21/05/07

Qui fait peur à Virginia Woolf ? - Gabriel Thoveron

qui_fait_peurL'histoire commence dans le smog londonien ; deux femmes sont aggressées par des individus suspects, et échappent de peu à leur tentative de kidnapping. Il s'agit de Vita Sackville-West et son amie Virginia Woolf. On découvrira bien vite que cet incident n'était pas fortuite, elles sont bien toutes deux les cibles de lettres de menaces et doivent trouver refuge dans la campagne anglaise, avant de gagner un château normand. Pour escorte, les deux dames bénéficient de l'aide précieuse de deux fins limiers, Sherlock Holmes et Arsène Lupin !
Le temps a passé pour nos deux héros, et pourtant leurs sens et leur intelligence sont toujours en éveil. Il leur faut déjouer les plans qui pèsent contre les deux dames, puis mettre la main sur un trésor anglais caché en France ! Voilà bien matière à une intrigue riche en rebondissements, et particulièrement truculente.
Les références aux êtres fictifs et réels s'enchevêtrent, fort enrichies de notes pertinentes pour appuyer toutes les théories proposées dans cette histoire. Vendu tel un "divertissement littéraire", ce "Qui fait peur à Virginia Woolf" est effectivement un exercice fort réjouissant, où deux rôles légendaires se prêtent main forte pour cette dernière enquête, le temps de raviver les bons souvenirs. "Nous appartenons à une race de dinosaures qui va bientôt s'éteindre, sans même peut-être laisser de traces... Un temps vient où être grand devient un handicap, où il faut laisser la place à la petitesse."
Les figures féminines ne sont pas en reste, leurs personnages sont brossés avec saveur. L'histoire fait plus la part belle à Vita Sackville-West, moins à Virgina Woolf, contrairement à ce qu'implique le titre (également un clin d'oeil à la pièce d'Edward Albee : "Qui a peur de Virginia Woolf").
Très enrichissante lecture, assez distrayante, mais l'intérêt se place un tantinet ailleurs ! ...

Le Grand Miroir, 170 pages. Janvier 2006.

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20/05/07

Petit déjeuner chez Tiffany - Truman Capote

petit_dejeunerBien entendu, j'ai vu et revu des dizaines de fois le film de Blake EdwardsAudrey Hepburn illumine de grâce et d'ingéniosité le personnage de Holly Golightly. En lisant la longue nouvelle de Truman Capote, j'ai mieux compris pourquoi il avait d'abord pensé à son amie Marilyn Monroe pour incarner son héroïne. Car Holly est définitivement une créature bouleversante, un être désemparé et désespéré, qui se décrit comme une petite bête sauvage, impossible à apprivoiser, et qui vole et virevolte ici et là, d'un pays à l'autre, à la recherche de sa propre maison.
Oui, comme le chat sans nom, trouvé un jour près d'une rivière, qui n'a toujours pas de nom car elle estime qu'il ne lui appartient pas et qu'un jour il trouvera aussi sa destination...

L'histoire commence donc par le retour du narrateur dans la rue de la vieille maison brune où il fut locataire, à la même adresse que cette “voyageuse de commerce”, qui sonnait chez l'un ou l'autre pour rentrer chez elle à des heures indues. « Elle portait une mince et fraîche robe noire, des sandales noires, un collier de chien en perles. En dépit de son élégante minceur, elle gardait l'air de santé des petits déjeuners aux flocons d'avoine, l'air de propreté des savons au citron et des joues assombries d'un rouge sommaire. La bouche était grande, le nez retroussé. Une paire de lunettes noires obturait ses yeux. C'était un visage ayant passé l'enfance mais tout près d'appartenir à la femme. »
Holly Golightly, ou l'apparition céleste.
Elle deviendra une très grande amie du narrateur, écrivain débutant, mélancolique dans l'âme, qui s'attache sans reconnaître la profondeur de ses sentiments pour sa voisine. Holly fréquente des hommes, beaucoup d'hommes. Tous de Bon Samaritain, qui l'entretiennent financièrement et lui promettent monts et merveilles, avant de s'échapper sur des petits billets embourbés de fausse galanterie.

