27/05/07

C'est l'histoire d'un film ... lequel ?

(voici bien une version qui n'a pas à rougir de l'originale ! ! !)

Magie !

Romance !

Rage !

Révélation !

Apothéose !

Mystique !

Si vous ne connaissez pas encore, cliquez ! cliquez !!!

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26/05/07

Je vais bien, ne t'en fais pas ~ Olivier Adam

Quel poids ce maigre roman d'Olivier Adam ! Seulement 156 pages qui vous plombent presque le moral, tellement l'absence y est dépeinte solennellement et magistralement.
"Je vais bien, ne t'en fais pas" sont les quelques mots qu'adresse le frère absent, disparu, parti... Des mots griffonnés sur une carte postale et adressés exclusivement à sa soeur. Loïc est parti depuis deux ans, Claire le pleure en silence. Sans nouvelles de lui, elle tente de broder son quotidien, elle est caissière au Shopi, elle loge un petit appartement dans un quartier parisien qu'affectionnait Loïc, elle a peu d'amis, ou pas du tout, elle erre de rencontres hasardeuses en vacances à la recherche de ce frère qui lui manque trop. Sans prévenir des parents meurtris au fond d'eux, Claire part dans ce village où Loïc a posté sa dernière carte postale.. Peut-être le retrouvera-t-elle, l'apercevra-t-elle, ou tentera-t-elle de suivre ses traces, son chemin et de comprendre ce départ inexpliqué...
En chapitres courts et incisifs, l'auteur bouleverse son lecteur avec des mots simples, forts et qui écorchent son héroïne et nous en même temps. Claire est une jeune femme fragile et touchante, complétement désemparée. Son désarroi est poignant et se lit à travers les lignes. On s'apitoie sur son quotidien misérable, sur ses rencontres loupées et ses aventures sentimentales bancales et pitoyables.
Une nouvelle fois, Olivier Adam nous percute en plein coeur. Son roman est une boule de bowling qui renverse ses quilles de lecteurs. Des mots forts et violents pour une rage contenue, une injustice totale qu'on tente d'hurler pour secouer la jeune Claire, lui venir en aide et la sortir de sa mélasse.
"Je vais bien, ne t'en fais pas" est un roman terrible, dans le sens positif. Il décèle un secret effarant qu'on découvre avec ahurissement. C'est à la fois évocateur et pudique, sensible et saisissant. Un roman qui imprime son empreinte pour un bon moment ...

mai 2004

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H comme Hitchcock

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... dans les Salles Obscures

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24/05/07

Pour les lecteurs dès 10 ans

Folio Junior fête ses 30 ans et, pour l'occasion, arbore un design nouveau, flambant neuf, pour donner encore plus de tonus à leur collection ! ... J'aime bien la phrase qui caractère celle-ci : Rire, frissonner, imaginer, vibrer, rêver, découvrir, réfléchir, partir à l'aventure ... Lire un folio junior, c'est se laisser emporter dans un monde nouveau.

En voici un échantillon :

manuelo_de_la_plaineLe 21 juin 1937, premier jour de l'été, Manuelo est fou de joie : il vient d'être reçu premier au certificat d'études primaires. C'est une sacrée fierté pour ce fils d'immigrés portugais, installés dans l'impasse Boise, à la Plaine Saint-Denis. Le même jour, Manuelo apprend que sa mère est gravement malade, qu'elle souffre de tuberculose et que la famille n'a pas les moyens de l'envoyer se soigner au sanatorium.

Sans rien dire, Manuelo et sa bande de copains vont chercher du boulot. Ils n'ont pas 13 ans et pourtant ils trichent, osent affichent 15 ans, sont enrôlés dans une usine des "Petits Chevaux" ou tentent le tout pour le tout en risquant leur peau à bord d'un train à charbon. La vie est difficile et rude, mais le quartier est solidaire, souhaite échapper au misérabilisme en organisant des soirées dansantes dans les cafés ou des sorties au cinéma.

Manuelo de la Plaine est un roman très court mais qui ne peut pas laisser insensible. Il permet de rappeler la condition difficile des travailleurs immigrés, dans les années 30-40. De plus, le conflit en Espagne n'est pas loin et on en lit les grosses lignes entre les aventures de Manuelo, ce garçon au grand coeur, dépassé par les événements, et qui parfois s'oublie dans l'ingratitude et l'égoïsme.

