23/06/07
Agatha, Tommy, Tuppence & moi
Voilà, je souhaitais vous présenter un couple tout à fait charmant dont je viens de faire la connaissance. Oh ils sont adorables, mariés, intrépides et bourrés d'un charme indéniable. Ils ont une vie excitante car, voyez-vous, ce couple n'aime pas s'enfermer chez lui à prendre une tasse de thé, il préfère largement l'expérience très casse-cou de courir les meurtriers, résoudre les énigmes, mettre la main sur une perle inestimable, débusquer un gang de faussaire, déjouer un vol d'objets d'art et comprendre à qui sont destinés les chocolats empoisonnés !
Qui sont-ils ? Tommy & Prudence (préférez Tuppence, pour les intimes) Beresford !
Tommy et Tuppence s'ennuient. Après leurs exploits durant la guerre, le couple doit se ranger mais cela demeure très difficile pour eux. Heureusement, un ami leur offre la possibilité de pimenter leur riche existence d'oisifs en leur ouvrant l'Agence Internationale des Détectives Blunt.
Hélas, le client se fait rare ! Toutefois, le couple Beresford va nous servir quelques succulentes enquêtes en nous baladant dans la campagne anglaise, dans des grandes demeures glacées et peuplées de fantômes, et bien entendu dans des soirées de cocktail ou des hôtels chics. Car nous sommes en pleine époque des années 20, une ère nouvelle, avide d'amusements et qui laisse aux femmes un peu plus de liberté.
Il est bon de saluer la grâce et l'élégance de Tuppence Beresford, très chic et toujours impeccable durant les 10 épisodes de cette saison (qui date de 1983 et a été commanditée par la London Weekend Television). Elle est pétillante et ne manque pas d'esprit. Elle est l'incarnation de la femme moderne, émancipée, intelligente et courageuse, ce qui témoigne du féminisme de son auteur. Tommy Beresford n'est pas en reste : charmant, gentleman et flegmatique. Le couple a de quoi faire des merveilles !
Alors c'est facile de trouver les défauts de cette série un peu vieillote sur nos écrans high-tech des années 2000, mais ce charme suranné est justement irremplaçable. Seuls les britanniques peuvent nous en offrir sur un plateau, la dame Agatha Christie étant bien entendu l'Autre Reine de ce royaume !
Aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai toujours beaucoup aimé les romans d'Agatha Christie mais je n'en ai pas lu un grand nombre ! Et c'est en découvrant cette série de Tommy & Tuppence que j'ai réalisé n'avoir jamais lu un livre les mettant en scène !
Voici les informations trouvées, pour complèter l'inculture :
Ils apparaissent dans Mr Brown (1922), et sont engagés comme extras par les services spéciaux ;
Associés contre le crime (1929) & Le Crime est notre affaire (1929) - recueils de nouvelles ;
N ou M (1941), Tommy et Tuppence, en pleine quarantaine (Tommy a 46 ans), s'ennuient pendant le début de la Seconde Guerre mondiale, n'ayant ni enquête à mener, ni enfants à élever. C'est donc avec joie qu'ils acceptent une mission dans la ville cotière (imaginaire ?) de Leahampton ;
Mon petit doigt m'a dit (1968) & Le Cheval à bascule (1973), Tommy et Tuppence sont à la retraite. [source]
J'avais lu ici ou là qu'en écrivant cette nouvelle série Agatha Christie avait ainsi cherché à rajeunir son lectorat et donner une touche plus moderne à son oeuvre. Malheureusement le couple Beresford ne garde pas le même impact avec le temps, en comparaison des poids lourds (Voyez qui ? Un détective belge et une petite grand-mère qui tricote du côté de Saint-Mary-Mead... ). Personnellement je ne serai pas aussi catégorique car j'ai trouvé cette série absolument rafraîchissante et étonnante. Au début, j'avoue avoir été un peu surprise et je ne pensais pas que cela allait me plaire. Puis, l'ambiance impeccable des années 20, la verve et la vivacité, la figure emblématique de Tuppence, ses toilettes sont autant d'atouts et d'arguments irrévocables.
Tiens, cela me ferait presque penser à une certaine Phryne Fisher ... qu'on ne présente plus ! (Ah, si ? Il le faut quand même un peu ? Alors cliquez ici ! )
Générique de Partners & Crimes :
Un peu de Miss Marple :
Miss Marple - trailer
envoyé par elephantfilms
Agatha Christie - Tommy & Tuppence (Associés contre le crime) : Francesca Annis, James Warwick, Reece Dinsdale. Histoire originale : Agatha Christie . Réalisateurs : John A. Davis ; Tony Wharmby ; Christopher Hodson ; Paul Annett - Scénarios de : Pat Sandys ; David Butler ; Jonathan Hales ; Paul Annett ; Gerald Savory. Musique : Joseph Horovitz
Sommaire : 1. L'affaire de la perle rose (The Affair of the Pink Pearl) 2. La mort à domicile (The House of Lurking Death)
3. Les mystères de Sunningdale (The Sunningdale Mystery) 4. La fille du pasteur (The Clergyman's Daughter) 5. L'impasse du roi (Finessing the King) 6. Les bottes de l'ambassadeur (The Ambassador's Boots) 7. L'homme dans le brouillard (The Man in the Mist) 8. Un alibi de bronze (The Unbreakable Alibi) 9. La femme disparue (The Case of the Missing Lady) 10. Les faussaires (The Crackler)
Le Dieu des Cauchemars - Paula Fox
"Au début du printemps 1941, treize ans après nous avoir quittées, ma mère et moi, mon père, Lincoln Bynum, est mort loin de nous dans un village côtier au nord de la Californie." Aussitôt, la mère d'Helen Bynum congédie aimablement sa fille unique de leur petite ville de Poughkeepsie, située au nord de New York, et l'engage à se rendre à La Nouvelle Orléans où réside la tante Lulu, ex-danseuse aux Ziegfield Follies convertie en alcoolique notoire.
