10/09/07

Hmmm ...

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Ils s'en allaient faire des enfants ailleurs ~ Marie Ange Guillaume

La narratrice a une façon bien à elle de décrire la débandade des hommes de sa vie : "ils s'en allaient faire des enfants ailleurs". Ainsi soit-il ! Depuis sa petite enfance, cette jeune femme avoue un appétit d'ogresse pour les amourettes, cela lui a pris très jeune, pendant l'été, à la colo. Et son parcours n'a jamais cessé d'être parsemé de rencontres, d'envies d'y croire, de culbutades d'un soir, de tromperies et autres illusions sentimentales. Les hommes, c'est simple, n'ont jamais cessé d'être cette engeance indispensable dans son existence ordinaire, mais fuyante, lâche et fielleuse. "Les hommes avaient l'air vivants, forts, taillés dans une matière crédible (...) Ils m'aimaient à leur manière, ils en avaient les larmes aux yeux, mais ils ne pouvaient rien pour moi". Déjà la figure du père est égratignée, quel est-il cet homme qui part un matin avec la boulangère, en laissant ses livres et ses Mozart ?... Tous les mêmes, finalement.

En bref, le tableau de chasse de cette croqueuse d'hommes est impressionnant. Le livre est un court condensé de ses expériences en 110 pages, sur des chapitres filiformes et elliptiques. Cette boulimie d'aventures donne le tournis, mais c'est la conclusion de cette série qui fournit une tentative d'explication et clame l'indulgence. Cette jeune femme, donc, est une victime, une forcenée de l'amour, ni plus ni moins naïve : "je regarde cette agitée, cette affamée, avec toute l'affection qu'elle mérite. Elle m'amuse. Et c'est un peu grâce à elle, si je suis heureuse. Elle m'a fabriqué des souvenirs. Vu de loin, tout en vrac, il n'y a pas que du grandiose, mais l'essentiel y est, entre les lignes, entre les nuits : un bruit sourd, fragile et obstiné, comme un battement de coeur dans ta poitrine". Drôle et cocasse, ludique et coquine, cette narratrice a finalement su s'en tirer par une belle révérence. Et puis, si l'on revient à la dédicace du roman, elle l'a trouvé son amour : l'homme de la page 70 !

septembre 2006

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Le lendemain, Gabrielle - Murielle Magellan

le_lendemain_gabrielleGabrielle tente de surmonter son chagrin après la mort de Gilles, son amant depuis 7 ans. Marié et père de famille, l'homme a vécu avec la jeune femme une relation quasi officielle. L'existence de leur couple n'était plus un secret pour leur entourage. Aussi, chacun comprend le deuil que s'impose Gabrielle et veut lui apporter son soutien.
La famille Alban, par exemple, est ravie de l'accueillir chez eux pour un dîner. Il y a David et Eli, leur fils Florian, âgé de 17 ans. Ils sont tous trois l'image du bonheur, de la vie simple et ordinaire. Gabrielle s'y fond sans le vouloir, attrapée par leur gentillesse.
Bientôt un pouvoir de séduction réciproque va s'opérer : Gabrielle et son chagrin fascinent, la jeune femme est elle-même de plus en plus attirée par les Alban. Un soir David l'embrasse, d'autres fois c'est Florian qui l'invite dans des concerts, et Eli lui demande sans cesse de déjeuner, d'être auprès d'elle, etc.
Murielle Magellan est en fait une plume de théâtre et on retrouve dans son premier roman "Le lendemain, Gabrielle" la mise en scène, les dialogues et l'intrigue dramatique empruntée à ce genre. Ici, la comédie est plus aigre-douce, avec des effets de style qui peuvent agacer. J'ai bien aimé le début, Murielle Magellan est très maternelle avec son héroïne et nous la rend attirante malgré sa profonde tristesse. Je crois ensuite avoir été très vite lassée par le procédé d'écriture qui possède un certain charme, mais qui ne me correspondait à l'instant où j'ai lu ce livre.
Tant pis.

Julliard - 186 pages - Août 2007

** Rentrée Littéraire 2007 **

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09/09/07

L'histoire de l'amour ~ Nicole Krauss

Au début, l'histoire est simple, c'est celle de Leo Gursky, vieil homme de 80 ans et qui attend sa mort mais fait tout ce qu'il peut pour qu'on ne l'oublie pas et qu'il évite de trouver la mort dans la solitude. C'est un réfugié polonais qui a migré à New York après avoir réussi à se cacher des nazis durant la guerre. S'il a rejoint les Etats-Unis, c'est aussi pour retrouver son amour de jeunesse, la belle Alma.
Autre histoire dans le roman : une jeune adolescente de quatorze ans, prénommée Alma, découvre qu'elle tient son prénom des héroïnes d'un roman intitulé "L'histoire de l'amour". Ce livre était un cadeau d'amour de son père à sa mère, celui-ci étant mort la mère d'Alma vit recluse et reste fidèle au souvenir de son amour. La jeune Alma est étonnée de découvrir qu'un anonyme a écrit à sa mère pour qu'elle traduise ce roman écrit en espagnol, car le roman semble également beaucoup compter pour cet homme, qui se nomme Jacob Marcus.