Ce roman pour la jeunesse est écrit par Valentine Goby, autrement connue pour être l'auteur de La note sensible, Sept jours et L'antilope blanche.

Illustrations de François Lachèze. 92 pages

soupe_de_poissons_rougesLe retour de la famille des Jean-quelque chose ! Papa, maman et les six garçons ont donc quitté Cherbourg pour s'installer à Toulon. Jean-B entre en 6ème, l'absence de son meilleur ami le déprime un peu mais son frère Jean-A le tarabuste un bon coup et notre garçon va reprendre du poil de la bête !

Cette chronique familiale demeure attachante, désopilante. Les Jean-quelque chose sont de gentils garçons qui ne manquent pas d'imagination, ils n'ont pas la télé chez eux (flûte ! ils vont louper leur épisode de Zorro !) mais ils passent leur temps à jouer aux 1000 Bornes, à construire une cabane et un plan d'attaque contre le gang des Castors. Ils jouent à la carabine à patates, ont des nouveaux amis, des poissons rouges ( Wellington et Zakouski), une voisine qui leur offre des pâtisseries alsaciennes. Ils se rendent pour la 1ère fois à une boum, à la plage (interdiction de se baigner après manger, leur médecin de père recommande deux heures de répit !).

Encore un sympathique épisode des péripéties de la famille des Jean-quelque chose, de la maman très organisée et d'un papa qui sait tout faire de ses dix doigts !  Incontournable.

La soupe de poissons rouges, avec des illustrations de Dominique Corbasson. Egalement disponibles : L'omelette au sucre & Le camembert volant.  135 pages

reviens_papaLa jeune Emie et sa famille fêtent Noël et pensent qu'il s'agit d'une journée extraordinaire grâce aux cadeaux fantastiques qu'ils ont tous reçus ! Mais ce soir-là, Emie surprend son beau-père au téléphone avec une autre femme. Le drame éclate et papa annonce qu'il quitte la maison.

Emie, Vita et Maxie sont désespérés, comme leur mère. Seule leur grand-mère, chez qui ils vivent (pour une question de moyens financiers), exprime sa colère et remue toute la troupe un peu trop vivement. Il est difficile pour les enfants de comprendre le départ du papa, qu'ils vont voir de temps en temps avant de faire connaissance avec sa nouvelle petite amie. Les situations de catastrophes et de dépits sont nombreuses, et on suit cette histoire à travers le monologue de la jeune Emie, âgée de 12 ans. Celle-ci est un peu ronde, n'a jamais connu son vrai père, lit avec passion les romans de Jenna Williams et va commencer à raconter de fabuleuses histoires.

L'atmosphère oscille entre les rires, les larmes, les crises d'incompréhension et de colère. Reviens, papa ! est un livre actuel et qui traite de la famille et de la séparation. C'est un ensemble d'émotion et d'humour qui plaira aux adolescents, davantage qu'aux parents, plus sévères sur le dénouement de cette histoire. Mais c'est très bien écrit, très agréable à lire, avec une ambiance totally british.

Jacqueline Wilson / illustrations d'Anne Simon. 316 pages

girafe_blancheDans la nuit suivant sa journée d'anniversaire, Juliette, 11 ans, est réveillée par un rêve puis par la sensation de brûlé dans la maison. Effectivement, il y a le feu ! Juliette parvient à se sauver, mais découvre trop tard que ses parents sont restés prisonniers des flammes.

Brutalement orpheline, Juliette apprend qu'elle est confiée à la tutelle de sa grand-mère, Gwyn Thomas, qui vit en Afrique du Sud où elle s'occupe d'une réserve. L'arrivée dans cette nouvelle vie n'est pas sans bouleverser la jeune fille, et l'accueil de la grand-mère n'est franchement pas chaleureux. La cohabitation s'annonce difficile, et tout semble plus compliqué pour Juliette.

Mais d'un autre côté, l'adolescente va découvrir un monde nouveau, un univers enthousiasmant où on parle de légendes, d'animaux et de cultures ancestrales. D'ailleurs, une ancienne connaissance de Gwyn va confier à Juliette "qu'elle possède un don". Impossible d'en savoir plus.

Dans la nuit, Juliette croit apercevoir une girafe blanche. Est-ce un rêve ? On parle d'un conte autour de cet animal, certains prétendent que ce sont des sornettes, d'autres restent plus mystérieux. Il y a, toutefois, un point inquiétant : les braconniers qui espèrent mettre la main sur cette créature exceptionnelle.

