18/04/07

2. Vlan !

Mima est une petite fille qui ne parle jamais et qui pense qu'elle n'a pas besoin de mots pour se faire comprendre de Pincha, son chien. Chez elle, il y a du bazar à tout rompre : sa mère est cantatrice et son père, chef d'orchestre. Tous deux répètent à la maison et ont du mal à s'entendre. En clair : ça barde sans cesse ! Un jour, lors d'une enième dispute, la porte écrase le petit chien Pincha et là, c'est le drame. Mima est désespérée, sesvlan parents coupables l'emmènent chez une spécialiste pour débloquer son silence pesant. Et c'est avec des dessins, à sa façon, que Mima raconte son histoire... Ses parents maladroits vont lui faire une surprise pour son anniversaire et la fillette va s'affirmer et exprimer sa révolte. Vlan !

Vlan ! est la réponse possible pour réagir face à un enfant qui souffre en silence et s'enferre dans le mutisme. Perrine Dorin apporte une note d'humour et de décalage à cette situation tragique. Si on se contente de feuilleter ce livre à la charmante couverture, on est littéralement séduit par les illustrations et le ton joliment piquant donné par l'auteur. Or sous la façade, le propos est donc plus grave mais nuancé. On comprend que le chien Pincha meurt, mais rien n'est montré ou écrit à ce propos. Juste "Mais aujourd'hui Pincha a fait parler de lui...". Reconnaissons que c'est singulier ! Cette confusion, d'ailleurs, peut embrouiller les esprits candides (cf. ma Miss C. !). Tant mieux. On peut alors lire ce Vlan ! en savourant son ingénuité et sa dérision ;  le Vlan ! rythme la lecture, fait écho aux portes qui claquent et logiquement la fin elle-même devient surprenante. Je conseillerai ce livre aux plus grands, même si une petite fille de 7 ans (très bientôt !!!) peut en apprécier la finesse. Personnellement j'ai beaucoup aimé les illustrations !

Vlan ! de Perrine Dorin / Editions du Rouergue (octobre 2006)

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1. Le roi du silence

En avant toute ! Il est temps de vous raconter l'histoire du Roi du Silence car je suppose que vous ignorez des tas de choses sur ce roi ô combien précieux ! D'abord c'est un roi dont la fonction est si éphémère, à peine une minute une fois de temps en temps, qu'on en oublierait presque son existence. C'est un roi qui a un mal fou à régner ou il est juste appelé par tradition, par nécessité ou par la force des choses... Ce n'est pas drôle pour lui, on dit même qu'être roi du Silence est absolument démodé, dépassé et donc souverainement déprimant. Alors il a décidé de vivre avec son temps, comme tout le monde, à fond, réjoui de vivre en plein boum, radieux d'être klaxonné, bousculé, émerveillé par la cohue, enchanté du tollé général, bercé proi_du_silencear le tohu-bohu infernal ! Le roi du Silence a changé de métier, désormais il fait du bruit. Sans oublier que pour échapper au charivari ailé des basses-cours, aux clameurs douces des bergeries,  au chahut vif des forêts et au tintamarre des marais, le roi du Silence a aussi SA solution...

Ce petit livre ne l'annonce sans doute pas assez fort, mais il est bougrement intelligent. C'est parti sur une idée simple d'Annie Agopian (l'auteur) qui a découvert qu'il n'existait aucun synonyme du mot silence, contrairement au mot bruit. Pourquoi ? Le silence est-elle cette chose si infime qu'on ne peut désormais plus la qualifier, en parler, la décrire, etc . ? Ou bien est-ce devenu une denrée si rare et luxueuse qu'on l'oublie à force de ne plus y consacrer un seul instant ? ! Alors ce petit livre vous invite à ré-apprécier cette bulle en vous y coulant, le ton est parfois menacé par les illustrations criardes, bien volontairement, par un vocabulaire mitonné aux petits oignons (votre enfant va élargir sa palette des connaissances - comment décliner le mot "bruit" en 40 pages ... !). Et en tout et pour tout, c'est très, très drôle. C'est l'histoire d'un roi qui ne peut plus faire son silence alors il décide de faire du bruit ... utilement ! Belle idée, effectivement. Vos enfants vont raffoler de la physionomie de ce bonhomme "souverainement déprimé" et qui s'épanouit en faisant du bruit comme tout le monde !  Ils vont également beaucoup apprécié l'acrobatie sur les mots pour évoquer le "bruit" ou le "bonheur". Leurs deux associations semblent paradoxales, et pourtant on en apprend tous les jours (chers parents !). Je sais, ce n'est pas évident à expliquer... Car c'est encore un peu abstrait de comprendre le poids du boucan alentour pour un jeune lecteur, le sentiment de lassitude et d'ennui (également exacerbé par trop de silence !). La tâche s'alourdit, donc évitons de philosopher ! Ma Miss C. a surtout apprécié l'humour de cet album, de ce roi qui a le cafard et qui fait des boum-badaboum à en devenir un roi du n'importe quoi ! (c'est elle qui le dit !). Allez, le mot de la fin : PERSPICACE ! 

