20 décembre 2006
Le voleur de lettres - François Caradec
François Caradec est le grand-père d'une petite fille prénommée Camille, elle a 7 ans et apprend à lire. Pour faire de cet apprentissage un amusement, l'écrivain s'est mis à la plume pour rédiger une collection dédiée à sa petite-fille. Sont déjà parus "Les Histoires pour Camille" et "Les cinq diamants du diable".
"Le voleur de lettres" est dans le même esprit un exercice à la fois ludique et instructif sur l'initiation à la typographie. L'histoire se passe dans le quartier des Graphes, les commerçants se réveillent en constatant chacun qu'une ou plusieurs lettres de leurs enseignes ont été dérobés. Auprès de l'inspecteur Quoi, les victimes font leur déposition et constatent ainsi qu'il existe un "tableau d'identité des lettres". Il y a donc les caractère romains et italiques, majuscules ou minuscules, gras ou maigres, plus les empattements où l'on croise les Antique, Elzévir, Egyptienne, Auriol, Mistral etc.
Le texte est suivi de : La maison de Camille, sous forme de ritournelle, La tarte de la princesse, ou comment peupler un royaume, Le Corbeau et le Renard, façon terrine, Histoire de Plume le distrait et de sa bonne fée, Une omelette sans oeufs (n'est pas possible, il faut au moins trois E plus un O, sans E tu sais rôtir un gigot ou blanchir un chou farci... ), La légende du lac sans fond, histoire typiquement irlandaise.
Cette lecture est accessible pour les lecteurs d'au moins 7-8 ans, capables de jongler avec les subtilités de la langue française, qui parfois rechignent à retenir leurs leçons d'orthographe ou leurs comptines. En lisant ce livre de François Caradec, illustré par Jean-Pierre Cagnat (le plaisir de lire est adouci par les dessins fantaisistes), tout lecteur peut donc retenir en s'amusant. C'est astucieux, les histoires sont drôles, plutôt courtes. Le plaisir de lire s'associe véritablement au pouvoir mystérieux du bonheur d'apprendre... les jeunes lecteurs apprécieront, sans s'en rendre compte !
Gallimard jeunesse, coll. Giboulées
Commentaires
Je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser à "la grammaire est une chanson douce" d'Orsenna !
Bellesahi> L'idée de l'apprentissage de notre belle et riche langue est bien la meme mais avec Camille c'est surtout le BA-BA et l'alphabet qui est visé
En tout cas ce livre est sublime, drole, emouvant, enrichissant, educatif ... enfin bref c'est un coup de coeur jeunesse pour moi
Contrairement au livre d'Orsenna, les histoires de Camille sont destinés aux lecteurs les plus jeunes, dès 7 ans, mais les deux livres ont en commun de parler d'un thème universel : les mots, la langue et comment bidouiller tout ça pour que la petite tête de nos enfants l'assimile sans trop rouiller les méninges !
Merci à vous deux pour toutes ces précisions !