Entre mythe, songe et sorcellerie, La girafe blanche se veut une histoire tout à fait passionnante. Elle suit les traces d'une jeune fille solitaire, et finalement guère ordinaire, qui découvre un monde inconnu et inattendu. A lire, c'est tout simplement captivant ! L'atmosphère africaine est bien rendue, l'auteur a passé son enfance au Zimbabwe, en bordure d'une réserve animalière. Son sujet n'est donc pas brodé à la légère.

Il est appréciable aussi de partager les conflits de Juliette, à l'école, avec sa grand-mère et dans la réserve, contre les braconniers. C'est à la fois poignant et léger, bien dans l'esprit actuel je trouve. Ce livre annonce une trilogie, à suivre donc ! Avec plaisir.

Lauren St John / illustrations de David Dean. 220 pages.

Coraline ~ Neil Gaiman

La famille Jones vient d'emménager dans une grande maison avec des pièces si nombreuses qu'elles ne peuvent être toutes occupées. Profitant que ses parents soient occupés à travailler sur leurs ordinateurs, Coraline entreprend d'explorer l'appartement. Elle découvre l'existence d'une porte noire fermée à clef et qui s'ouvre sur un mur en briques. Du moins, à la première tentative. Lorsqu'elle choisit de recommencer l'expérience, Coraline fait face à un univers identique à celui qu'elle connaît, avec des parents qui ressemblent aux siens, mais qui semblent plus disponibles. Autre anomalie : ils ont des boutons cousus à la place des yeux.
Ils se montrent aimables et aimants. Prêts à lui offrir tout ce qu'elle désire. Qu'est-ce que cela cache ?

Neil Gaiman, maestro des contes fantastiques, nous introduit dans un doux monde influencé par les oeuvres de Lewis Caroll et même par La famille Addams. L'univers est onirique, savamment inquiétant, et il ne faut pas s'arrêter aux simples apparences, mais traverser le miroir. Dans tous les sens du terme.
Suspense garanti. Ambiance délicieusement noire. Pas bien méchante non plus. Accessible pour les plus jeunes.

mai 2004

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23/05/07

Ces livres qui nous déconcertent ...

... mais qui gagnent à être connus !

Ce sont deux albums fort originaux qui, de prime abord, peuvent dérouter et rendre perplexe. Ce sont deux livres que j'ai appris à apprécier, lentement ... mais que je n'ai pas donné à ma fille. Je ne pense pas qu'à 7 ans elle soit apte à saisir la sensibilité de ces deux histoires. Pas encore, dirons-nous.

frisson_de_filleFrisson de fille

Louise s'ennuie. Tout lui semble rasoir. Où sont ses copines ? Elle aimerait encore jouer à se faire peur, à aimer Badblueboy en cachette, à être un frisson de fille. Et si l'aventure était encore possible ? Les forêts sont pleines de légendes et d'aventures, c'est connu. Louise y fait un tour, en quête de frisson. Et qui rencontre-t-elle ? Le grand méchant loup. Et qui vient à sa rescousse ? Badblueboy !

Il est encore séduisant, même avec cette barbe bleue. Mais que cache-t-il dans son manoir ? Avant, Badblueboy collectionnait les mouchoirs des filles... Maintenant, il fiche la trouille !

Oui, c'est une adaptation très moderne du conte Barbe Bleue de Charles Perrault. J'ai beaucoup apprécié le texte, avec un style d'aujourd'hui, pertinent et frais, tout en demeurant poétique. L'héroïne est fort sympathique, humaine, positive et développe des sentiments nouveaux (le désir, l'envie de plaire, la soif d'aventure).

Cependant, j'ai été plus dubitative sur les illustrations et l'impression qu'elles donnent. Ce sont des gravures sur bois réalisées par Isabelle Vandenabeele, je ne renie pas le talent, mais la forte prononciation du bleu-rouge-noir a bien du mal à emballer. Mais l'ensemble est cohérent et accentue l'ambiance inquiétante, entre la cruauté et l'effroi qu'un personnage provoque sur l'autre.

Autre précision : la morale est différente. La jeune fille trouve en elle la force de dépasser ses craintes et de prendre sa vie en main. De quoi insuffler au lecteur un vent de courage et d'assurance.