Le roi du Silence, texte d'Annie Agopian & Illustrations de Beppe Giacobbe / Editions du Rouergue  (mars 2007)

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17/04/07

La clef des champs

Nous avons pris la clef des champs ...

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... au bord de l'eau (la Seine)

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et nous avons libéré quelques livres

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Alors, à demain pour de nouvelles aventures en lecture ! :)

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Sa passion - Véronique Olmi

sa_passionQuand on a l'habitude de lire les romans de Véronique Olmi, on sait d'avance qu'on pénètre un univers qui n'est jamais tout rose ni édulcoré, où l'amour éperdu est l'étendard d'amants éplorés et écorchés vifs. Oui, il faut savoir qu'un livre de Véronique Olmi entraîne son lecteur vers l'absolu, vers la désolation, la perdition, le bouleversement. Cela peut accabler et déconcerter, mais étant donné que Véronique Olmi est avant toute chose une grande dramaturge, il n'est donc guère surprenant de succomber avec étourdissement à ces histoires poignantes. Comme bien souvent, l'héroïne de Sa Passion est une femme percluse qui, en recevant le message de son amant, Patrick, pense à des retrouvailles idylliques. Or, Hélène n'en peut plus et le rire sardonique et mesquin de cet homme marié la blesse et la brusque. Finir. Il faut en finir avec cette liaison. Et forte de cet adage, "Comment font les autres, tous ceux qui ne meurent pas d'amour?", Hélène décide de briser sa réserve, de suivre son instinct. Et en bon lecteur attentif, on suit sa confusion, on comprend sa rage, on remonte le fil de ses désordres de jeunesse. Sans doute n'est-on pas dupe du Gong final, n'empêche qu'on se sent à chaque fois retourné par de tels chaos ! Pourtant, j'avoue que ce livre ne figure pas parmi mes préférés, j'aime infiniment le style de Véronique Olmi dont les intrigues m'embarquent instantanément, mais pour le coup j'ai eu un sentiment de déjà lu, c'est vrai. J'ai bien aimé, mais pas autant que "Bord de mer".  Grasset, 169 pages

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Route Royale - Stéphanie Polack

route_royaleConstance Haroche sort de prison, elle est seule, personne ne l'attend. Son petit ami David lui a envoyé un courrier dans lequel il lui explique qu'il ne sera pas là pour elle car il en aime une autre. Blessée et amère, Constance repense à leur histoire et admet avoir bien mérité cette rupture. Qu'importe... Elle tente de reprendre le volant, la nuit, de faire le taxi et d'oublier la vacuité de sa nouvelle existence. Un jour, elle rencontre Werner qui a vingt ou vingt-cinq ans de plus qu'elle et qui lui propose de s'occuper d'elle. Il se dit "exilé de l'émoi, errant, et attendant sa fin". Constance ne sait pas encore que Werner a suivi son procès avec attention, qu'il sait presque tout d'elle et de David...
"Route Royale" est un roman que j'aimerais beaucoup aimer, mais quelque chose m'en empêche. Peut-être par la faute du personnage de Werner, type bizarre et peu attachant. Et cette Constance, qualifiée de mec par son cow-boy qui la quitte par lettre, alterne aussi les sentiments de compassion et de haut-le-coeur. C'est donc tout en ambivalence, à l'aide d'un style coupant (phrases courtes, vocabulaire sans empathie), qu'on glisse sur cette histoire qui n'est pas caressante, heureusement car c'est ce qu'on apprécie aussi. C'est un mélange de tendresse et violence, à l'image de Constance Haroche. Le temps seul dictera mon avis définitif à son sujet, dans plusieurs mois... Pour l'instant, j'ai autant aimé que j'ai ressenti du malaise. A tenter, cela cache un os !  Stock, 116 pages

