04/03/07

L'ombre d'un doute (1943)

shadow_9Le film s'ouvre sur un plan d'un homme allongé sur son lit, quelque part dans le New Jersey. Cet individu est prévenu d'être suivi par deux autres hommes. Qui sont-ils ? Que lui veulent-ils ? On continue de suivre notre type qui envoie un télégraphe de la part d'Oncle Charlie annonçant son arrivée imminente.

Au même moment, dans une maison cossue d'une banlieue moyenne de Santa Rosa, en Californie, une jeune fille rêvasse sur son lit. Elle s'ennuie. Quand soudainement, l'idée lui vient de prévenir son Oncle Charlie de leur rendre visite pour égayer leur quotidien.

La coincidence est troublante et ne fait que commencer. Car dans ce film, Hitchcock a décidé d'emmêler de très près les faits et causes de la coincidence et du hasard, notamment entre la nièce Charlotte et son oncle Charles. Tous deux se surnomment Charlie. L'homme est accueilli avec effervescence dans cette famille, son arrivée comble de bonheur la jeune fille. Pourtant certains signes troublants commencent à apparaître. La petite dernière, Anne, semble plus au fait de l'opacité de son oncle. Il leur cache quelque chose, mais qui peut prendre au sérieux une gamine qui babille à tout rompre ?
shadow_6La tête pensante de la famille, c'est Charlotte. Elle est radieuse, éblouie, séduite par son oncle. Quand le doute commence aussi à la gagner, le scénario du film monte encore d'un cran. La tension enfle, le doute est de moins en moins permis.
On murmure qu'un criminel est en fuite, recherché pour avoir étranglé des veuves richissimes. S'agit-il de l'oncle Charlie ? est-il ce criminel pourchassé ? Un couple d'inspecteurs aborde Charlotte pour lui mettre leur sort entre ses mains.

"L'ombre d'un doute" prend alors les tournures d'un drame psychologique latent. La jeune fille retire ses oeillères, pourtant elle ne peut admettre de dénoncer son oncle. Un adage d'Oscar Wilde dit : "On ne peut tuer que ce qu'on aime". Hitchcock s'en est inspiré. Il démontre avec son habileté coutumière que les rouages de la suspicion sont pris en étau par le poids de la dénonciation, la lourde responsabilité de faire face à la vérité.
shadow_3Quand les deux Charlie se trouvent face à face, prêts à découdre l'un de l'autre, le spectateur devine qu'il finira le film à bout de souffle. Deux Charlie dans une même maison, c'est beaucoup trop. Il faut en supprimer un !

"L'ombre d'un doute" est présenté comme le film préféré de son réalisateur. Et il faut admettre que la puissance du scénario est bluffante, sous la façade d'une famille modèle, au coeur d'une petite ville tranquille, le drame est possible. Un criminel peut s'y nicher. Joseph Cotten, qui interprète l'oncle Charlie, a su jouer cette ambivalence et pousser le paradoxe de sa personnalité séduisante et inquiétante à un point innommable. Sa performance est l'une des pièces maîtresses de la réussite du film ! 

(Lien Video Click )

L'ombre d'un doute, film d'A. Hitchcock (1943) - avec Joseph Cotten, Teresa Wright, Henry Travers, Patricia Collinge, Hume Cronyn, MacDonald Carey. Titre vo : Shadow of a Doubt. 

Posté par clarabel76 à 17:01:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]


Caresse de rouge ~ Eric Fottorino

Vraiment ce livre a pesé sur mon coeur, je l'ai senti si lourd !!! Pourtant l'histoire n'est pas un étalage d'émotions morbides ou exacerbées, non... Toute la beauté de cette histoire est justement la justesse des sentiments contenus, la pudeur du narrateur et la bouleversante confession de cet homme qu'on devine déchiré, écorché à jamais. J'ai lu ce livre d'une traite, pourtant je devais m'en échapper car j'étais bouleversée page après page. Pourquoi je me laisse emportée par tous ces mots? après tout, ce n'est qu'un roman ! Et bien, sans doute la grande force d'Eric Fottorino est d'inclure son lecteur dans l'histoire de Félix, responsable d'une agence d'assurances, homme sans histoires et sans relief. D'abord on plonge dans ce livre qui s'ouvre sur l'incendie d'un appartement où vivaient seuls une jeune femme et son fils de huit ans. Mais ces deux personnes ont disparu et tous les propos farfelus courent à leur encontre. Félix s'intéresse étrangement à cette affaire, de manière presque obsessionnelle. On suppose qu'on va le suivre dans son enquête. Et bien non. Au détour d'un chapitre, on apprend le drame de cet homme et lentement on s'immerse dans son histoire. Félix devient un être non plus de papier, il nous apparaît cruellement vivant, même si au fond de lui on sait qu'il se consume à petit feu... S'ouvre sa bouleversante confession du papa qui a élevé son petit garçon pendant deux années, loin d'une maman qui avait volontairement pris son envol dès que l'enfant serait en âge de marcher. On lit cet homme dévoué, qui en fait trop pour son garçon -- et se le voit reprocher. Mais en fait-on trop pour un petit bonhomme qui nous regarde avec des yeux d'amoureux et qui réclame tous les soirs sa maman ??? je ne pense pas.
Ce livre nous transporte, nous bouleverse, nous écorche. Sa lecture nous transperce et nous marque pendant longtemps. Merci pour cette belle lecture, monsieur Fottorino.

