11/01/07

En poche ! #1

Quelques mots pour saluer la parution en format poche de deux lectures fort appréciées :

femme_en_vert_points

musee_de_la_sirene_pocheLa suprématie anglosaxone est terminée, il faut ouvrir sa bibliothèque aux nouvelles voix venues du Nord, dont l'islandais Arnaldur Indridason. Son livre La femme en vert est disponible en format poche, paru chez Points. Voici ma critique ici .

Je signale aussi qu'aux mêmes éditions Points est paru le roman de Cypora Petitjean-Cerf : Le musée de la sirène  (dont voici mon avis ).

 

Posté par clarabel76 à 21:15:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]


C'est ouvert !

blog_zulma

Le blog des Editions Zulma a enfin ouvert ses portes !

Pour cliquer, c'est ici !

blog_zulma

Posté par clarabel76 à 13:19:41 - Commentaires [8] - Permalien [#]

Comme tous les après-midi - Zoyâ Pirzâd

comme_tous_les_apres_midiElles sont jolies, ces femmes sur le rebord de leur fenêtre. Elles guettent les bruits de la rue, les cris des jeunes qui tapent dans le ballon, elles épient leurs voisines qui commettent les mêmes gestes répétitifs du quotidien, elles sont là, à humer le printemps, à s'extasier sur l'arbre en fleurs et elles ont le sourire aux lèvres...

Ce sont de jolies femmes qui vivent une existence ordinaire, auprès d'un mari, de leurs enfants, d'une mère ou d'une belle-fille qui peint quelques toiles excentriques en fumant comme un pompier. Elles frisent parfois la démence ou l'hystérie, sont sujettes à des actes impulsifs, comme acheter des bas et rencontrer un individu qu'on cache dans un cagibi.

Mais il n'y a pas que des femmes dans les histoires de Zoyâ Pirzâd, même si elles sont en majorité. Il y a des hommes assis sur un banc, à l'imagination fébrile et débridée, des hommes qui gagnent leur salaire et s'approchent de leur retraite dorée, des hommes qui confient leur paye à une épouse économe et fière de l'être, des hommes qui boudent le riz à la tomate. Et puis, au coeur de ces portraits familiers, il y a cette histoire d'un mug déniché dans une boutique des années 20 ou le mystère des fleurs brodées sur un couvre-lit, des pépites... et du saugrenu avec l'invasion imminente des sauterelles, à découvrir !

Zoyâ Pirzâd est iranienne et son langage respire un parfum d'ailleurs très délicat, à la fois poétique et qui fait tourner la tête et les sens. Ce qu'elle dresse dans ses petits textes de quelques pages fait écho à son style simple et imagé, "Zoyâ Pirzâd épingle comme un papillon rare les expressions sensibles de la fuite du temps, perçant d'un seul regard doux et précis la fine pellicule couvrant la surface des choses". C'est magnifique ! Il faut respirer cette odeur des pétunias, ce thé qui fume dans la cuisine d'une femme tantôt épuisée par son travail, éreintée par l'habitude du quotidien, ou effleurer le regard complice de cette épouse qui voulait sa paire de bas sans plus attendre, goûter ces raisins et ce riz pilaf aux lentilles... Un petit livre léger, tout rose, au charme ravageur !

Zulma

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Le contentement de Jennifer Wilson - A.L Kennedy

contentement_de_jennifer_wilson"Dites mon nom. Seulement le prénom. Sa-vi-nien. Comme si vous mangiez un mets savoureux, qui devient encore plus savoureux, le meilleur étant à la fin, Sa-vi-nien. Regardez-moi dans les yeux et dites-le. S'il vous plaît." - C'est ainsi que va commencer la troublante histoire d'amour de Jennifer Wilson, 35 ans, célibataire, et qui exerce le métier de "voix" pour une station de radio écossaise, après sa rencontre avec un inconnu amnésique, grand écrivain incompris, et qui dit s'appeller Savinien de Cyrano de Bergerac.

L'histoire ressemble à une fable où le rêve emboîte le pas à une confession troublante d'une jeune femme un peu décalée. Jennifer Wilson est éloquente et nous parle de son existence dans le moindre détail, depuis son enfance où les souvenirs lui viennent à la pelle mais décousus, ses rapports souvent ambigus avec l'autre, sa pratique du sado-masochisme avec un ex lui rappelle combien il est temps pour elle de tourner la page, puis son quotidien dans sa grande maison où se croisent d'autres personnalités évanescentes, son travail qui n'a ni queue ni tête, sa maladie qui lui donne une fiève à nourrir des hallucinations de plus en plus poussées. "Personne ne devrait croire en des choses impossibles, cela crée de l'espoir. Oh, je sais, c'est très cynique, ce que je dis là, et l'espoir, en tant qu'idée, qu'inspiration, est admirable. Je le sais. Mais l'espoir ne fait pas de bien."

Il est fort délicat de donner un avis définitif sur ce roman, son charme est réel, son contenu est par contre plus complexe, rempli d' "hallucinations platoniques", et il y a aussi quelques longueurs. Voilà de quoi décourager le plus brave des lecteurs, et pourtant ce serait un tort de ne pas aller au-devant de cette Jennifer Wilson, une fille un peu toquée mais suffisamment sensée pour se décrire en des termes qui vous laissent rêveur, elle parle d'elle avec recul et intelligence, évoque "son calme, d'autres l'ont appelé insensibilité, manque d'implication, excès de contrôle, tempérament de poisson froid".

J'ai aimé son portrait, sa narration et j'ai parcouru ce roman avec un profond attachement pour cette personne. Il y a des zones opaques, des chemins secrets, des contradictions, des mensonges même, mais Jennifer assume tout. Et puis, il y a l'histoire entre Jennifer et Savinien, où les mots d'amour sont trempés dans des pots de miel, garants d'onctuosité, un peu d'amertume et d'espièglerie, mais jamais imprégnés de sentimentalisme foudroyant... Tout ça pour conclure à une note d'espoir et d'envie : Jennifer Wilson est cette inconnue qu'on croise dans la rue, elle vous sourit, vous la regardez avec étonnement, tiens je la connais, et pourtant ???

  • C'est ça, le problème avec les rêves blancs comme neige, inféodés à l'émotion, le lendemain matin, ils vous fichent invariablement une terrible gueule de bois.

Editions de l'Olivier

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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