Pour Holly, le narrateur a tout d'un Fred, qui est en fait son petit frère engagé dans l'Armée et qu'elle n'a pas revu depuis des années. De sa vie, Holly n'est guère prolixe. Elle cache sa propre misère, laisse parfois entrevoir “son cirage” que seule une virée chez Tiffany permet de calmer. « La sérénité, l'air de supériorité. On a le sentiment que rien de très mauvais ne pourrait vous atteindre là, avec tous ces vendeurs aimables et si bien habillés. Et cette merveilleuse odeur d'argenterie et de sacs en crocodile. Si je pouvais trouver dans la vie un endroit qui me procure la même impression que Tiffany, alors j'achèterais quelques meubles et je baptiserais le chat. »
Ce ne sont pas les diamants qui fascinent Holly, mais une quête impossible - inaccessible ?

Plus triste et attendrissante, l'héroïne de Truman Capote est attachante, même si elle refuse qu'on s'accroche à elle. Résignée sur son sort, sur la vie et son amertume, Holly Golightly m'apparaîtra désormais bien différemment sur les écrans, quand Audrey Hepburn glissera ses escarpins sur le bitume, tout en sirotant son café devant les vitrines du Tiffany...

[L'édition s'accompagne de 3 autres textes : La maison de fleurs / La guitare de diamants / Un souvenir de Noël. ]

Gallimard, folio. 188 pages.

Instant de grâce, ici !

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19/05/07

Quelques dernières séances ...

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Rendez-vous dans les Salles Obscures ...

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Sex and the City - Candace Bushnell

sex_and_the_city_3Les choses sont claires : Sex and the City par Candace Bushnell n'a rien à voir avec la célébrissime série tv, qui s'est plutôt adaptée à deux, trois anecdotes et à l'esprit en général de cette chroniqueuse new-yorkaise, rapportant avec esprit et légèreté la quête impossible du grand amour dans la ville de New York.

A Manhattan, les célibataires sont nombreux, ils sont passablement beaux, riches, ont des métiers palpitants, ils fréquentent les lieux branchés (clubs, restaurants, bars) et pourtant ils sont seuls, fichtrement seuls ! Impossible de trouver l'âme soeur à Manhattan !

En croquant les aventures de ses camarades et rencontres de passage, la narratrice de Sex and the City (qui n'est pas Carrie) n'y va pas par quatre chemins et démontre combien les sentiers new-yorkais sont sans pitié. Avis aux cruches et aux romantiques, ne croyez pas au Prince charmant, vous risquez de perdre vos belles illusions en vous cognant de plein fouet contre un mur !

Dans ces chroniques, on y croise une certaine Carrie qui fréquente le Boss. Plus on avance dans le livre et plus on découvre que leur relation tient la route, Carrie s'entiche de son Boss, qui est un homme bourré de séduction mais qui laisse planer le doute de l'attachement (ça ne vous rappelle pas un certain Mr. Big ?). Mais honnêtement, il faut vite éloigner les souvenirs de la série tv, sous peine d'une grave frustration !

Ce livre de Candace Bushnell est une lecture agréable, pas transcendante. Elle donne l'aperçu des Pintades new-yorkaises, pas si midinettes, qui vivent de sexe, de rencontres sans lendemain, et si le miracle s'accomplit, nos célibataires s'installent en banlieue et deviennent des clichés bêtes, ennuyeux, ravagés par le spectre de la tromperie et du gagatisme qui plane comme une vilaine ombre !

En somme, Candace Bushnell est une cousine très, très lointaine d'Edith Wharton qui, en son temps, racontait également les déboires amoureux de new-yorkais du beau monde. Désormais, ça sonne ainsi : " Bienvenue dans l'ère de l'innocence perdue. Les lumières rutilantes de Manhattan brillent toujours, qu'avait choisies Edith Wharton comme de toile de fond à ses romans d'amour qui nous faisaient battre le coeur, mais la scène est vide. Plus personne ne prend son petit déjeuner chez Tiffany, plus personne ne cultive le souvenir de ses aventures amoureuses. Non : aujourd'hui, nous avalons une tasse de café à sept heures du matin et essayons de les oublier aussi vite que possible. Comment en sommes-nous arrivés là ? ".

