Le privilège des rêveurs - Stéphanie Janicot
L'histoire ici présente est vécue à travers les trois personnages principaux. D'abord, Caleb, entraîneur de l'équipe des Giants, sort d'une église où il vient de supplier la Vierge d'une aide divine pour couper la série d'échecs que traverse l'équipe et qui mine son moral. Il est marié à Salomé, une française débarquée en Amérique vingt ans auparavant en compagnie de son demi-frère Guillaume.
Leur mariage de convenance s'est peu à peu mué en tendresse et affection. Le couple a eu une fille, Judith, désormais adolescente rebelle, décidée de mettre un peu d'ordre dans son existence.
La vie des ces trois-là ressemble à une cohabitation par obligeance. Ils partagent le même toit à Manhattan dans un très chic appartement, mais ne font que se croiser. Salomé, enfermée dans son bureau, tente d'écrire un nouveau roman. Elle vient de rencontrer l'homme qui a servi de modèle à son personnage fictif, Nathaniel Stern.
Entre émotions et troubles balbutiants, la jeune femme a le coeur qui palpite. Elle se sent même prête à divorcer, à tenter de vivre une vie "par passion".
Toutefois, Caleb est victime d'un grave accident dont il réchappe lourdement handicapé. Cette nouvelle donne bouleverse davantage la famille, déjà bien partie pour faire voler en éclats la partie d'échecs entamée depuis des années.
"Le privilège des rêveurs", nouveau roman de Stéphanie Janicot, a un titre porteur, enchanteur, invitant le lecteur à mille promesses et évasions. Mais dans ce roman, l'emportement va vite s'essouffler. (Ceci n'est que mon humble point de vue.) J'attendais avec impatience ce livre, fidèle lectrice de l'auteur depuis des années. Or je suis un peu déçue, ne trouvant pas dans cette histoire ce qui me transportait habituellement.
Le roman propose une histoire très attachante, sur la famille éclatée, la difficulté d'aimer et la répétition des erreurs au travers des générations. Il laisse également une porte entrouverte sur le processus de création d'une oeuvre, avec une Salomé en panne d'inspiration pour l'écriture de ses romans. Sur ce point, j'ai beaucoup aimé les passages la concernant !
Les personnages étant dessinés pour une tendresse sage et policée manquent cruellement de relief et d'empathie, même Salomé (déjà rencontrée dans "Les Matriochkas", 1er roman de l'auteur) m'est apparue trop inhibée et sans charisme.
Je ne suis pas amèrement déçue. Stéphanie Janicot, toujours très habile à embarquer le lecteur, n'a aucun souci pour inspirer de l'affection. Et même si cette fois-ci ses personnages peinent légèrement à m'émouvoir et me séduire, je reste profondément reconnaissante à l'auteur de nous ressortir de ses tiroirs son personnage fétiche (Salomé) et de tenter une version moins édulcorée du couple sans passion mais bourré de tendresse. Et pour sortir de l'inertie très envahissante du début, la fin apparaît très humaine et saisissante. Et pourquoi ne pas envisager de jolies choses après le point final ?
A essayer !
Albin Michel - 342 pages - En librairie le 23 Août 2007.
** Rentrée Littéraire 2007 **
D'autres avis : Kroline / Laurence / Gachucha (à compléter si j'ai oublié des références !)
Commentaires sur Le privilège des rêveurs - Stéphanie Janicot
Tiens, c'est drôle... C'est toi qui m'a donné envie de découvrir cette auteure. Et alors que j'ai particulièrement aimé ce roman, ton propre bilan est en demi-teinte. Je comprends ce qui a pu te rebuter, mais je dois avouer que pour ma part, j'ai justement aimé ces personnages un peu perdus et sans charisme apparent; je crois que la tendresse que Janicot exprime pour ces trois êtres et justement ce qui m'a permis de m'y attacher. :)
C'est l'un des rares qui me font de l'oeil pour cette rentrée. Mais vu ton avis, je ne sais pas si je tenterais...
