24/03/07

La péniche du bonheur (1958)

houseboat3A la suite du décès accidentel de son épouse, avec laquelle il était en instance de divorce, Tom Winters retrouve ses trois jeunes enfants qu'il n'avait pas vus depuis quatre ans. Pour couper l'herbe sous le pied à son beau-père, il décide de prendre en charge leur éducation et les emmène sur le champ dans son petit appartement à Washington, DC.
Or, Tom n'est pas un père exemplaire. C'est un rôle qu'il connaît peu et mal. En clair, il ne s'en sort pas et il en a pleinement conscience. Ses trois enfants lui sont complètement inconnus !
houseboat7Par un fait extraordinaire, il rencontre Cinzia / Gina, une belle Italienne aux courbes voluptueuses, au charme dévastateur, et qui semble correspondre au besoin pressant d'embaucher une nourrice pour les enfants. Ils viennent de décider de quitter Washington pour passer l'été à la campagne, mais encore une fois les choses ne se passent pas comme Tom l'avait souhaité.
Toute la famille s'installe dans une péniche un peu douteuse, avec une Cinzia ravissante, mais absolument incapable dans le rôle de la parfaite nounou. Elle oublie de se lever le matin, elle ne sait pas cuisiner, ni coudre ou faire la lessive, loupe les oeufs et le café, bref c'est une catastrophe. Par contre, elle sait chanter à merveille et parvient à raccommoder cette famille qui ne se comprenait pas.
houseboat5Entre Tom et ses enfants, c'est une affaire d'apprivoisement qui s'effectue en douceur, mais avec certitude. Et puis, la belle humeur aidant, Tom pense qu'il a besoin d'une nouvelle femme et d'une mère pour ses bambins.
Or, ça coince à nouveau.

"Houseboat" / "La péniche du bonheur" est l'archétype de la comédie américaine légère au scénario limpide et divertissant, qui jongle entre les rires, les bons sentiments, la famille et l'amour. On saupoudre avec la musique de George Duning et la recette est fin prête. Cela marche à tous les coups ! Et puis, Cary Grant dans son rôle de veuf dépassé par l'éducation de ses enfants, encombré d'une domestique charmante mais empotée, a encore une fois toutes les cartes en main pour étaler son jeu élégant et comique.
houseboat1Il y a des scènes délicieuses, tour à tour amusantes et bourrées de tendresse, un bon tempo et une Sophia Loren débutante et étonnante. Tous ces éléments font du film de Melville Shavelson un excellent divertissement, une comédie romantique et pétillante, sans doute pas LE film qui marquera l'Histoire du 7ème Art, mais si vous cherchez le plaisir, la griserie et la petite étincelle, ma foi ce film est tout indiqué pour vous les fournir !

La péniche du bonheur, film de Melville Shavelson (1958) - avec Cary Grant & Sophia Loren. Titre vo : Houseboat.

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Sujets libres ~ Clémence Boulouque

"C'était nouveau, ce besoin de savoir, après des siècles où il était obligatoire de s'inscrire dans une lignée puis des décennies d'indifférence ou d'intégration, à tout prix, à toute force. Et maintenant, cet étrange besoin de racines, d'identité, d'arbre généalogique." Violaine Bellasen a 25 ans. Un jour, son ex-fiancé lui propose de rédiger un dossier de presse sur un film adapté d'un roman de Simenon, "Feux rouges". Or, Violaine déteste Simenon mais elle accepte d'y travailler. Et puis l'étrange voyage de Violaine va commencer: d'abord le décès de son grand père et la conscience de la mémoire familiale qui vient de s'éteindre. Ses parents ont fui l'algérie quand ils étaient enfants et se sont installés en France. Violaine leur reproche aujourd'hui d'avoir nié leur passé, leurs racines et de n'en parler jamais. Pourquoi?.. Au lieu de comprendre, elle les condamne, prend ses distances, ne leur téléphone plus. Elle part au Maroc rencontrer une tante. Violaine recherche les feuillets que son grand-père avait écrit sur sa famille: pour Violaine, toute son histoire s'y trouve. Quand Violaine commence à ouvrir le dossier de Simenon, peu à peu l'histoire de l'écrivain l'interpelle. L'histoire de "Feux Rouges" la touche. Elle part à New york, sur les traces de Simenon, mais aussi pour recoller des bouts d'elle-même dans cette mégapole où le melting-pot est l'identité première.
La quête de Violaine c'est aussi celle de tous les enfants d'ici ou d'ailleurs; c'est l'histoire du passé à retrouver, de racines à sortir de terre, et de famille à reconstruire. Ces pays perdus de la mémoire, à retrouver ou à inventer. "Elle a demandé à d'autres fils et filles d'exilés si leurs parents ont la gorge nouée en évoquant le pays quitté, si cela les empêche de parler. Ils l'ont, souvent. Ils choisissent le silence pour transmettre la mémoire. Parmi leurs enfants, certains s'en privent, d'autres s'en moquent. Quelques-uns, enfin, l'inventent. Sujets libres."