Livre de Poche, 285 pages.

sex_and_city_kiss_and_tell_1Si vous souhaitez lire LE livre qui ne parle que des 6 saisons de cette série incontournable, jetez-vous sur cette bible :

Sex and The City, Kiss and Tell

par Amy Sohn & Sarah Wildman.

Look inside !

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18/05/07

Mais ils épousent les brunes - Anita Loos

Mais_ils_epousent_les_brunesCette fois-ci, Anita Loos nous raconte comment Dorothy, élevée dans un parc d'attractions ambulant, s'en vient à New York, fréquente les intellectuels à l'hôtel Algonquin, devient girl des Ziegfeld Follies, rend amoureux le milliardaire Charlie, mais préfère le minable saxo Lester, puis ...
Bref, nos deux héroïnes ont fait leur chemin. Lorelei est mariée, débute une nouvelle carrière dans le cinéma qu'elle arrête car "un quelque chose" s'est présenté. Retirée à la campagne, elle va ensuite se lancer dans une voie littéraire et souhaite écrire un livre sur la vie de son amie Dorothy.
Honnêtement j'ai nettement moins apprécié ce livre, toujours drôle, mais les folles péripéties de Lorelei en Europe me manquent. La figure de Lorelei, tout court, me manque ! Dans ce livre, on s'intéresse davantage au devenir de Dorothy Shaw. Une nouvelle page s'écrit et, malgré le talent et l'esprit de l'auteur, l'étincelle n'est plus la même. C'est plaisant, mais moins engageant.

Gallimard, folio. 150 pages

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Les hommes préfèrent les blondes - Anita Loos

les_hommes_preferent_les_blondesLorelei a quitté Little Rock en Arkansas pour débuter dans le cinéma avant de s'installer à New York et vivre "aux crochets" des hommes nantis d'une bonne fortune. C'est une jeune femme charmante, elle fréquente un certain M. Eisman qui lui donne de quoi subvenir à ses besoins "pour parfaire son éducation" ! Il poussera même le projet jusqu'à l'envoyer en Europe (à Londres, Paris et Budapest) en compagnie de son amie Dorothy, une fille au franc-parler qui désespère notre jeune héroïne. En Europe, les observations des deux filles sont sources de moments cocasses et loufoques, mais toujours élégants et avec bienséance ! La naïveté avec laquelle s'emploie Lorelei à rapporter ses histoires est touchante et amène à sourire.
Lorelei tient un journal, sur l'initiative d'un bon Samaritain qui lui a dit "comme ça que lorsqu'une jeune personne a des dons intellectuels, elle doit en tirer un meilleur parti". Et effectivement, c'est très drôle ! C'est même plutôt spirituel, car cette ravissante Lorelei est une opportuniste séduisante et qui se défend d'être arriviste. Son art s'élève à charmer les gentilhommes aisés pour lui offrir bijoux, restaurants, sorties et entrées dans le Monde ! Est-ce sa faute si "les hommes préfèrent les blondes" et succombent à ses traits d'esprit ? !
La liste de leurs aventures est longue, mais tordante. Si vous connaissiez le film avec Marilyn Monroe, il faut absolument lire ce livre d'Anita Loos qui était une figure littéraire à son époque, dans les années 20. C'est très différent du film, même si les grandes lignes s'y trouvent, et c'est un régal !

Gallimard / folio.  185 pages

Ma nouvelle devise : Vous comprenez, le champagne, moi, ça me rend toujours philosophe ; ça m'aide à comprendre qu'il n'y a rien à faire, lorsque la vie d'une jeune fille semble marquée comme la mienne du sceau du Destin.

