07/06/07
A Garonne - Philippe Delerm
A Garonne est le souvenir d'un homme pour une maison, celle de ses grand-parents, à Malause dans le Tarn-et-Garonne. C'est La maison où ses parents et lui descendaient chaque été pour y couler leurs jours heureux, échappant à une année confinée dans un logement de fonction en Ile-de-France (ses parents étaient instituteurs).
La maison de Malause est la parenthèse idyllique, bucolique et nostalgique d'un homme devenu écrivain et qui aujourd'hui se penche sur sa feuille pour y déposer toutes ses émotions. Du goût des échappées à vélo, du plaisir d'aller à la pêche, des souvenirs du bal et des filles aux robes blanches, de la grand-mère ou du grand-père qui occupaient une chambre séparée, de la quête des racines, des copains du village... Ce sont tous des moments à jamais gravés dans les mémoires.
En écrivant ce livre, Philippe Delerm prend le pari de livrer une part intime plus audacieuse qu'auparavant. Lui qui voue son écriture à la restitution d'instants fugitifs, à l'intensité des sensations d'enfance atteint avec ce récit une grandeur qui est très émouvante. Dans les dernières pages de son livre, il explique ce que devient cette maison après la mort de ses grand-parents, qu'elle représente toujours un point d'ancrage pour toute la famille et qu'elle porte désormais le nom de La Mascagne, "la maison de ses racines".
Par certains aspects, ce livre me fait penser à La Gloire de Mon Père de Pagnol, et si j'éprouve une grande affection pour ce condensé de souvenirs de l'enfance, c'est aussi parce qu'il pointe le doigt sur l'importance d'une Maison dans l'Histoire d'une famille, et parce que tout n'est pas idyllique. "Pas évident de vivre ensemble quand on ne vit plus ensemble. Et puis, au coeur de la famille, chaque famille a son évolution, son destin. Le quotidien n'est pas si simple à moduler, quand les systèmes de vie s'éloignent et que l'affectif apparaît toujours en filigrane, dans les moments passés ensemble. Mais tout cela, nous le savions à l'avance. Les idées les plus fortes, celles qui nous font vivre, sont les plus difficiles à incarner. Les plus belles. La Mascagne est là. Une maison à partager, par le présent, par la mémoire."
Voilà, c'est tout simple et sensible à la fois. Moi j'aime beaucoup.
135 pages - Nil, mars 2006 - Points, mai 2007.
Commentaires
Dès que ça parle demaison, ça m'intéresse, c'est grave docteur? Je l'ai noté et je vais me le garder pour mon panier de vacances...
Tentatrice, va !
Clarabel, ce n'est pas beau de tenter ses copines blogueuses qui ont déjà plein de livres à lire ! ;o)
Bon ben comme dit sur mon blog, ce livre est déjà sur ma LAL A CAUSE DE TOI... enfin non, je dois l'avouer, je préfère dire GRACE A TOI. :o)
Je le finis cet après-midi,je trouve le style de Philippe Delerm très agréable...la similitude avec Pagnol n'est pas fausse pour ce livre là,même si je lui préfère Jean Giono ;)
moi qui me dit depuis longtemps que je devrais essayer de lire d'autres livres de Delerm (mais j'ai tant adoré Autumn que j'ai toujours un peu peur!!!) tu crois que celui_là????
Tu sais, Autumn était un livre A PART dans la bibliographie de Monsieur Delerm !
Aussi je pense que tu devrais plutôt lire Sundborn, ou Les jours de lumière pour continuer cette belle rencontre ! ;o)
Cathulu, c'est une excellent idée de le lire en vacances ! C'est tout ce qu'il respire, transpire, invite à faire ! :)
Caroline, ce livre n'attend que toi ! Tu me fais signe, si ça te dit ! ;o)
Bonjour & Bienvenue Mirontaine ! C'est toujours très agréable de lire du Delerm, je m'en aperçois à chaque fois que j'ai le nez plongé dans ses livres ! Ce goût des vacances et d'un parfum d'autrefois me faisait penser à Pagnol, oui. Je ne connais pas bien Giono pour comparer, mais si tu le dis, je te crois volontiers ! ! !
Je vous invite à lire Bonheur tableaux et bavardages très beau aussi...en écoutant"Les piqures d'araignées" de Vincent et pourquoi pas admirer deci delà les aquarelles de Martine la maman...Mirontaine tombée depuis quelques années déjà sous le charme de la famille Delerm...
Tombée dans la fontaine des Delerm !
J'aime ça, une accro !!! ;o)
Forcément, Delerm ! Bonne nuit Clarabel !
Très bon conseil à...