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Edward van de Vendel / Isabelle Vandenabeele * traduit du néerlandais par Daniel Cunin * (Le Rouergue)

Passons de suite aux Petits meurtres et autres tendresses :

petits_meurtresJ'avais très envie de découvrir l'auteur Kitty Crowther, ses illustrations ne manquent pas d'audace. Elles possèdent un singulier aspect désuet qui n'est pas pour me déplaire ... Mais l'univers de Kitty Crowther est totalement insolite ! Habituée aux ouvrages pour la jeunesse, elle s'est lancée dans un exercice nouveau : proposer un album pour adultes !

Ses Petits Meurtres et autres tendresses sont des histoires de couples sanguinolantes et acides, en 60 pages. Attention, ça peut faire mal ! Moi j'avoue avoir pensé à mon Maître (et mentor) Sir Alfred Hitchcock. Je suis sûre qu'il aurait raffolé de cet humour ... noir !

Car c'est dans cette ambiguité du "je t'aime - je te tue" que règne l'ambiance de ce livre. Les petits crimes du foyer, les déclarations à l'arsenic, les odeurs de soufre, le poignard affûté et toujours un cadavre pas très loin ! ... Je sais, ça désarçonne. On aime, ou on déteste. Chaque page se compose d'un dessin et d'une citation (cf ci-dessous).

Parce que j'ai trouvé ça abominable et démoniaque, moi j'avoue avoir aimé ! ...

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Depuis le temps que je lui disais d'acheter un téléphone portatif !

Kitty Crowther (Seuil)

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On ne parle jamais de dieu à la maison ~ Ariane Gardel

Ce premier livre écrit par Ariane Gardel ne ressemble en rien à un roman, c'est juste un album de souvenirs, un album d'images et des instantanés pris sur le vif pour conter l'enfance et l'adolescence de la narratrice. Des jolis moments de vacances et de périodes scolaires, des bouts de phrases les unes après les autres comme pour vider son sac. Entre les lignes, le douloureux souvenir de la maladie de sa mère et de sa mort. Bref, on retrouve dans ce patchwork quelques instants volés qui seront retraités dans les très beaux romans comme "Je préfère la comédie". Ariane Gardel s'offre un livre en guise de thérapie, elle écrit très bien. Ces petits bouts de rien se lisent comme un catalogue, c'est surtout plaisant pour avoir lu les deux derniers romans de l'auteur. Ce premier livre annonçait juste la naissance d'un auteur au talent prometteur.

mai 2004

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Pour les lecteurs de 7-11 ans

Voici 3 petits livres délicieux, parus chez Le Rouergue, dans la collection zigZag :

sidonie_quenouilleSidonie Quenouille est la nouvelle maîtresse de CM1 où est élève Adrien. D'ordinaire, c'est un garçon qui n'aime pas l'école et qui soupire dès janvier après les grandes vacances. Or, cette année, tout a changé : il est le premier levé, il court pour aller en classe ... bref il adore l'école ! C'est grâce à sa nouvelle institutrice, une Sidonie Quenouille fort originale, affublée de vêtements extravagants (des collants verts, un short rouge et un tshirt bleu "j'aime les baleines" le jour de la rentrée) et aux techniques d'apprentissage qui bousculent les idées établies. Les enfants en redemandent, par contre certains parents ripostent, l'inspecteur grogne...

Vraiment un texte attachant et drôle, où le personnage de la maîtresse loufoque est accompagné d'illustrations aussi cocasses ... un bel ensemble, une lecture revigorante et qui donne une vision tout à fait sympathique de l'école pour les enfants qui rechignent !

Annelise Heurtier / Aurore Petit.

vive_la_marieeA l'approche de la saison des mariages, vous pouvez offrir ce livre à vos enfants ! Vive la mariée est une histoire pour se détendre, pour rire, pour s'amuser. Les parents de Benjamin ont décidé de se marier ... après tout ce temps, avec un garçon aussi grand ! Qu'importe. La maman de Benjamin a toujours rêvé d'une robe blanche, d'une fête et souhaite qu'on ne la juge pas. La journée s'annonce donc extraordinaire, et même si la mamie fait un peu la tête, l'ambiance respire la bonne humeur. Depuis l'église, en passant par la mairie, pour arriver à la salle des fêtes ... tout le rituel est respecté. Même la panoplie des personnages (ronchons, enquiquineurs, pathétiques ou rigolos) est mise en avant. Attention, rien n'est caricatural ! Loin de là.