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17/05/07

Pour qui vous prenez-vous ? ~ Geneviève Brisac

L'influence anglo-saxone est grande dans le recueil de nouvelles de Geneviève Brisac ! Tour à tour les ombres de W. Auden, Virginia Woolf, Isabelle Archer et Henry James survolent ces pages au léger goût de soufre. Geneviève Brisac écrit le désespoir, la douleur et la presque-folie. Ses personnages valsent de nouvelles en nouvelles, d'une page à l'autre on les retrouve transportés dans d'autres histoires et états d'âme. Car Geneviève Brisac nous parle de ces choses simples et tranchantes: la peur de voyager, la peur de mourir, la peur de ne plus aimer ou être aimé. En onze nouvelles, elle plante son lecteur dans ce décorum qui laisse parfois perplexe, enchanté ou cynique. L'auteur a une plume vive et incisive, elle nous transperce ainsi que ses personnages de papier. La narratrice est soit fâchée de ne pouvoir ouvrir une fenêtre dans un taxi pour cause d'air conditionné, s'offre des vacances et rencontre une gardienne qui jure de venger sa soeur battue par son compagnon, ou tremble de perdre l'homme qu'elle aime et qui se noit sous ses yeux, s'envole en Louisiane pour des vacances d'envers du décor ou à Cancun en compagnie d'un cercle de poètes qui sentent la bière et l'huile solaire... Le monde de Geneviève Brisac n'est pas édulcoré, tout est souvent sinistre et railleur. Ils s'appellent Max, Gerbert, Melissa Scholtès, Mélinée ou Madame Archer. Ce sont des êtres qui souffrent (en silence), qui frisent la folie ou le désespoir. Ils témoignent d'une société qui vote l'inconscience, téléphone par mobile, part skier près d'un pays en guerre ou part un week-end à la campagne. Au fil des pages, la narratrice, aidée par l'auteur très en verve, regarde le monde et nous ouvre les yeux. Avec elle, on sent la honte de la puérilité, le trouble de la mort et on regarde ces oiseaux noirs de malheurs : les corbeaux. ("C'est l'un des animaux les plus proches de l'être humain. ça les rend intelligents, névrosés, cruels, intéressants, tendres aussi.") Le livre de Geneviève Brisac est tout ça aussi : tendre, violent, intelligent et attachant. La lecture n'en laisse pas moins perplexe mais "Pour qui vous prenez-vous?" recèle un charme indicible, un peu poète et beaucoup désespéré. "Dans l'eau, je me suis mise à pleurer sans crier gare. Des litres de larmes dans des litres d'eau. Les larmes faisaient des trous dans la mousse, comme des puits creusés par des puces de sable, par des lombics. Des tunnels de larmes pour aller nulle part."

mai 2004

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Désagrégé(e) ~ Christophe Ono-dit-Biot

César a loupé son agreg, et il s'en faut de peu pour qu'il soit sur la liste des admis (c'est lui le "premier collé"). Une idée germe dans son esprit retors: récupérer la place d'un admis et pour cela pourquoi pas l'éliminer ?.. En cible, son meilleur ami Arthur. Tous deux partent en vacances à Cuba; pour César son plan doit fonctionner, il rentrera agrégé dès son retour au pays. Evidemment les choses vont se corser, sur l'île du Lézard Vert les plaisirs paradisiaques vont embrumer les esprits souvent pris d'alcools des deux jeunes gens. César, entre scrupule et calcul, va tenter de redonner goût à la vie à Arthur, en couple depuis six ans et donc qui traverse une crise existentielle. Les deux compères vont se perdre en rencontres, sorties et autres épopées "calientes". Pour conclure à un dénouement assez inattendu...

Bref, ce premier roman de Christophe Ono-dit-Biot est l'histoire d'une jeunesse désolée et perdue dans des échecs sociaux, sentimentaux et ...scolaires. César est le jeune homme qu'on abhorre par excellence, grand et petit joueur à la fois. Incapable d'encaisser l'échec de son agreg, il pense avoir loupé complètement sa vie. Mauvais, il en veut aux autres et du coup abuse du système : il boit trop, attise les jeunes filles, couche trop vite et se sauve au petit matin, se joue de la vie comme d'une partie de pocker. Résolu mais pris de remords, César pourra-t-il atteindre son objectif ??? Pour cela, l'auteur use (et abuse) de 245 pages pour dépêtre son personnage cynique et un rien dandy. César, le Surcouf des amphithéâtres, a 23 ans, il n'est ni fou ni amoureux, et va commettre un crime. D'emblée, son histoire est tracée. Christophe Ono-dit-Biot fait valser sa plume pour créer ce ton blasé et auto-dérisoire, parfois lourd à lire. Trop de cynisme finit par tuer l'assassin. Et puis, il aurait été préférable d'abréger de quelques chapitres l'histoire qui a tendance à s'enliser vers la fin ... mais bon. Petite erreur de jeunesse somme toute pardonnable. "Désagrégé(e)" est un roman cocasse, écrit subtilement (et aussi pointilleusement). L'écriture captive ou lasse (parfois). L'auteur signe un bon petit roman intéressant, mais qui ne s'inscrira pas dans les annales.

