une_femme_a_sa_fenetreRico et Margot Santorini ne s'aiment plus. Lui, play-boy vaguement diplomate, collectionne les aventures féminines; Margot, belle, riche, courtisée, est dans l'attente d'un grand amour. En cette année 1936, le monde décadent et sans âme de la grande bourgeoisie grecque n'offre guère d'occasions de vivre intensément comme le souhaiterait la romanesque Margot, qui cache sa véritable nature sous un masque de cynisme et de frivolité. Cette chaude nuit d'août au cours de laquelle, de sa fenêtre, Margot est le témoin d'une chasse à l'homme, va bouleverser la destinée de la jeune femme.

Adapté du roman de Pierre Drieu de La Rochelle, avec des dialogues signés de Jorge Semprun, "Une femme à sa fenêtre" est incontestablement un film "classique" dans le sens strict du terme. Ambiance, jeu des acteurs, histoire nonchalante, etc. Romy Schneider y balade sa silhouette gracile et non dénuée de sensualité, toujours impeccable et élégante, mais lointaine. Elle interprète une riche bourgeoise qui plonge dans la tourmente de l'Histoire pour suivre l'homme qu'elle aime, un révolutionnaire pétri du dogme marxiste (incarné par Victor Lanoux, trop bourru pour la circonstance).

Une nouvelle fois, Romy est très proche de son personnage de Margot. Les deux femmes se ressemblent jusqu'à parfois se confondre. Même caractère entier, même soif d'absolu, mêmes cicatrices indélébiles... Les paroles de Margot résonnent tel un écho chez Romy Schneider, seune_femme_a_sa_fenetre_2s rêves appellent son propre destin. Dans ce film, elle interprète également la fille de Margot qui retourne en Grèce sur les traces de ses parents pour connaître leur histoire. A ce propos, la mise en scène est impeccable, il y a des flash-backs, des allées et venues entre le passé et le présent. On comprend peu à peu ce qui pousse Romy Schneider à délaisser son mari, interprété par Umberto Orsini, pour tomber dans les bras de Victor Lanoux. La fin apporte vraiment une touche essentielle à l'histoire, lui donnant une profondeur qui avait tendance à faire défaut.

Car hélas, même si l'histoire sur le papier est terriblement passionnante, attirante et intriguante, sur la pellicule l'atmosphère manque un peu de cette flamboyance. Il y a un côté un peu trop précieux qui rend le film froid et statique. Voir, parfois embrouillé. Tout était pourtant réuni pour un film envoûtant, l'effet obtenu tient toujours par le jeu et la présence de Romy Schneider. Mais "Une femme à sa fenêtre" a des qualités et des défauts, heureusement les dernières notes du film s'emballent et raccrochent l'intérêt du spectateur. A noter aussi un pilier de choix, Philippe Noiret, à qui on ne peut décidément rien reprocher !

Une femme à sa fenêtre, film de Pierre Granier-Deferre (1976) avec Romy Schneider, Philippe Noiret, Victor Lanoux & Umberto Orsini.