mars 2004

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La mémoire neuve ~ Jérôme Lambert

Ce premier roman de Jérôme Lambert est très mystérieux: le narrateur, Julien, débarque du train, son petit ami l'attend et tous deux partent en voiture vers une destination inconnue. Mais pas si inconnue, car elle semble ramener le jeune homme sur les traces de son enfance, sur les lieux où un événement antérieur a marqué celui-ci au stade de devoir le ramener à ce point de départ pour faire peau neuve.

"La mémoire neuve" parle donc d'un mystère survenu pendant l'adolescence de Julien. Lors d'un été chez ses grand-parents, entouré de ses cousins, le garçon a connu l'attirance et le trouble des fortes connivences masculines. Un pacte avait été scellé, une promesse faite... que le jeune Julien a brisé. Pour un autre, Clément. Un garçon introduit par l'aîné des cousins, un garçon au sourire insolent et victorieux, un garçon qui va semer la zizanie au sein de cette équipée de cousins.

La narration oscille donc entre cet instant présent où le personnage de Julien soliloque intérieurement sur sa trahison et son incapacité à passer outre, à tourner la page et à se confier à son petit ami actuel. Il revient sur l'été de ses douze ans, sur la joyeuse troupe des cousins et le troublant Clément, l'élément catalytique.

Le roman de Jérôme Lambert centralise essentiellement son intrigue autour du monologue intérieur de Julien. Cela crée un suspense latent et captivant. On attend le dénouement avec une certaine impatience, à tel point que la délivrance n'est pas à la hauteur de l'attente. Un peu dommage.
Bon premier roman qui, toutefois, pêche à égaliser le drame prévu à sa véritable réalisation...

mars 2004

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Un soupçon de vison (1962)

touch2Ou l'histoire de la belle et le milliardaire.
Cathy Timberlake se rend chaque semaine à l'agence de l'emploi pour toucher son chèque de dédommagement (chômage), mais en chemin une limousine passe à toute berzingue en roulant dans une flaque de boue et l'éclabousse. Cathy est ulcérée, l'individu dans la voiture n'a pas pris la décence de s'arrêter.
Cet homme est Philip Shayne, homme d'affaires richissime, qui décide d'envoyer son conseiller financier réparer cet ennui en lui confiant un billet vert. Mais Cathy ne l'entend pas de cette oreille, énervée elle l'est jusqu'au bout des ongles. Elle va lui en conter de belles, à ce Monsieur Shayne !
Mais devant lui, la jolie blonde fond et succombe au charme ravageur du milliardaire. Balbutiante et rougissante, elle s'embarrasse et accepte de passer la soirée avec lui, avant de le suivre pour un voyage aux Bermudes.
L'amie de Cathy la prévient : ma fille, cet homme ne pense qu'à son lit ! Il se moque bien de tes petites prétentions. Car oui, Cathy Timberlake n'est pas une sotte, elle veut qu'on la respecte, et pourquoi pas être épousée ?!
Mariage, vous avez dit mariage ?! Horreur, Shayne est horripilé par cette institution et décide de prendre ses jambes à son cou. Loin de lui cette ravissante blonde qui veut le pendre haut et court.
Non et non, ces deux-là se mélangent les pinceaux, ils n'ont rien compris et font une montagne de pas grand-chose !

touch1Belle comédie de 1962 réalisée par Delbert Mann, "Un soupçon de vison" implique que toute femme dans la vie convoite la fourrure (dépouille l'homme) avant d'envoyer le monsieur dans les orties ! Piètre conception du couple, mais nous sommes en Amérique dans les années 60. Les jeunes femmes ont une ligne de conduite à surveiller (pas de coucherie hors mariage), leur réputation a un prix que toute demoiselle en détresse n'est pas prête à concéder (la virginité coûte que coûte !).
Le personnage de Cathy Timberlake a les archétypes de la jolie blonde séduisante qui attire les pires dragueurs, pourtant Cathy a du tempérament et le démontre à maintes reprises. Mais en tombant folle amoureuse de Monsieur Shayne, elle comprend qu'il est finalement bien difficile d'être pris au sérieux, d'espérer compassion et estime de la part de ce faux gentleman !

touch4Doris Day et Cary Grant entreprennent un jeu du chat et de la souris plutôt drôle et vif. Les scènes de maladresse et de méprise sont légion, avec toujours ce côté "comédie sympathique et légère" qui a fait la gloire du cinéma américain, en leur temps. Cary Grant est alors âgé de 58 ans, il incarne à jamais ce bel enjôleur aux tempes grisonnantes, sûr de son charme mais qui mise moins sur les clowneries pour tirer le sourire au spectateur. Et de toute façon, ça marche ! Son seul choix de courir la ville dans une camionnette de poulets pour mettre la main sur Cathy fait plaisir. "No frankly, my dear !"
Face à lui, Doris Day tire admirablement son épingle du jeu. Piquante et adorable, la jolie blonde a plus d'une corde à son arc. Et même avec le minois criblé de boutons et de crème apaisante, elle assure une pureté au film qui fait plaisir à regarder !