mai 2004

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Le vol des aigrettes - Sue Monk Kidd

vol_des_aigrettesJessie reçoit un coup de fil de l'île des Aigrettes, là où elle a grandi avec son frère Mike et leurs parents, avant de quitter les lieux précipitamment quelques années plus tard. Trop de mauvais souvenirs, dont la mort de son père, pour laquelle elle s'est sentie responsable.
Elle est aujourd'hui mariée à Hugh, un homme charmant et intelligent. Elle peint des petites boîtes et surmonte le départ de sa fille Dee pour l'université. Mais la façade lisse de sa belle vie idyllique s'effrite, car Jessie s'ennuie sans l'admettre officiellement.
Ce coup de fil, finalement, est un sursaut pour elle. On lui annonce que sa mère s'est intentionnellement tranchée un doigt, qu'elle a besoin de sa fille et qu'il faut à Jessie le courage d'effectuer ce retour vers le passé.
Son arrivée sur l'île s'accompagne de grandes bouffées d'asphyxie, de nostalgie, de douleur et de tristesse. Aux grandes questions qui impliquent la santé de sa mère, viennent aussi celles sur la mort de son père, sur ce qui a poussé toute une famille à éclater après ce drame. Et puis, il y a ce moine bénédictin, Frère Thomas, qui trouble et attire Jessie. N'étant plus sûre de sa vie de couple, elle se sent prête à sauter le pas pour de nouvelles expériences, affronter les fantômes et brusquer sa mère et leurs amis pour connaître les secrets.

J'avoue avoir lu ce roman car j'avais beaucoup aimé le premier livre de Sue Monk Kidd, "Le secret des abeilles". Bon, cette fois-ci je suis un peu moins emballée mais assez séduite par ce talent qu'a l'auteur de créer une réelle ambiance, une atmosphère réconfortante avec des personnages terriblement attachants.
Il y a toujours un fond mystique et religieux dans ces histoires, ici on prend connaissance d'une mystérieuse chaire ornée de sirènes sculptées, en hommage à une sainte qui, selon la légende, a abandonné sa condition de sirène pour se convertir au catholicisme. Toutefois, cela n'affecte pas davantage la lecture ni l'histoire.
La couverture n'est pas très réussie non plus et peut inviter le lecteur à la confusion. Ceci n'est pas un roman sentimental, juste un peu, mais c'est surtout le portrait d'une femme qui a une quarantaine d'années et qui traverse une crise. Il est, enfin, intéressant de se pencher sur une telle situation. Il est fini de s'imaginer que seul un homme peut connaître "le démon de midi". Car ici Jessie s'échappe de sa vie conjugale, de son cocon et va connaître des sensations nouvelles qu'elle va écouter, et non plus étouffer.
C'est une lecture séduisante, avec ses qualités et ses défauts, mais on en sort plutôt ravi.

JC Lattès, 380 pages / Avril 2007.

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16/05/07

Des experts, une mariée et quelques déesses...

Suivez le titre et vous aurez le programme du jour ! 

petits_expertsD'abord, Les petits experts

Présentation de l'éditeur
Mais qu'est-ce que les petits experts fabriquent avec tout ce matériel ? Ils jouent à police scientifique bien sûr ! La règle du jeu ? Amitié, humour et imagination. Pas besoin de vrai crime ! Mais attention : à force de chercher des indices, on finit par trouver des suspects...

