Chez Clarabel (2)

Des livres, de la passion de lire et des dessous chics

03 août 2007

L'autobus - Eugenia Almeida

L_autobusDans une petite ville en Argentine, l'avocat Ponce accompagne sa jeune soeur Victoria à la station d'autobus. Or, le véhicule passe à toute vitesse devant leur nez et ne s'arrête pas. Au café, tout le monde s'étonne et pense que Castro, le chauffeur, est devenu fou.
Qu'importe. On attendra un jour de plus. Victoria rentre chez son frère et Marta, son épouse. Un autre couple préfère passer la nuit à l'hôtel avant de prendre la route le long de la voie ferrée. Car le lendemain, l'autobus passe sans crier gare et Ponce commence à voir rouge.
Sans le dire tout haut, il pense qu'on se moque vertement de lui, qu'autour, les gens ricanent et le montrent du doigt. Cela lui rappelle amèrement son mariage, un sentiment de piège inextricable, une punition au fer rouge.
Dans la petite ville, les langues commencent à se délier. La radio parle d'une chasse à l'homme, d'une jeune fille en fuite, d'un couple à épingler, de l'armée en faction et d'une fusillade au petit jour... L'affaire de l'autobus qui passe sans s'arrêter ne semble finalement plus si anodine.

Pas loin de penser qu'on frise la farce, ce roman de l'argentine Eugenia Almeida n'a en fin que compte que les atours car le fond du roman penche vraisemblablement dans la comédie morbide.
Les personnages sont brossés avec vigueur et bonhommie. Ils ont l'aspect de gens qui ne pensent pas plus loin que le bout de leur nez, pourtant impossible de leur conter des sornettes. Ils sont nombreux à se questionner sur l'autobus, sur le couple en fuite, sur l'armée qui donne ses directives d'un ton sans appel. "Et si..." se disent les uns et les autres, au bout du cinquième jour, une fois la tension passée.
Car derrière les dialogues, les potins, le blabla et l'égo démesuré de l'avocat Ponce, se trouve bel et bien une pression tenace, un rien énigmatique. On peut penser beaucoup de choses, ne pas les écrire, mais les éprouver sans aucun doute !
Un premier roman subtil, entraînant et qui embarque de sitôt...

Traduit de l'espagnol (Argentine) par René Solis - 124 pages - Editions Métailié.

Posté par clarabel76 à 09:00 - Roman argentin - Commentaires [13] - Permalien [#]

Commentaires

Un livre qui m'a l'air tout à fait intéressant! Je le note ;-)

Posté par Leeloo, 03 août 2007 à 10:40

On verra s'il tombe sous mes yeux...

Posté par cathulu, 03 août 2007 à 11:22

Oui, tout à fait charmée par ce roman ! Je le conseille !!! :)

Posté par Clarabel, 03 août 2007 à 11:42

C'est entendu Clarabel, et noté !!

Posté par antigone, 03 août 2007 à 13:34

Et bien puisque ce bus ne s'arrête pas, je ne monte pas dedans ! :-p

Posté par Tamara, 03 août 2007 à 18:07

Je le note moi aussi!

Posté par Allie, 03 août 2007 à 20:29

un coucou !

parce que j'ai envie de te faire coucou ;)

bonne journée!

Posté par Gawou, 04 août 2007 à 12:08

La disparition de Lisa Bresner

Parce qu'on était amies.
Parce qu'elle était un grand auteur.

http://libellules.blog.lemonde.fr/2007/07/30/lisa-bresner-1971-2007/

Posté par Eva Almassy, 04 août 2007 à 18:14

Je tiens pudiquement à saluer Eva Almassy pour ce message.
C'est tout ...
Cliquez aussi sur les liens, c'est très touchant.
Moi je n'avais lu que "Pékin est mon jardin" de Lisa Bresner, je ne la connaissais pas davantage.

Posté par Clarabel, 06 août 2007 à 19:28

Je le note et je regarderai si je peux me le procurer à la bibli.

Posté par katell, 08 août 2007 à 19:16

Sympa la nouvelle bannière! Tenue estivale ou collection automne-hiver?

Posté par katell, 08 août 2007 à 19:17

Merci

Merci, Clarabel, "Pékin est mon jardin" est le plus proche de la "vraie" vie de Lisa, l'avoir lu c'est la connaître intimement.

Posté par Eva Almassy, 09 août 2007 à 23:46

Eva, merci d'entretenir la petite flamme.

Posté par Clarabel, 20 août 2007 à 12:26

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