Helen découvre sa tante dans une salle de bal, elle est nue et plongée dans un profond sommeil après une consommation excessive d'alcool. A ses côtés, se trouve un grand jeune homme avec une épaisse chevelure, "plumeuse et argentée", répondant au nom de Len Mayer. "Je savais depuis longtemps que Lulu avait ce que ma mère appelait une vie de bohème, qu'elle faisait fi des contraintes ordinaires. Mais je n'avais pas la moindre idée de ce que cela signifiait dans la réalité. Alors, l'idée même que j'étais venue dans le Sud pour persuader cette grande créature rousse pleine d'alcool d'aller s'occuper d'une pauvre petite affaire de location de bungalows dans la campagne glacée du Nord m'a paru si grotesque que j'ai soupçonné ma mère de m'avoir joué un tour monstrueux et une bouffée de rancoeur m'a envahie".
Helen Bynum, vingt-trois ans et célibataire un peu cruche, vient d'atterrir dans une existence toute neuve et extraordinaire. Elle s'installe dans le Quartier Français, chez un couple charmant mais illégitime, va trouver un travail de vendeuse en sous-vêtements féminins avant d'enrichir son réseau relationnel.
Car plus riche que cette ambiance nacrée d'une vie excitante dans ce Sud américain, Helen Bynum s'aperçoit du luxe des amitiés, des rencontres, des amours. Ils sont plusieurs à échouer dans la loge de Gerald Boyd, "tous ceux qui venaient là avaient des histoires à raconter". Ils forment une communauté d'âmes désoeuvrées, des éclopés un peu brusqués par la rudesse de cette année 1941, où les échos meurtriers survenant en Europe viennent assombrir les humeurs.
Le doute plane. Lulu n'arrive plus à maintenir la tête hors de l'eau, Nina a le coeur brisé par le Dr Sam Bridge, Gerald promet d'achever ses poèmes et espère obtenir le divorce pour épouser Catherine, le libraire Howard Meade rugit de jalousie et vampirise épouse et maîtresses, Claude de Fontaine, érudit et terriblement dandy, entretient une liaison clandestine avec une petite frappe de la pègre, et Helen, au coeur de toutes ces belles tourmentes, est de plus en plus séduite par Len...
Ce roman admirablement écrit par l'américaine Paula Fox est au-delà de tous les mots un roman sur une ambiance, un état d'esprit. Le petit cercle des personnages créés sous sa plume contribue à cette délicate atmosphère, subtile et ravagée par le charme ensorcelant de La Nouvelle Orléans. Il ne faut pas se laisser décourager par les premières pages moroses et qui n'introduisent pas à leur juste valeur les qualités effarantes qui vont suivre ! Car "Le Dieu des Cauchemars" est un roman poignant, puissant, sensuel, où se dégagent l'amitié, l'amour associés à la trahison et la déloyauté.
A ne pas manquer !
Joelle Losfeld - 216 pages - traduit de l'américain par Marie-Hélène Dumas. Préface de Rosellen Brown.
Les avis des Rats de bibliothèque (Cuné, Eireann, Mousseline), sur Benzine
extrait :
Je suis restée à la porte de la petite pièce où Gerald travaillait, sans autre intention que d'y jeter un regard. Puis je suis entrée. Une simple étagère était accrochée sous la fenêtre qui donnait sur le jardin sauvage, remplie d'ouvrages de poésie : Chaucer, L'Iliade et L'Odyssée, Keats, Walt Whitman, William Carlos Willimas, Hart Crane, John Donne et plusieurs anthologies dont les couvertures reproduisaient des photos de poètes placées dans des petits médaillons. Il y avait sur la table une machine à écrire, une Remington portable, et quelques cahiers pareils à ceux que j'avais eus à l'école. Un crayon était posé en travers d'une longue feuille de papier, couverte de listes de mots.
J'avais toujours pensé que les poètes attrapaient leurs poèmes au vol. Comment est-ce que rimes et sens pouvaient s'associer de façon si absolue, former ce qui ressemblait à une chose si naturelle ? Et laisser croire que le poème était déjà là, objet attendant qu'on le trouve ?
La liste de mots - il y avait beaucoup de feuilles jaunes empliées, couvertes d'autres listes rédigées de la main de Gerald - suggéraient un humble labeur dont je n'avais pas eu idée. (...)

