doigts_ecorchesFévrier 2003, le narrateur suit un ami dans une petite salle parisienne où va se produire pour la première fois un groupe anglais de Sheffield, les bien-nommés Hoggboy. Pour lui, pas de doute, c'est le choc, le retour du rock, du punk, du dandysme déclassé, la seule véritable signature british, celle qui le ramène vers son adolescence.
Avec un groupe de potes, notre narrateur et son frère ont vu apparaître vers la fin des années 70 la déferlante du punk, avec Clash, Sex Pistols, tous les anti-Bowie qui clamaient en boutade "No more heroes".
Première griffe, adhésion totale, nos jeunes français vont se fondre dans ce moule, décider de s'investir pour fonder leur groupe, les Daisy Cutter, et puis bing ! Un vrai clash surgit dans leur existence déjantée.

Contrairement à la 1ère partie du livre, entièrement consacrée aux souvenirs, à la mélancolie et au choc de la découverte, la 2ème moitié des "Doigts écorchés" est franchement réjouissante, exaltante, euphorisante. Nous sommes les deux pieds dans l'année 2003, on suit notre narrateur qui rencontre les Hoggboy, part sur leurs traces à Sheffield, et s'ensuit la belle aventure du rock et du régime bière-cigarettes à travers un portrait authentique et sincère de la fraîcheur du courant actuel. Ebouriffant, à mes yeux.
J'ai très honnêtement savouré la fin du livre, alors que ce n'était pas franchement gagné au départ (morose, ambivalent, narration à la 2ème personne du singulier qui laisse perplexe..). Bref, cette immersion anglaise est un plaisir pur, dur, très rock'n roll, avec la touche élégante en plus !

Naïve