vol_des_aigrettesJessie reçoit un coup de fil de l'île des Aigrettes, là où elle a grandi avec son frère Mike et leurs parents, avant de quitter les lieux précipitamment quelques années plus tard. Trop de mauvais souvenirs, dont la mort de son père, pour laquelle elle s'est sentie responsable.
Elle est aujourd'hui mariée à Hugh, un homme charmant et intelligent. Elle peint des petites boîtes et surmonte le départ de sa fille Dee pour l'université. Mais la façade lisse de sa belle vie idyllique s'effrite, car Jessie s'ennuie sans l'admettre officiellement.
Ce coup de fil, finalement, est un sursaut pour elle. On lui annonce que sa mère s'est intentionnellement tranchée un doigt, qu'elle a besoin de sa fille et qu'il faut à Jessie le courage d'effectuer ce retour vers le passé.
Son arrivée sur l'île s'accompagne de grandes bouffées d'asphyxie, de nostalgie, de douleur et de tristesse. Aux grandes questions qui impliquent la santé de sa mère, viennent aussi celles sur la mort de son père, sur ce qui a poussé toute une famille à éclater après ce drame. Et puis, il y a ce moine bénédictin, Frère Thomas, qui trouble et attire Jessie. N'étant plus sûre de sa vie de couple, elle se sent prête à sauter le pas pour de nouvelles expériences, affronter les fantômes et brusquer sa mère et leurs amis pour connaître les secrets.

J'avoue avoir lu ce roman car j'avais beaucoup aimé le premier livre de Sue Monk Kidd, "Le secret des abeilles". Bon, cette fois-ci je suis un peu moins emballée mais assez séduite par ce talent qu'a l'auteur de créer une réelle ambiance, une atmosphère réconfortante avec des personnages terriblement attachants.
Il y a toujours un fond mystique et religieux dans ces histoires, ici on prend connaissance d'une mystérieuse chaire ornée de sirènes sculptées, en hommage à une sainte qui, selon la légende, a abandonné sa condition de sirène pour se convertir au catholicisme. Toutefois, cela n'affecte pas davantage la lecture ni l'histoire.
La couverture n'est pas très réussie non plus et peut inviter le lecteur à la confusion. Ceci n'est pas un roman sentimental, juste un peu, mais c'est surtout le portrait d'une femme qui a une quarantaine d'années et qui traverse une crise. Il est, enfin, intéressant de se pencher sur une telle situation. Il est fini de s'imaginer que seul un homme peut connaître "le démon de midi". Car ici Jessie s'échappe de sa vie conjugale, de son cocon et va connaître des sensations nouvelles qu'elle va écouter, et non plus étouffer.
C'est une lecture séduisante, avec ses qualités et ses défauts, mais on en sort plutôt ravi.

JC Lattès, 380 pages / Avril 2007.