sylvia_scarlett1Un père et sa fille, encore endeuillés, doivent quitter la ville de Marseille pour échapper à la justice qui demande des comptes à Henry Scarlett, escroc notoire, et qui dépouille sans vergogne l'héritage de son enfant pour prendre le bateau pour Londres.
Sylvia, décidée à le suivre, fait le choix de sacrifier ses nattes et son apparence féminine pour devenir un garçon. Ainsi déguisée en Sylvester Scarlett, elle compte bien passer inaperçue. Mais durant la traversée, son père fait la connaissance d'un certain Jimmy Monkley qui n'hésitera pas à dénoncer le couple Scarlett à la douane.
sylvia_scarlett3Les déboires ne s'arrêtent pas là. Sylvia et Henry retrouvent le fieffé menteur mais décident de lui emboiter le pas et d'adhérer à ses combines pour amasser le maximum d'argent avec le minimum d'efforts.
Ils partiront aussi à bord d'une roulotte, sous la compagnie des Pierrots enchanteurs, avec une nouvelle recrue prénommée Maudie, le béguin d'Henry. Non loin de la plage où ils ont établi leur campement, Sylvia rencontre un artiste peintre, Michael Fane, qui n'imagine pas une seconde que le jeune chérubin effronté cache en fait les traits d'une délicieuse jeune fille romantique...

sylvia_scarlett6Bon, personnellement je n'ai pas trop aimé ce film de George Cukor, même si l'ensemble des ingrédients était réuni pour concocter une faramineuse recette : imaginez au casting Cary Grant et Katharine Hepburn réunis pour la première fois, cela avait de quoi alpagué le chaland !
Pourtant, j'ai admiré la grâce sans pareille de la Grande Katharine, fabuleuse et dynamique, qui sacrifie aux artifices de son sexe pour paraître en garnement indiscipliné et dissipé, oui c'est une formidable interprétation, sans fards et sans retenue. Face à elle, le jeune Cary Grant d'à peine 30 ans inaugure un rôle de coquin menteur et filou, abominable de bout en bout, mais dont le charme flagrant ne laisse aucun doute sur l'étendue de ses talents d'interprète !
sylvia_scarlett5Mais "Sylvia Scarlett" démontre qu'une bonne histoire est nécessaire pour s'attacher la sympathie du spectateur. Dans ce film, non pas que ce soit en carton pâte, mais le fond laisse trop d'ambivalence sur un sujet aussi sensible que l'identité sexuelle. Certes, les pièces de Shakespeare s'en sont également nourries (cf. The Tempest, par exemple) mais j'ai particulièrement trouvé que la fausse naïveté doublée d'allusions franchement poussées n'était pas un cocktail réussi.
Inutile de préciser que ce film a été un "bide" complet à sa sortie en 1935, ce large champ d'ambiguités était d'un goût douteux pour l'époque ! Pour ma part, j'ai justement trouvé que ce film reflétait tout le fossé d'un film Classique qui a du mal à trouver sa place pour le public actuel. Non là je n'ai pas adhéré, alors que je suis une férue de ces films. Dommage.

Sylvia Scarlett, film de George Cukor (1935) - avec Cary Grant, Katharine Hepburn, Edmund Gwenn ...