Chez Clarabel (2)

Des livres, de la passion de lire et des dessous chics

15 février 2007

La berlue - Véronique Beucler

la_berlueForcément, quand on découvre une 4ème de couverture de ce style : "Si au hasard d'une vitrine de librairie vous découvriez le roman que vous venez d'écrire sous un nom qui n'est pas le vôtre, que penseriez-vous d'autre sinon que vous avez la berlue ?", vous foncez tête première vers ce livre alléchant !
Cependant, j'invite à davantage de retenue (une qualité dont je ne peux pas du tout me vanter !). "La Berlue" de Véronique Beucler commence ainsi : Perrine sort d'une librairie où elle vient de faire l'achat du premier roman de Pierre Mérand. Dans la rue, elle est bousculée par des garçons et reçoit bien involontairement une lame de couteau dans le ventre !...
Perrine est une scribouillarde aspirant à la publication de ses écrits, aussi la lecture des livres de Mérand la confond car elle a cette impression étrange de retrouver chez lui ce qu'elle-même griffonne dans ses manuscrits boudés par les éditeurs.
Au bout du 3ème roman, la confusion n'a plus lieu d'être et Perrine est persuadée d'être flouée par l'écrivain !
Comment cela est-il possible ? Elle est assurée de protéger ce qu'elle écrit, d'où proviennent les fuites ?

La suite des aventures de Perrine, professeur de français dans la banlieue de Bordeaux, n'est pas exempte d'humour cocasse, d'ironie tendre et amère, force l'étonnement et l'envie de savoir le fin mot de toutes ces énigmes (elles seront de plus en plus nombreuses et incroyables).
Ce que Perrine écrit, Mérand publie. Or ces deux-là ne se connaissent ni d'Eve ni d'Adam. Quelle anguille sous roche se niche dans cette histoire tordue, et qui frise le loufoque dans certains passages ? Oui, un peu hélas, j'avoue m'être un peu pincée les lèvres devant les explications un peu confuses, un peu lourdes. Pourtant l'idée est particulièrement originale. L'auteur s'attaque à la sacro-sainte idée de création littéraire, du sentiment de paternité d'une oeuvre et du désespoir des éditeurs à être floués dans leur campagne à grands éclats.
Le personnage de Perrine est sans équivoque, tout en charme et simplicité, d'une grande lucidité doublée d'une gentillesse exemplaire. Quand Véronique Beucler se penche sur son cas, j'avais instinctivement le goût de Colette derrière les mots, le ton, le style : "Elle vouait une passion d'enfant aux pivoines, aux fraises et aux cerises qu'elle soignait dans son jardin de curé.", le jardin de Perrine soulève des regards d'enchantement, son intérieur est un cocon qui saisit d'admiration, d'autant plus époustouflant de la part de "cette femme de rien du tout" (là ce sont les yeux de l'éditeur parisien qui s'expriment !).
Impeccable pour sa peinture des personnages, le roman est plus dispersé sur le fond, et la fin finit comme un "couac". Très belle écriture, aucun doute.

Albin Michel

Posté par clarabel76 à 07:00 - Roman francophone - Commentaires [13] - Permalien [#]

Commentaires

Ah ça me tente quand même beaucoup, quelle chouette idée de fond !!

Posté par cuné, 15 février 2007 à 07:59

Ah oui l'idée me plait bien aussi !!

Posté par lily, 15 février 2007 à 08:45

J'adhère aussi, malgré les réticences sur la fin. Le thème est trop alléchant !

Posté par Gachucha, 15 février 2007 à 08:52

Idée intéressante, je note !

Posté par cathulu, 15 février 2007 à 09:09

Ne vous y trompez, j'ai bien aimé, malgré quelques réserves... Belle lecture, oui. Belle idée, oui aussi.

Posté par Clarabel, 15 février 2007 à 09:24

eh bien

"Impeccable pour sa peinture des personnages, le roman est plus dispersé sur le fond, et la fin finit comme un "couac". Très belle écriture, aucun doute"

You've said it all ! :)

Posté par Tatiana de R, 15 février 2007 à 12:10

J'aime bien l'idée aussi en plus l'action se passe dans ma province. ;-)

Posté par Florinette, 15 février 2007 à 12:48

Thank you dear Tatiana !

Florinette : c'est tout bon !!! :))

Posté par Clarabel, 15 février 2007 à 12:50

Merci pour ce commentaire qui ne nous cache rien des joies et réticences à sa lecture. Je le note sur ma liste. Au cours de mes multiples visites à la bibli, peut-être tomberai-je sur ce roman.

Posté par katell bouali, 15 février 2007 à 14:40

Me voilà indécise... Bon, s'il se rappelle à moi, je lirai ce roman ! Après tout, le hasard fait parfois bien les choses.

Posté par Tamara, 15 février 2007 à 15:28

Ne dit-on pas "heureux hasard" ?... :)

Posté par Clarabel, 15 février 2007 à 18:15

Le thème de ce roman me rappelle un peu "Le problème avec Jane" de C.Cusset, décliné sur un autre mode ? En tout cas ta critique me donne envie, pour Bordeaux ausssi...

Posté par Moustafette, 15 février 2007 à 20:35

Moustafette, on est un peu loin encore de livre de Catherine Cusset. Chez elle, l'histoire était bien posée, ici dans le livre de Véronique Beucler, l'histoire est beaucoup plus fantaisiste !
Tente le coup si ça te donne envie !

Posté par Clarabel, 16 février 2007 à 11:34

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