"C'était nouveau, ce besoin de savoir, après des siècles où il était obligatoire de s'inscrire dans une lignée puis des décennies d'indifférence ou d'intégration, à tout prix, à toute force. Et maintenant, cet étrange besoin de racines, d'identité, d'arbre généalogique." Violaine Bellasen a 25 ans. Un jour, son ex-fiancé lui propose de rédiger un dossier de presse sur un film adapté d'un roman de Simenon, "Feux rouges". Or, Violaine déteste Simenon mais elle accepte d'y travailler. Et puis l'étrange voyage de Violaine va commencer: d'abord le décès de son grand père et la conscience de la mémoire familiale qui vient de s'éteindre. Ses parents ont fui l'algérie quand ils étaient enfants et se sont installés en France. Violaine leur reproche aujourd'hui d'avoir nié leur passé, leurs racines et de n'en parler jamais. Pourquoi?.. Au lieu de comprendre, elle les condamne, prend ses distances, ne leur téléphone plus. Elle part au Maroc rencontrer une tante. Violaine recherche les feuillets que son grand-père avait écrit sur sa famille: pour Violaine, toute son histoire s'y trouve. Quand Violaine commence à ouvrir le dossier de Simenon, peu à peu l'histoire de l'écrivain l'interpelle. L'histoire de "Feux Rouges" la touche. Elle part à New york, sur les traces de Simenon, mais aussi pour recoller des bouts d'elle-même dans cette mégapole où le melting-pot est l'identité première.
La quête de Violaine c'est aussi celle de tous les enfants d'ici ou d'ailleurs; c'est l'histoire du passé à retrouver, de racines à sortir de terre, et de famille à reconstruire. Ces pays perdus de la mémoire, à retrouver ou à inventer. "Elle a demandé à d'autres fils et filles d'exilés si leurs parents ont la gorge nouée en évoquant le pays quitté, si cela les empêche de parler. Ils l'ont, souvent. Ils choisissent le silence pour transmettre la mémoire. Parmi leurs enfants, certains s'en privent, d'autres s'en moquent. Quelques-uns, enfin, l'inventent. Sujets libres."

mars 2004