02/06/07

Les paradis de Prunelle ~ Marie Ndiaye

Odilon, le garçon, se retrouve tout seul un été. Sa soeur, Prunelle, est emmenée à l'hôpital. Les jours passent et aucune nouvelle de Prunelle... Puis un jour, une petite fille qui ressemble à Prunelle est assise sur le banc où vient tous les jours s'assoir Odilon. Cette fille qui semble être Prunelle a les jambes longues et ses pieds touchent l'herbe, son visage est pâle et ses mains sont tout le temps froides. Cette Prunelle va parler à Odilon de son étrange voyage dans tous les paradis. Elle a découvert des milliers de choses mais elle a toutefois remarqué qu'il manque toujours une chose au paradis. Prunelle tente de l'expliquer et Odilon tente de la comprendre. Pas facile.. Sa soeur est-elle sous l'emprise d'un charme ?.. Et pas évident de partager cette discussion avec des parents qui semblent effrondés, prêts à fondre en larmes quand on évoque le retour de Prunelle... Heureusement la tante Peggy va aider le jeune garçon, l'écouter, lui parler et lui expliquer comment faire revenir sa soeur.

"Les paradis de Prunelle" est une histoire assez dure pour un lecteur d'au moins douze ans. Le thème est grave (la mort ? la perte d'un être cher ? la disparition ? l'au-delà ?.. ). Marie Ndiaye tente une percée dans la littérature jeunesse qui ne semble pas gagnée. Dommage pour cette auteur très prometteuse, à la plume souvent pointilleuse et acérée. Avec "Les paradis de Prunelle" elle chute à conter une histoire jolie et légère, loin de là. C'est froid, solennel, presque brumeux. Qu'on aime ou pas, les illustrations de Pierre Mornet rendent compte de cet univers non édulcoré, presque translucide et phantasmatique. C'est une lecture à recommander pour ceux et celles qui apprécient l'auteur, mais pas évidente pour le public auquel elle était sensée être destinée.

juin 2004

Posté par clarabel76 à 15:34:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Un peu d'Histoire ... (sans ripailles)

couleur_du_crimeAmiens, 1269. Mélisande vit avec son père, maître verrier. Elle partage avec le Frère Arnolphe, l'apothicaire de l'Ostelerie Dieu, son engouement pour les herbes et étudie cette science grâce à un accord exceptionnel de l'évêque, car apprendre cet art est jusque-là réservé aux hommes.
En ce jour de juin, la ville est bouleversée par la découverte du meurtre de l'ancienne nourrice de Mélisande. La jeune fille veut découvrir qui pouvait en vouloir à une femme si bonne.
J'ai particulièrement apprécié ce roman, très bien écrit, dans un style soigné et qui introduit les termes médiévaux, avec explications en bas de page, le tout dans une ambiance très nettement respectée de cette région picarde du 13ème siècle. L'histoire, ensuite, est parfaitement menée. L'intrigue tient le lecteur en haleine jusqu'au dernier chapitre, certes cela se termine un peu vite, mais l'appréciation générale de cette lecture invite à découvrir d'autres romans de cet auteur !

La couleur du crime, par Martine Pouchain - Castor Poche, chez Flammarion. 140 pages. Septembre 2006. 5 euros.

La première phrase : Cézeille Grimaud poussa un seul cri étouffé comme si elle avait craint de déranger le voisinage. Elle avait déjà perdu connaissance lorsque son assassin s'acharna sur elle à coups de tisonnier, et une large flaque tiède se mit bientôt à progresser autour de son corps inanimé.

Brrr !

orangers_de_versaillesMarion, la fille d'un jardinier du château de Versailles, a été choisie pour servir la favorite du Roi Soleil, madame de Montespan. Eblouie par la beauté de la maîtresse royale, Marion ne s'aperçoit pas tout de suite des revers que dissimulent les gentillesses de la Marquise. Exigeante et capricieuse, vouant une haine farouche à la Reine, madame de Montespan révèle un tempérament ignoble et indigne, ce qui bouleverse la jeune fille.
Marion est délicate, élevée seule avec son père depuis la mort de sa mère, sensible à l'odeur du sang. Elle parvient à se faire remarquer car elle sait lire et écrire, et surtout parce qu'elle a un talent particulier : elle sait créer des parfums grâce à son odorat exceptionnel et sa connaissance des plantes.
La Marquise de Montespan va exploiter ses richesses, meurtrissant la fillette de 14 ans qui a conscience d'avoir été abusée par cette fausse belle personne. De plus, Marion découvre une face cachée chez la Montespan : ses penchants morbides pour les messes noires et un complot terrible pour empoisonner la Reine !
Alors notre jeune Marion va bien entendu déjouer cette machination, dénoncer la favorite et rencontrer le Roi en personne. Je ne vous dévoile pas le destin hors du commun qui attend notre humble demoiselle, mais bon... j'étais fort sceptique sur bien des passages ! Non je ne veux pas dire que je n'ai pas été touchée par ce roman. Au contraire ! J'ai même trouvé que le cadre, les personnages et la reproduction des faits historiques étaient scrupuleusement brossés. C'est même une riche idée de proposer ce livre à des jeunes lecteurs, ils en apprendront forcément des choses sur Louis XIV !
Mais personnellement j'ai trouvé que cela fleurait bon la guimauve, un peu trop cucul la praline, surtout vers la fin.

Les orangers de Versailles, par Annie Pietri - Bayard - 220 pages.  11,50 euros

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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