centuryDans un manoir grisâtre, deux soeurs coulent dans une molle torpeur, aux journées toutes rythmées selon le même rituel, sous la coupelle acariâtre de leur gouvernante Galatée.
Mercy et Charity commencent à s'ennuyer. Un jour, Mercy a vu une femme prise dans les glaces et a couru prévenir sa jeune soeur. Cela signifie certainement quelque chose, à ceci près qu'une autre étrange circonstance était survenue peu de temps auparavant, quand Mercy avait trouvé un perce-neige sur son oreiller.
En fait, Mercy voit des fantômes. C'est une particularité qui n'est pas exceptionnelle dans sa famille. Les Verga viennent d'Italie, ils se sont installés en Angleterre, et aujourd'hui Mercy et Charity sont seules avec leur père Trajan. Aussi bizarre que cela puisse paraître les jeunes filles n'ont plus le moindre souvenir de leur mère Thécla.

Un autre jour, Mercy croise un homme près de la chapelle. Il se prénomme Claudius et lui demande son aide. Selon lui, seule Mercy est capable de les sortir de ce sommeil où ils sont tous cloués depuis une éternité, et en perçant ce mystère Mercy pourra également ... revoir sa mère !
La jeune fille est troublée, mais elle décide de fouiller les couloirs plongés dans les ténèbres de Century. Leur manoir est poussiéreux et renferme des couloirs qui la plongent dans des voyages à travers le temps. Apprenant l'initiative de sa fille, Trajan tente de la dissuader de débusquer cette fausse vérité promise par Claudius. Or, ce dernier a aussi affirmé que le père de Mercy tiendrait des propos mensongers.
Qui croire ? Pour Mercy, le chemin vers "la lumière" s'annonce houleux, rebondissant et prometteur de délicieux frissons.

Oui, vous avez bien lu : dans ce roman destiné à la jeunesse (mais pas seulement, moi je vous le dis !), on y croise un manoir plongé dans la pénombre, un temps infini, des fantômes, de la sorcellerie, une jeune héroïne fougueuse, bref des ingrédients qui rappellent la sacro-sainte recette des romans victoriens, dont Wilkie Collins en tête de liste !
Honnêtement, l'histoire est palpitante. Au départ, l'histoire commence de nos jours. Un antiquaire fait la trouvaille dans un grenier d'un manuscrit intitulé "Century" rédigé par Mercy Galliena Verga, 1890.
L'instant d'après, le lecteur plonge dans un autre temps, une autre dimension. Qu'on puisse y adhérer ou non revient à discuter des goûts et couleurs des uns et des autres, mais il faut absolument saluer un point de réussite des "Fantômes de Century" pour son ambiance. C'est complètement abouti, on y croit, on s'y laisse absorber. C'est passionnant !
Ce roman a été couronné "Meilleur livre pour la jeunesse" en Grande-Bretagne.

Plon jeunesse, 282 pages (2007). Trad. par Myriam Borel.