Les Beaux Jours est un roman à double voix entre père et fils. L'un est éleveur de chiens et chauffeur de car scolaire, l'autre est un adolescent en crise. A tour de rôle, ils prennent la parole pour commenter leur vie qui nous sonne presque insipide, glauque et misérable. Tous ont le mal de parler d'amour et de comprendre l'autre, ou alors trop tard... les gestes d'affection sont des claques pour masquer l'angoisse. Mais le père est lui aussi un fils qui se souvient de son enfance assez péniblement, il s'en veut de ne pas être un "bon fils" pour son père qui est désormais veuf. Quand le drame les frappe, tout ce monde sera hébété mais la parole ne découlera pas pour autant...
Franck, l'adolescent, vivote avec son loser de copain: ils fument, boivent, vadrouillent dans une vieille voiture pour draguer des filles. Au bord de l'échec scolaire, il se pose toutes ses questions qu'on a à l'âge de dix-sept ans. Ses parents ont divorcé, sa mère est une ombre et son père un mur. Il est l'héritier d'un tempérament impulsif mais pas mauvais.
Oui, les femmes sont de passage: entre la tante qui se soucie de tous ces garçons en oubliant presque de penser à elle, une mère transparente, une soeur solidaire mais distante, et la nouvelle fiancée du père...
Les Beaux Jours est un roman masculin, qui parle de la difficulté d'être un père et un fils. L'écriture est sobre et classique. Jean-Christophe signe un premier roman déroutant mais bougrement attachant.

mars 2004