Les soeurs Délicata sont sept: Paloma, Evangéline, Clotharia, Esther, Nouk, Judith et Mo. Sept petites filles qui vivent dans un appartement "qui ressemble à un boa". L'histoire commence le 20 décembre. Nouk, la narratrice, parle de ses soeurs, des anges qu'elles confectionnent, de sa grand-mère (l'extravagante Grand-Mère Oiseau qui vit dans sa chambre, "sa grotte", et en sort parfumée, maquillée, accoutrée avec exubérance). En se rendant à l'église, sous l'escorte de leur gouvernante Méta (qui les laisse seules et s'en revient les cheveux ébouriffés et le rouge à lèvres qui coule), elles rencontrent une vieille dame avec une peau de louve sur le dos, Madame Elohim, qui les comparent à des petites filles échappées des contes d'Andersen !
Les soeurs Délicata entreprennent de faire de bonnes actions (elles tricotent des écharpes, font des cakes aux fruits) et vont les offrir aux résidents de la Villa des Pins, un établissement fermé par une énorme grille en fer, avec des bouts de verre sur les murs ("pour éviter qu'ils s'échappent?" se demande Nouk). En revenant de leur expédition, elles retrouvent l'appartement vide et silencieux. C'est le soir du 23 décembre et leur mère a disparu.
Que se passe-t-il chez les Délicata? La grand-mère Tchaïka débarque, on oublie d'évoquer leur mère, le père est quasiment absent, la gouvernante disparaît également.
Entre hallucinations et croyances, l'histoire des "Soeurs Délicata" plonge le lecteur dans un mystérieux conte à consonnance mystique, à la croisée des Contes Gothiques de Karen Blixen et des contes d'Andersen. L'ambiance est inquiétante, intéressante, palpitante et un rien gothique, le tout sur un mystère qui grossit, dans un univers à la fois onirique et surréaliste.

mars 2004