C'est notamment parce que Miss C. vient de perdre deux dents en un temps record que j'ai été intriguée par cette couverture. Et puis, le titre me plaisait ... Comme j'aime suivre la série tv du même nom, j'ai trouvé plutôt cocasse qu'on enseigne aux enfants ce qu'est la police scientifique à leur petite échelle.

Les personnages sont drôles : Patty, Miloch, Doudoune, Babine et Fafou. Ce sont des chiens qui décident de lancer un nouveau jeu, pour faire comme à la télé ! Nos amis vont chercher des indices avec leurs loupes, ne pas brouiller les empreintes grâce aux gants, faire des moulages de leurs dents et mettre la main sur un pick-pocket grâce aux preuves prises par des photographies et en réunissant des témoignages. Ce sont des enquêtes de terrain, par contre il n'y a jamais de meurtre ! Les crimes sont légers, et parfois ce sont nos petits enquêteurs qui les créent !

Evidemment, ce livre n'a rien à voir avec les dents (mise à part l'histoire "Pâte à dent", mais ce n'est pas dans le sens que j'espérais !). Le sommaire de ce livre propose 3 textes, plus des séquences d'observation et de devinettes. Un bon livre sympathique, et qui peut initier l'enfant à la lecture de la BD.

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Les petits experts, par Nordine Bouguerine & Juliette Boulard (Albin Michel Jeunesse)

mariee_etait_trop_bellePassons encore à un livre plein d'humour : La mariée était trop belle

Cela raconte l'incroyable aventure de Philomène la couturière qui rêve du jour où ce sera son tour de se marier. Elle brûle d'envie, essentiellement parce qu'elle s'imagine la robe fabuleuse qu'elle pourra se confectionner !

Et puis, Philomène a enfin un fiancé : Tino, le mécano. - Eh bien, ce n'est pas trop tôt ! se dit notre couturière. Aussitôt, elle commence à penser à sa robe de mariée. Elle a un tas d'idées en tête, un peu trop peut-être...

Elle sacrifie ses dimanches, ses rendez-vous avec Tino tant elle est occupée à sa besogne. Vivement le jour des noces, pense son fiancé qui fait grise mine. Et le jour J, que ne voit-on pas venir ? !

Vraiment, c'est très, très drôle ! La tête du Tino quand il découvre sa dulcinée, perdue dans ses froufrous et ses dentelles, présentée dans son amas d'étoffe blanche ! ... ah oui vraiment on en rigole !

Ce livre figure dans la collection Girafon Poche des éditions Sarbacane, qui propose à des prix abordables les plus grands succès de leur catalogue. Miss C. a craqué pour toute une floppée de titres !

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La mariée était trop belle, par Beatrice Masini & Anna Laura Cantone

Celui-ci était avant tout pour moi, mais offrez-le aussi aux enfants car ils vont se régaler !

kamisamaKamisama, les contes de la colline

Présentation de l'éditeur
La déesse de la colline existe-t-elle vraiment ? Qu'est-ce qu'un cerisier électrique ? Shimashima, le chaton au grand cœur, retrouvera-t-il le chemin du monde des vivants ? Bienvenue dans le monde merveilleux de Kamisama ! Entre manga et conte, cet Alice au pays des merveilles nippon regroupe plusieurs récits féeriques, drôles et émouvants à la fois. Une série de mangas entièrement en couleurs, véritable invitation au rêve et à la poésie.

C'est un livre magique, féérique et drôle !

Si vous aimez l'esprit "manga", vous allez succomber : l'émotion donne la main au burlesque, la poésie laisse éclater ses couleurs grâce aux illustrations enchanteresses, les tons sont doux, un peu sucrés.

Pour les enfants, c'est également très commode car les dialogues sont peu nombreux. Ils pourront avant tout se repaître les yeux grâce aux images. Et puis les histoires sont craquantes : peut-on rêver un instant ? les petites déesses existent, elles sont cachées, elles vivent sur la colline ou dans les cerisiers, elles viennent en aide aux chats égarés... C'est très joli, ça communique un confort moelleux, c'est une invitation à imaginer et perdre la tête dans les étoiles.

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Kamisama, par Keisuke Kotobuki (Editions Ki-oon)