Un soupçon de vison, film de Delbert Mann (1962) - avec Doris Day & Cary Grant. Titre vo : That touch of mink.

Posté par clarabel76 à 13:15:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

Comment voler un million de dollars (1966)

comment_voler6Nicole Bonnet est désespérée des agissements de son père. C'est un excentrique, un audacieux qui peint des faux tableaux et les revend aux plus offrants, se moquant du souci d'honnêteté de sa fille unique.
Et pourtant, il faut bien s'en faire lorsqu'un musée décide de mettre en exposition une fabuleuse statuette (bien évidemment fausse) et de l'expertiser pour les besoins de l'assurance (qui la couvre pour un million de dollars !).
Père et fille sont verts. Nicole pense déjà à sa carrière professionnelle, songe à partir en Amérique et s'inquiète pour son père qui prend enfin conscience d'avoir dépassé les bornes.
Il faut agir !
Alors Nicole recontacte ce Simon Dermott qu'elle a rencontré un soir dans leur maison, pris la main dans le sac. Cet individu allait s'emparer d'un tableau de Van Gogh (faux, bien sûr). La jeune fille l'avait menacé d'un pistolet, blessé au bras, avant de s'en mordre les doigts elle avait accepté de le reconduire au Ritz ! Là, ce malotru l'a embrassée effrontément. Mais Nicole est sous le charme.
comment_voler7Pour elle, Simon Dermott est un gentleman-cambrioleur. A sa demande, il exécutera le vol de la Vénus, empêchera le blâme sur la famille Bonnet et vite fait, bien fait chacun pourra reprendre le cours de son destin.
Oui mais voilà, rien ne se passe comme prévu.

Dans ce film de William Wyler, il est question de duperie, de mascarade, de faux semblant et d'entourloupe. Les Bonnet veulent échapper au scandale, ce qui était à la base une farce d'un faussaire écervelé prend une proportion dangereuse pour sa fille intègre, dynamique et fleur bleue.
Dans sa mésaventure, Nicole tombe sous le charme d'un cambrioleur peu ordinaire, à qui elle refuse de révéler son secret, malgré la séduction équivoque et troublante qu'il exerce sur elle.
Mais ils ne sont pas seuls à enquêter sur cette piste de trafic de faux dans la capitale française (oui, toute l'histoire se passe à Paris). Et il faut être fin limier pour déjouer les honnêtes gens des prétendants qui se veulent amateurs d'art chez les Bonnet.

comment_voler5Voyons, "Comment voler un million de dollars" est une comédie charmante et forte du charme éblouissant de la superbe Audrey Hepburn, toute vêtue de Givenchy, dont la sublime scène où Nicole paraît avec un loup en dentelle noire ! Superbe de pied en cape !
Le scénario est guilleret, les acteurs sont tous polis, élégants et respectueux. Smoking de rigueur, moustaches troussées vers les étoiles, beaucoup d'humour, des situations rocambolesques mais pertinentes, bref le film de Wyler est impeccable, classique, bourré de grâce, avec un Peter O'Toole, dandy fringant et irrésistible, qui rebondit avec espièglerie à son interprétation de "Lawrence d'Arabie".
Le succès de ce film repose indéniablement sur son esthétisme et la fraîcheur de son scénario. Très joli à voir !

Comment voler un million de dollars, film de William Wyler (1966) - avec Audrey Hepburn & Peter O'Toole. Titre vo : How to steal a Million.

[Nicole describes the burglar to her Papa.] comment_voler8
Nicole Bonnet: Well, it was pitch dark and there he was. Tall, blue eyes, slim, quite good-looking... in a brutal, mean way, Papa. A terrible man!

Charles Bonnet: This tall, good-looking ruffian with blue eyes, he didn't, er, molest you in any way, did he?
[Nicole is staring off dreamily.]
Charles Bonnet: Well, did he?
Nicole Bonnet: Not much.

***

Nicole Bonnet: I keep telling you, when you sell a fake masterpiece, it's a crime!
Charles Bonnet: But I don't sell them to poor people, only to millionaires.

Posté par clarabel76 à 09:30:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]