La lecture est drôle, pétillante et joyeuse. Vraiment une belle surprise, un bel instant pour se plonger dans la journée mémorable du mariage !

Vincent Cuvellier / Catherine Chardonnay.

A_mes_amouresEt je finis sur une note de lecture plus nuancée. Ce n'est pas que je n'ai pas aimé, c'est juste que je trouve cette lecture plus délicate et à proposer aux plus grands lecteurs, plus avisés.

La petite Rosalie vit avec ses deux mères, Natacha et Mélanie. Sa meilleure amie Lucie vit avec sa mère, elle est séparée du papa et a un nouveau copain... Ce livre propose donc une jolie variante de l'amour - que ce soit au féminin, au pluriel, cassé, réparé, éludé. C'est une interrogation sur les amours homosexuelles, hétérosexuelles, sur les familles recomposées. Honnêtement, c'est très bien fait.

Par contre, j'hésite à le proposer à un jeune lecteur. Les paraboles sont parfois subtiles, et même si les illustrations sont riches et démonstratives, j'ai toujours un doute. J'ai personnellement apprécié ces nuances et les finesses du texte de Claudine Galea. Elle écrit avec beaucoup de poésie, en jouant sur les mots. Si ce livre est "gay" et militant, il l'est surtout par son message joyeux en faveur de l'amour, universel par essence. A découvrir, chers parents !

Claudine Galea / Thisou.

A noter : Dans la collection zigZag, les livres sont tous joliment illustrés et se finissent sur une présentation facétieuse de leurs auteurs et qu'il est toujours intriguant de découvrir !

Mercredi, jour des enfants

Faites-vous partie de ces parents qui lisent une histoire à leur(s) enfant(s) le soir avant de dormir ? Cela commence par un livre, un petit deuxième ... et puis tiens, une histoire de la bouche (comme dit Miss C.), c'est-à-dire une histoire racontée par maman ou papa. Une histoire rien que pour elle !

salome_veut_une_histoireAvec ce livre, j'ai désormais trouvé de quoi mettre ma fille devant une vérité (SA vérité) :

Les histoires qui n'en finissent pas, ça va bien un moment ... mais au bout du compte, ça frise la mutinerie quand on ne veut pas dire FIN !

Salomé est une petite fille adorable et qui  voudrait que sa maman lui raconte une histoire rien que pour elle, une histoire inventée par sa maman, là, maintenant, tout de suite ...

La maman rechigne un peu, puis s'y colle. Et on s'embarque dans un délire de la maîtresse Isabel avec un ours brun ... et un mariage, des voyages, de l'amour etc. !

Salomé est bien contente, mais finalement elle préfère revenir aux bonnes vieilles habitudes. Un livre, pour changer ! suggère-t-elle doucereusement.

Un livre fort sympathique, sur le pouvoir de l'imagination, la magie des livres et les belles histoires qu'on construit avec un peu de tout et beaucoup de rien ! ... De quoi méditer et offrir à votre enfant une longue nuit de sommeil.

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Christine Naumann-Villemin / Marianne Barcillon (L'école des Loisirs)

petit_roi_de_revolieLà dessus, rebondissons avec :

Le Petit Roi de Rêvolie .

Place ! Place ! Petite ôde à la poésie à l'horizon ! Belles images, en illustrations et en texte ... car croyez-moi que cette histoire-là va vous être demandée chaque soir !

Le petit roi de Rêvolie règne sur un pays étrange. Un royaumini minuscule. Ce pays est peuplé par les Dredons de Kanaraplume. Ils sont énormes, blancs et moelleux. Toujours un peu endormis, paresseux et mitoufleux.

Il y a aussi une rivière où nagent des poissonges argentés. Les longs Travercoussins d'eau douce glissent majestueusement, en descendant le courant. Et des nuées de Bouloches volètent dans les airs, au-dessus des tourbillons. Quand elles se posent à la surface, bllob ! elles se font gober par un Draousse bien planqué, ou par une Taie d'eau rayée...

Et ça continue ! Je pourrais vous en raconter des lignes entières. Tout simplement ce texte est miraculeux ! Il décline avec jeux de mots et poésie le doux monde du Lit, de la Chambre, du Sommeil et des Rêves ... bien sûr !

Votre enfant sera attentif du début à la fin. Les illustrations sont chaleureuses et ne sont pas pour déplaire les petits lecteurs !

