enfin_la_verite_sur_les_contes_de_feesMurielle Renault a choisi le cadre de "Treize minutes" pour mieux le faire exploser. "Treize minutes" n'est qu'un prétexte à un premier roman autonome, féminin, vénéneux, drôle, tendre et poignant en diable. (Nicolas Rey, auteur de "treize minutes" en avant-propos)

C'est donc une copie nouvelle du roman de Nicolas Rey qui offre à un second rôle de pouvoir clamer son texte à la première personne. Pleins feux, donc, sur la jeune femme, Marion, qui partage un appartement avec trois lascars peu fréquentables, Simon, Théo et Alban. Marion fait des études de médecine et vit une relation dite sérieuse avec Antoine, étudiant en Sciences Po. Marion est belle, pétillante, elle s'affirme libérée et indépendante, incapable d'être franchement amoureuse. Son histoire commence.

C'est honnêtement une nouvelle Marion qui s'éveille sous la plume de Murielle Renault, une Marion fêtarde, une Marion chamboulée, une Marion consciencieuse, mais une Marion en pagaille. On y assiste avec allégresse aux soirées McDo-champagne entre filles, aux pendaisons de crémaillère un peu allumées, aux rencontres avec les beaux-parents dans une banlieue proprette, sortie d'un magazine de déco chic, mais surtout on assiste aux atermoiements de la jeune fille. Marion a 27 ans, elle a emménagé avec Simon et ses copains sur un coup de tête, une semaine après leur rencontre, Marion veut être prise au sérieux, mais Marion a aussi la sensation que sa relation avec Simon n'est pas conclue.

Simon et elle, c'est une aventure en pointillés, un amour pas vraiment consommé, un véritable amour ? Non, pas dans le sens romantique, ni par rapport aux contes de fées. D'un autre côté il y a Antoine, strict, déterminé et protecteur, la valeur sûre... (plaît-il ?).

Voilà ce qui permet à Murielle Renault de rebondir avec son "Enfin la vérité sur les contes de fées", où elle nous démontre avec un enthousiasme débordant que les histoires d'amour sont très, très compliquées, que les filles d'aujourd'hui veulent de l'amour avec légèreté et distance, et qu'il ne faut surtout pas les considérer comme des fleurs bleues, "ces pâles imitations du romantisme, le vrai, sombre et beau".

Alors ok, c'est une histoire gauche et bredouillante avec une Marion décidément bien complexe, jamais linéaire, jusqu'aux dernières pages du roman. Cette vérité peut déranger, surtout qu'elle s'inscrit dans l'air du temps des romans par et pour trentenaires, mais Murielle Renault ne va pas en rester là, garantissant que son écriture va s'étoffer et nourrir d'autres décoctions étourdissantes !... En attendant, faites connaissance en commençant par le commencement, et il n'est pas nécessaire d'avoir lu, de lire ou d'aimer "treize minutes" de Nicolas Rey. -Mais ça aide !-

Le dilettante

  • Alors, on peut lire mon avis sur le roman de Nicolas Rey ici ,  écouter et voir l'entretien de Murielle Renault par ici , et lire l'avant-propos de N. Rey en passant par là ... Voilà !

Ici l'Article du Buzz Littéraire !