Difficile d'entrer dans le roman de Valérie Sigward : apprendre à identifier les protagonistes, la narratrice, démêler les dialogues des faits... Et puis cette tension indicible qui grimpe, l'accident redoutable. Deux femmes qui s'aiment partent en vacances, elles s'arrêtent en chemin, pique-niquent près d'un lac et décident de s'y baigner, de plonger. Mais elles n'ont pas vu le panneau d'interdiction. Résultat : Anna flotte dans l'eau et ne peut plus bouger. L'angoisse commence.

"Immobile" est un très, très court roman mais il est fatal, poignant, percutant. Et glaçant. Parallélement au discours de la narratrice (la soeur de la copine d'Anna) la jeune accidentée livre ses pensées. Comme livrées d'outre-tombe. Ce qu'elle ressent, là, figée sur son lit d'hôpital, comme des pics de glace qui la transperce de partout. C'est terrible. C'est une lecture qui assomme. Une lecture implacable. Elle ne bascule pas dans le pathos, mais c'est tout comme. Un passage fort touchant : une soirée pour oublier, à danser sur des musiques rock, à valser sur Aznavour. Et puis pleurer.
"Immobile" est immanquablement scotchant. Bien écrit mais vraiment triste.

août 2004