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Marie Sabine Roger / Aline Bureau (Girafon poche, Ed. Sarbacane)

pomeloBon allez, un Classique :

Les enfants aussi ont leurs incontournables. Et je crois que Pomelo va désormais figurer parmi nos "must-have" sur les tablettes de nos bibliothèques.

Qui ne connaît pas ce petit machin tout rose et qui a une trompe très, très longue ? ! Cela lui pose un problème, il voudrait bien trouver une solution ... mais les situations ne sont guère concluantes. (Par contre, on rigole bien !)

La deuxième histoire est celle où Pomelo a peur. On pourrait s'attendre à des terribles drames, comme nous servent chaque jour les journaux. Pomelo lui a peur des poireaux, des papillons, de perdre sa trompe ou son pissenlit. Normal, après tout, c'est son environnement. Sa maison.

Mais au lieu de distiller la paranoia et la crainte du Tout, Pomelo suggère des positions désopilantes !

C'est dit, c'est fait : Pomelo est notre nouvel ami ! D'ailleurs, c'est bien normal car ce livre est dédié à ma fille. Oui, en lettres noires imprimées ... pour elle, rien que pour elle ! .. Chut !

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Ramona Bàdescu / Benjamin Chaud  (Magnard)

22/05/07

L'étalon - D.H. Lawrence

EtalonC'est le premier livre que je lis de D.H. Lawrence et ce fut pour moi UNE REVELATION ! Quel esprit ! Quel style ! Quelle audace ! Et quelle absence de bienséance dans le fond de son discours ! C'est donc dans cette disposition bien établie que j'aborde la lecture de "L'étalon". On y croise un jeune couple marié, Lou et Rico Carrington, et la mère de cette Lady, Mrs Witt, Américaine pure souche, pleine de sarcasme pour l'Angleterre pudibonde et guindée.
Un jour, Lou croise un superbe étalon qu'elle désire acheter pour son mari. St Mawr a un caractère obtus, réputé dangereux, qui n'obéit qu'à son palefrenier, Lewis. Il rejoint l'écurie des Carrington, force l'admiration de la cour de leurs amis, avant que n'arrive l'accident.
Depuis qu'elle connaît cet étalon, Lou se sent complètement différente et porte un autre regard sur les hommes en général. St Mawr lui offre une émancipation, le mariage lui apparaît comme une forme de prostitution. Sa mère et elle décident alors de quitter le pays pour une contrée plus reculée et sauvage, deux hommes les accompagnent. Ces derniers  brouillent les pistes des rapports  entre les deux sexes, car leur vision non plus n'est pas guère glorieuse. Employés par des dames, ils se sentent dépréciés et développent un sentiment de "castration" de plus en plus ambivalent.

Ainsi se pose la dualité de ce roman court de D.H. Lawrence, publié en 1925 avant "L'amant de Lady Chatterley". "L'étalon" est classé parmi les chefs d'oeuvre de son auteur, outre son histoire ambigüe, le roman suggère une étude très inquiétante et nerveuse sur le déséquilibre entre les deux sexes, n'hésitant pas à piquer l'hypocrisie anglaise. Sur ce point, le personnage de Rachel Witt est brillant et exulte en "un étrange regard de triomphe dans ses yeux gris et de singulières rides démoniaques sur son visage", l'insatiable curiosité de cette mère qui cherche toujours "le serpent caché sous les fleurs"... "Encore et toujours cet intérêt morbide pour les autres et leurs actions, leur vie privée, leur linge sale. Et toujours cette soif secrète d'histoires personnelles et intimes. Et toujours cette critique subtile, et cette appréciation des autres, de leurs mobiles. Si l'anatomie nécessite un cadavre, la psychologie a besoin d'un monde de cadavres. L'étude du caractère, c'est-à-dire la critique et l'analyse personnelles, exige tout un vivier de psychés humaines attendant la vivisection. Un corps ouvert, bien sûr, cela sent. Mais rien ne sent davantage, au bout du compte, que l'âme humaine."
D.H. Lawrence avait le don de la formule qui marque, et son roman en offre des tas d'extraits. Faussement prude, ou s'amusant à ébranler cette certitude, truffé de sensualité décadente, jamais nommée, et plutôt habile, "L'étalon" appâte, renverse et donne quelques coups de sabot. Gare aux imprudents !

Phebus Libretto, 195 pages

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