Lamousmé pour "Sunborn..." http://fenetresurlacour.canalblog.com/archives/2006/12/15/3433443.html#comments J'ai lu "A Garonne" et je lis depuis ce matin "la sieste assassinnée" Mon préféré, pour l'instant, c'est "Sunsborn"...Tout y est!
Caroline, j'aime bien quand tu parles tout simplement d'un "livre peint" ! Cela colle à merveille, ne cherchez pas : voilà c'est dit !
Je suis persuadée que ce livre collera parfaitement à l'univers de Lamousmé !
Une conspiration !
Oui, Madame Clarabel ! Je me demande si vous n'êtes pas à l'origine d'une conspiration à mon égard... J'm'explique ! :o)
Hier soir, j'ai découvert que sur le quai de ma gare, où je prends mon train tous les matins pour me rendre au travail, il y a une double affiche, une énôôôrme affiche, pour "A Garonne" !
C'est donc une énorme conspiration qui s'est mise en route, le destin me parle et me dit : "Caro[line], tu n'as plus le choix, tu dois lire "A Garonne" !" :o)
Donc, Clarabel, ça y est, je t'ai envoyé un mail. :o)))
Je viens juste de retenter l'envoi d'un mail en privé, Clarabel.
C'est bon ! ;o)
Et je signale être parfaitement étrangère à cette conspiration ... l'auréole scintille de mille feux au-dessus de ma tête ! ! ! :)
ohhhhhhh merci les filles de vous occuper de moi!!!!! ;o)
J'ai vraiment adoré ce livre, mais ce qui était particulièrement étonnant, c'est que je voyais des paysages et des sensations de mes propres vacances chez mes grands parents dans le lot et garonne ( pas très loin, mais quand même...) Il y avait une telle proximité entre certains de mes souvenirs et les siens que s'en était presque étrange.La lecture faisait remonter en moi certaines images, odeurs sensations, qui étaient de véritables souvenirs d'enfance, et qui recouvraient presque trop ce que j'étais en train de lire.Bon, je ne sais pas si je suis très claire là...excuses...
Non, tu es très claire !
Justement avec Delerm, pour moi qui ne connais pas cette région de France, c'est un bonheur d'y plonger car on ressent les odeurs, les sensations perdues de l'enfance, on goûte les bonnes choses, on revit un pan d'une histoire qui n'est pas la nôtre, mais qui y ressemble et rappelle donc les souvenirs ...
Enfin c'est universel, tu vois ! La douceur, le bonheur, le trouble ...
Ca y est, je l'ai fini !
Des petits moments de plaisir, qui permettent de ralentir le temps, de se poser et de savourer.
Merci Clarabel !
Oui, c'est tout à fait ça ...
Et cela égaie un peu le ciel de ce sinistre mois de juin, et très bientôt juillet !
Bouh ! :(
Une super lecture. Mais...
Comme vous autres, j'ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre. Ce qui m'a intéressé dans l'analyse dans ce blog, c'est la comparaison avec les souvenirs d'enfance de Pagnol: moi aussi, j'ai beaucoup pensé à Pagnol en lisant A Garonne, mais j'ai trouvé une grande différence au niveau des portraits des personnages. Pagnol a vraiment fait vivre toute sa famille, tandis que - pour moi - Dellerm évoque de façon saissisante l'endroit mais les personnages qui y figurent restent-ils un peu anonyme. N'est-ce pas?
Oui, tout à fait !
Delerm est un écrivain qui aime faire partager les sensations, faire "sentir" les choses, remuer les émotions du lecteur ...
C'est un orfèvre, dans son genre.
L'idée de le comparer à Pagnol relève plus du fait que tout deux parle du Sud et de l'enfance avec cette douceur, cette belle nostalgie qu'on boit avec délice !
A bientôt, j'espère, Ibdougie !
Pilou, Philippe et moi.
C'est un livre superbe,il me rappelle des souvenirs de jeunesse passé avec l'auteur à Malause.
Je me prénomme également comme lui, j'ai le privilège d'avoir partager avec son cousin Pilou de bon moment de vacances et je le remercie pour m'avoir cité dans son livre.
C'est un personnage super gentil qui à su rester simple.
J'ai l'occasion de le rencontrer lorsqu'il vient passer quelques jours de vacances, cela me fais énormément plaisir de pouvoir lui parler.
je suis également fans de Vincent que j'ai souvent vu en culotte courte dans les rues de Malause.
En voilà un joli petit monde ! Philippe Delerm sait créer un univers attachant, nul doute que l'homme doit lui-même être très simple et gentil.
Au plaisir, Philibert !