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16/04/07

La plus belle - Béatrice Bantman

C'est l'histoire de Louise Kramer, fille de rescapés d'Auschwitz, qui a grandi avec cette sinistre litanie "Mme Kramer la_plus_belledisait souvent qu'elle était revenue de là-bas parce qu'elle était la plus belle du camp". Alors, aux yeux et dans la tête de Louise, la beauté prend une importance cruciale, qui semble lui être refusée. Elevée dans la rigueur et la menace "du travail et rien d'autre", Louise perd vite sa fraîcheur, sa joie de vie et ses sursauts de bonheur. Chez eux, on est triste, on s'ennuie, on hurle et on donne des coups de ceinture si la petite ramène des mauvaises notes, si l'adolescente se maquille, si la jeune fille rentre tard et fréquente des garçons...
Avoir survécu à tout ça pour voir ça aujourd'hui, c'est le cri d'horreur de ses parents. Et Louise ne s'y oppose pas et accomplit leurs quatre volontés. Pour fuir ce quotidien morne, elle rêve, elle couche avec des types sans amour, elle a le coeur brisé par un Pascal qui la quitte pour une autre. Elle se tait. C'est une existence terne, misérable affectivement, qui ne comble pas Louise, "mal née, trop tôt, trop près des camps, au mauvais endroit, la mauvaise année, dans la mauvaise famille, vivante au pays des morts, rieuse et étourdie au pays des sanglots tus. Elle se débat comme une aveugle, une sourde, une folle contre les murs de barbelés que les Allemands ont dressés à jamais dans le coeur de ses parents."
Et alors que l'histoire semble s'enliser dans l'accablement, le cours reprend son intérêt pour se conclure sur un très bel hommage d'une fille pour sa mère, qu'elle comprend enfin, qu'elle accepte et qu'elle aime vraiment. On échappe au mélo pour montrer avec pudeur toute la complexité des survivants à refaire leur vie et cohabiter avec leur descendance. Ce livre montre très bien le profond fossé qui les sépare et qui peut briser une petite fille. Le tout est raconté entre humour et désarroi, mais quelle leçon d'ironie pour finir !   Denoël, 150 pages

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15/04/07

La voleuse de livres - Markus Zusak

"Je n'ai pas de faux, ni de faucille. Je ne porte une robe noire à capuche que lorsqu'il fait froid. Et je n'ai pas cette tête de squelette que vous semblez prendre plaisir à m'attribuer. Vous voulez savoir à quoi je ressemble vraiment ? Je vais voleuse_de_livresvous aider." C'est cette voix glaciale, sépulcrale qui nous raconte l'histoire de la voleuse de livres, autrement dit Liesel Meminger, une gamine de 9-10 ans qui arrive chez les Hubermann, conduite par une mère désespérée. Nous sommes en Allemagne nazie, près de Munich, la guerre est déclarée et c'est en zoomant sur la rue Himmel que le lecteur va suivre le cours des événements, à la façon du voyeur qui regarde par-dessus l'épaule de la Mort, narratrice bien flippante de cette histoire. Oui, le lecteur est vite au courant qu'il doit entendre le discours lugubre de cette faucheuse qui cultive un certain humour noir et ironique ! Il faut savoir apprécier le style, mais nous y reviendrons plus tard...   Liesel Meminger est une enfant vive mais qui ne sait pas encore lire ni écrire. Qui pourrait alors penser que cette fillette s'exerce pourtant à la carrière illustre de "voleuse de livres" ? Car les mots la fascinent, lui font peur, la dégoûtent. Tout a commencé en janvier 1939 lors de l'enterrement de son petit frère quand elle découvre un livre noir dans la neige qu'elle conserve dans sa poche au lieu de le restituer à son propriétaire. D'autres menus larcins vont suivre, mais il faudra le temps, des circonstances étranges et surtout un aplomb en béton. Car dans la rue Himmel, où Liesel  court chercher le linge des riches familles pour sa mère nourricière, la fillette et son grand ami Rudy Steiner crèvent de faim et tentent d'oublier leurs souffrances en jouant au football. Et puis, il y aura Max, l'ancien boxeur, le juif qu'on planque dans la cave sans dire un mot à quiconque. Cet homme va attirer l'enfant, va lui montrer les mots comme jamais auparavant, et de voleuse notre Liesel va devenir une secoueuse de mots. Mais bon, le raccourci est facile et vite réducteur.
En fait, il est très difficile de raconter ce livre de Markus Zusak où les éléments vont s'embriquer progressivement. Dans ce roman, on y découvre la perplexité des couleurs (blanc, rouge, noir) et on croise les silhouettes des Nazis, du Führer et des juifs qui défilent vers Dachau... Dans le quartier où grandissent Liesel et Rudy, la vie est rythmée par la faim, les parties de football, les vols puis par les bombardements. Ce n'est évidemment pas une lecture facile, malgré les passages malicieux pour atténuer l'ambiance plombante qu'impose la Mort qui rôde en observant la jeune Liesel et les siens, mais c'est loin d'être morose au bout du compte.
En fait, les éléments pour s'attacher ce livre comptent beaucoup (la couverture, le titre, le bouche-à-oreille) mais le style de ce livre est épouvantable, hélas. Sous prétexte qu'il s'agit de la Mort, le ton est mécanique, se défend d'être insensible, bien amèrement, mais cela ne suffit pas pour convaincre. Quant à l'histoire, c'est vrai qu'elle nous embarque, qu'elle est compatissante et admirable grâce à ses personnages charismatiques, mais bon...
Pour moi, le style est pénible et pénalise l'entrain et l'aisance de la lecture. J'ai pourtant lu jusqu'au bout ce roman car je tenais à connaître son issue coûte que coûte.

