des_louvesAdèle est une jeune femme fascinée par le corps de Simon, son amant. Tous les deux se parlent peu, regardent la télévision puis filent dans la chambre.
Ensuite, Adèle rentre chez elle auprès de son mari et de son enfant.
Adèle a une vingtaine, une trentaine d'années. Elle a un don qui lui permet de voir le corps des gens, de cerner leurs mystères, de fouiller leurs entrailles.
C'est étrange.
Elle se rappelle notamment son enfance auprès de Sylvain, dans une cour de la grand-mère, où elle passait tous les étés, à crever de chaud sous le soleil de plomb, dans un petit village près de la frontière allemande. Son amitié avec Monica a débuté à partir de là, dans un sentiment de fascination et d'intrigue pour cette délurée qui jetait ses trognons en pleine nature, faisant fi des adultes qui rouspétaient.

"Des louves" est un livre troublant, inquiétant, auquel on peine à saisir la portée. Mais on se sent étrangement attiré par l'écriture de Fabienne Jacob, un embrouillamini de syntaxe éclatée, une volonté farouche d'être brute, animale, sans chichis. C'est honnêtement envoûtant, et cela touchera davantage les lecteurs qui avaient déjà été conquis par le 1er livre de Fabienne Jacob ("Les après-midi, ça ne devrait pas exister").
"Des louves" a un goût de terre, de sang et de mystères intérieurs. L'exploration des corps par le don d'Adèle nous laisse entrapercevoir la couleur de la maternité, de l'avortement, de la vieillesse et de la virginité. C'est cru, c'est sec, primitif et instinctif. Particulièrement inclassable, ce livre gage à son auteur un avenir littéraire tout aussi singulier et prodigieux.

Buchet Chastel