mars 2004

Posté par clarabel76 à 14:34:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Mais qui a tué Harry ? (1955)

Dans une forêt au large d'une petite bourgade dans le Vermont, un coup de feu retentit. Deux minutes plus tard, un jeune garçon tombe nez à nez avec le cadavre d'un homme en costume gris. Il court prévenir sa maman.

Harry_1

Entre-temps, un braconnier fait la même découverte, en étant persuadé que c'est lui le meurtrier de cet individu prénommé Harry (un courrier à son nom est retrouvé dans une poche). En entendant les pas accourir vers lui, il se cache derrière un arbre et découvre le petit Tony avec sa maman, laquelle a une bien étrange réaction : "oh chouette, la Providence est avec nous ! nous voilà débarrassés de Harry !"...
harry_2Allons donc. Le capitaine Wiles, témoin malgré lui, s'en veut d'avoir tué l'inconnu mais décide de dissimuler le corps. Une nouvelle fois, il est surpris par Miss Gravely. Point surprise ni ulcérée, elle propose même au Capitaine de venir prendre une tasse de thé chez elle.
Bien étrange bourgade.. non ?
On continue de croiser d'autres phénomènes de foire : un artiste peintre, Sam Marlowe, qui ne vend pas une croûte et fait le croquis du mort en écoutant la confession du capitaine Wiles. Il décide de l'aider afin de séduire la toute mignonne Jennifer, maman du petit Tony, avec laquelle Marlowe va en apprendre de bien belles. Encore une fois !

L'histoire s'enchaîne de la sorte. A partir d'un cadavre, l'intrigue se tisse sur savoir qui a tué Harry, qui est-il et pourquoi est-il mort. Que faisait-il là, aussi ? Le mobile est forcément entre les mains des quatre personnages, on découvre au fil des minutes des révélations toutes plus surprenantes les unes que les autres.
Jusqu'où cela mène-t-il ?!
harry_4A noter aussi le corps du mort est baladé de gauche à droite, enterré, déterré, planqué dans une baignoire etc etc ... Lui aussi n'en finit pas de voir du pays ! Et pourtant, c'est justement là qu'on s'amuse, qu'on savoure cet humour noir et macabre, particulièrement subtil. Hitchcock avait cette volonté de réaliser un film inattendu. Avec "The trouble with Harry", il n'y a point de suspense, point de psychologie, point d'héroïne froide et fatale, non rien de tout ça.
D'abord, aucune star hollywoodienne. Shirley MacLaine est encore débutante, elle est rousse, un peu déjantée et délurée, elle apporte sincèrement cette touche de fantaisie si nécessaire au film. Combinée au jeu des acteurs, la musique de Bernard Herrmann habille le film comme une seconde peau. Tour à tour étrange et sautillante, c'est une pure réussite !
Il faut absolument rendre ses belles lettres de noblesse à ce film réalisé avec génie et une pointe de malice. La gaieté est présente dès les premières minutes du film. Ah non, pas pour vous ?.. eh bien, passez votre chemin !
"Well. The trouble with Harry is over."

Mais qui a tué Harry ? - film d'Alfred Hitchcock (1956) - avec Shirley MacLaine, Edmund Gwenn, John Forsythe, Mildred Natwick. Titre vo : The trouble with Harry. Adapté du roman de Jack Trevor Story.

Posté par clarabel76 à 13:00:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

Encore un dimanche en musique ! -gare au message subliminal-

Explorateurs, exploratrices
De la troisième dimension
N'ayez pas peur
Si je me glisse
Dans votre imagination
Votre imagination...

monde virtuel / -M-

Posté par clarabel76 à 07:30:00 - - Commentaires [30] - Permalien [#]