Oh éditions, 525 pages

  • Les avis de Emjy (follement enthousiaste) et Gachucha (qui abandonne !) ... :)

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Les grilles de ma maison

Les murs se mettent à vieillir
La maison se vide du temps
Et le vieux chêne a mis
Son habit de printemps
J'avais peur que tout me soit étranger
Mais rien ne semble changer
C'est bon de voir
Les grilles de sa maison

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14/04/07

Rue des Sept Filles - Claudine le Tourneur d'Ison

C'est un peu dommage cette silhouette féminine sur la couverture, car cela donne une idée fausse au roman de rue_des_sept_fillesClaudine le Tourneur d'Ison. De mon point de vue, je trouve que cela déclasse ce livre en une vague promesse de "grande histoire d'amour", dont une certaine littérature se fait largement écho. Ici, nous en sommes bien loin !
L'amour est certainement présent, c'est un terreau utile pour les romans, mais la façon de l'étaler n'est jamais la même. Pour la "Rue des sept filles", il faut s'attendre à un récit écrasant et débordant de passion, mais...

Au commencement, la narratrice est alitée, elle va mourir, son corps la lâche et ses yeux ne voient plus. Dans cette position, livrée à elle-même dans cette chambre d'hôpital, elle se remémore Le Caire en 1930. Elle avait 18 ans et suivait ses parents pour une mission diplomatique. A l'époque, déjà désoeuvrée et plongée dans un vague à l'âme profond, elle se languit d'un homme qu'elle vient de quitter, c'était son premier amant, son secret, et elle est partie. En Egypte, elle est avant toute chose dégoûtée et hermétique à l'atmosphère du pays. Elle boude les soirées mondaines, adopte une attitude hautaine envers le personnel de la maison, et puis elle se réveille.
Traversant les ruelles labyrinthiques, elle découvre un jour un quartier mal famé qui empeste la pourriture et l'odeur de stupre, puis se trouve au pied d'une maison en ruines où des femmes disposent de leurs corps ... C'est la Rue des Sept Filles. Là, la jeune française va venir et revenir, même en cachette. Elle est tremblante de désir, noyée par la peur, mais elle court rejoindre ce garçon qui lui fait perdre pied.
Son histoire cache une blessure, et le tableau familial aussi dissimule quelques secrets. Tout va se savoir, mais à la toute fin du roman. Et c'est anéanti et bouleversé qu'on termine notre lecture. Qui aurait pu douter un instant ? Car derrière ce doux étalage des sens, des impressions, du goût et des émotions, se clapit un désastre, un chamboulement. Dans cet hôtel en ruines, ce théâtre de la souffrance et de la débauche, l'insouciante jeune fille va être écorchée, touchée, blessée. Punie.
Ce roman est captivant, il restitue l'ambiance incandescente du Caire de l'époque, raconte la misère et la magnificence, évoque la volupté et la quête de l'absolu. C'est le portrait d'une femme qui a perdu son âme dans le désert, qui a aimé passionnément, au péril de sa peau, et qui livre au soir de sa vie "cette étrange histoire au bord du coeur". Sombre, douloureux mais terriblement sensuel et intimiste, un roman bien fascinant.

Albin Michel, 185 pages

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13/04/07

Pluie - Kirsty Gunn

pluieC'est d'abord une ambiance estivale dans une maison bâtie pour les réceptions, sur des pelouses arides et où les soirées s'éternisent dans un brouhaha de rires et de pas de danse... Dans leur chambre, les enfants Jane et Jim Little dorment, s'échappent par la fenêtre ou écoutent les pas feutrés d'un individu qui s'introduit dans l'obscurité... C'est l'été de l'insouciance, des jeux dans l'eau, des parties de pêche, de nage et d'histoires inventées. Jane veille sur son frère comme une mère, admire ses parents qui s'aiment et vivent dans leur bulle...
Enfin bref, c'est dans cette atmosphère languide qu'un drame s'annonce et rampe vers la famille Phelon. Il y a le goût du soleil, du sel, du cocktail et de l'eau, beaucoup d'eau. Elle deviendra leur marque, leur mémoire. Cette chronique familiale racontée par Janey, 12 ans, fait état d'une impuissance, d'une amertume et pourtant il y a une grande habileté stylistique teintée de poésie, d'inertie et de mélancolie dans sa façon de narrer les événements en suggérant au lieu de détailler. Son histoire vous envoûte, en seulement 130 pages, mais c'est le bon dosage. Il s'agit du 1er roman de la néo-zélandaise Kirsty Gunn.

Points, 130 pages. (Titre vo : Rain - 1996 chez Christian Bourgois)

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