Comme j'ai découvert Stéphanie Janicot avec ce tire je n'ai pas de point de comparaison; mais ton article me donne envie de reprendre cette auteure (avec Les Matriochkas)
Bon, je crois que j'ai déjà tout dit ! :-)
Moi, je ne suis pas du tout arrivée à me laisser embarquer par l'histoire de Salomé.
J'ai vraiment le sentiment d'être passée à côté de ce bouquin ! :-)
* Caroline : non tu n'es pas passée à côté, tu n'as pas été embarquée. Cela peut paraître la même chose, mais non.
Moi même, tu vois, j'ai été un peu dans le doute à bien des égards ...
Et puis je crois que chacun vit ses lectures selon ses propres émotions et expériences, dans le fond ! :)
* Gachucha : exactement ! Il ne faut pas hésiter à découvrir Stéphanie Janicot qui a su écrire des romans délicieux et passionnants ! Je n'ai pas tout aimé, donc celui-ci n'est pas la seule exception, mais je reste une lectrice de première heure, fidèle et reconnaissante, blablabla ..
* Lilly : surtout clique sur les liens des autres lectrices pour te faire une autre idée ! Nos avis différents peuvent influencer les lecteurs !!! A toi de voir !
* Laurence : Ah mais je suis immensément heureuse d'avoir su partager mon enthousiasme pour l'auteur ! Je reste une "fan" jusqu'au bout, ce n'est pas parce que cette fois j'ai été un peu moins emballée qu'il va me venir un dégoût de la lire, plus l'envie ou ce genre-là ...
Oh non !!!!
Je pense avoir un peu exprimé ce que j'avais ressenti, beaucoup de frustration en fait ! Stéphanie Janicot a l'habitude de présenter des personnages bancals et qui galèrent un peu dans le début de ses histoires, mais généralement la trame romanesque évolue et papillonne allégrement. Il y a une jolie notion de "passion" dans ses autres livres, tu verras, et moi ça m'enchantait ! :))
Je crois aussi n'avoir pas trop aimé que l'histoire débute en Amérique, mais bon .. c'est très, très secondaire et au plus bas dans mon classement des défauts !!!
D'autres avis sur ce romans sont, bien entendu, les bienvenus !!!!
dans la liesse des sorties littéraire, je vais peut être mettre celui là entre parenthèse....
et bien comme gambadou, parenthèse pour celui là aussi !
Lisez "Les Matriochkas" pour commencer !!!! (Et en poche !) :)))
Et bien je vais lire "Les Matriochkas" ! ton enthousiasme pour cet auteur est communicatif (comme toujours !). Bien hâte de la découvrir !
le roman me faisait envie pour son titre mais j'ai choisi d'être raisonnable :)
j'attendrais un peu pour je l'espère la version de poche et sinon vais tout de même noter cette auteur dans ma LAL
Oh pourtant celui-ci me plaisait ! Je l'emprunterai, pour me faire une idée...
Bonne soirée Clarabel !
Je n'ai lu que "Salam" en 1999, un de ses tous premiers. Je l'avais choisi pour son exotisme et son histoire plus qu'originale et bien sûr, je me suis promise de lire tous les suivants et à chaque nouvelle parution que je trouvais bien fade, je n'ai pas sauté le pas... de crainte de ne retrouver la même magie. Pas très courageuse, la caroline_8!
Je vais certainement l'essayer, je viens de poster un article sur son précédent et en faisant sa biographie, j'ai appris qu'elle a également participé à la création du magazine Muze dont elle anime les rubriques littéraires, il faut que j'aille y jeter un petit coup d'oeil ! ;-)
Surtout il faut lire Stéphanie Janicot ! Je ne sais pas vous conseiller plus un livre qu'un autre, car après tout, des goûts et des couleurs ...
Mais n'hésitez pas à la découvrir ! ! !

