo Derek, le cowboy sans éducation mais au grand coeur !
Un divertissement, plus qu'un film !!!! Il dépasse très largement les 5 étoiles ! 

vu en décembre 2005

Posté par clarabel76 à 13:45:00 - La dernière séance - Commentaires [0] - Permalien [#]
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