A partir de là, les destinées ne vont pas cesser de se croiser, se rencontrer et de dessiner L'Histoire de l'amour. C'est, dans le fond, l'histoire du roman dans le roman. Et Nicole Krauss emprunte la voie labyrinthique pour traverser les mémoires et les histoires d'amour. Oui, c'est un roman qui parle d'amour, assez fou d'ailleurs. Cela convient à ce vieillard qui est tombé amoureux et c'est là toute sa vie, ou à cette jeune veuve détruite par la mort de son compagnon et qui se noie à petites doses, à un père pour son fils qu'il n'a jamais connu, à une adolescente qui veut redonner le sourire à sa maman et qui creuse des tranchées et qui cherche mais sans savoir exactement quoi... C'est un livre entier sur le sentiment amoureux, sur le droit à la mémoire, à la fidélité au-delà de la mort, au respect de la création littéraire. Ce roman de la new-yorkaise Nicole Krauss fait couler beaucoup d'encre dans les articles de cette rentrée littéraire et c'est totalement justifié ! D'abord il est écrit avec une maîtrise étourdissante, puis il est dense, foisonnant, respectueux et d'une très grande élégance. C'est un roman puissant et intelligent, qui ne perd jamais le fil de son histoire et qui repêche son lecteur en toute simplicité. Et hop qu'il nous emmène du côté de la Shoah, à New-York, en Israël ou au Chili, dans le coeur d'une adolescente ou d'un vieillard, et surtout au coeur d'un roman dont l'histoire nourrit L'Histoire de l'amour du début à la fin. Cela paraît brouillon à lire comme ça, mais c'est un roman 5 étoiles et qui est, en toute honnêteté, EPATANT !

septembre 2006

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08/09/07

Y'a personne (pour le ouikend !) ...

Mais je vous laisse entre de bonnes mains :

Is there a time for keeping a distance
A time to turn your eyes away
Is there a time for keeping your head down
For getting on with your day

Is there a time for kohl and lipstick
A time for cutting hair
Is there a time for high street shopping
To find the right dress to wear

Here she comes ...

[ Et une petite dernière pour la route ! ... ]

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La Pochothèque de la Rentrée ! En poche ! #7

A mettre dans son shaker :

(Noter La légende d'une servante de Paula Fox)

  • Chez J'ai Lu : La partie de cartes d'Adolf Shröder  (lu mais aimé moyen...)

(Noter Marie Antoinette d'Antonia Fraser  ;  Les grand-mères de Doris Lessing)

(Noter La nuit interdite de Thierry Serfaty ; Terre des oublis de Thu Huong Duong ; Une autobiographie d'Agatha Christie ; Nous sommes de Gila Lustiger ; Mes hommes de Malika Mokeddem)

(Noter La forêt des ombres de Franck Thilliez ; Les sirènes de Bagdad de Yasmina Khadra ; La serveuse était nouvelle de Dominique Fabre)

(Noter : L'été du sureau de Marie Chaix)

Pas trop le courage de rapporter mes avis sur les livres ci-dessus, alors j'ai renvoyé à quelques liens ... N'hésitez pas à compléter, donner d'autres idées ou apporter vos liens !  ;o))

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On fait le point ?

Ok - cela fait déjà quelques semaines que la grande foire littéraire bat son plein, bombardant les rayons des librairies d'encore plus de propositions chaque jour. Toujours plus de tentations, désolée, je le sais et m'en excuse à peine (car après tout, c'est pas ma faute !) .  ;o))

Alors un p'tit bilan sur les livres déjà lus et présentés entre ces murs roses ...

A_l_abri_de_rienarlington_parkCe_que_dit_LiliCeinture_jaunecimetiere_des_poupeesentre_mes_mainset_toujours_en_eteEtherHors_JeuIl_ne_vous_restela_chienne_de_ma_viele_chat_dans_la_gorgele_contemplateurle_crocodile_rouilleLe_dernier_frereLes_bois_dormantsmatantemmaNo_et_moiOn_s_y_feraparadis_andalousPavillon_noirprivilege_des_reveursstagiaire_amoureuxthis_is_not_a_love_songTom_est_mort

Quel souk ! ... Et dire que ce n'est pas fini : encore de belles choses dans mes tiroirs pour vous servir !  ;o))

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07/09/07

16, rue d'Avelghem ~ Xavier Houssin

Quel merveilleux écrivain, ce Xavier Houssin ! Déjà j'étais sous le charme avec "La ballade de Lola", premier roman bouleversant sur la disparition d'une fillette sur le chemin d'école. Avec "16 rue d'Avelghem" l'auteur renoue avec la sensibilité. Suite à la destruction du quartier de son enfance, le narrateur fait revivre cette maison d'un quartier de Roubaix, là où ses parents et leurs nombreux enfants ont emménagé jusqu'à la fin. La fin d'une vie, merveilleusement et à juste dose racontée. Beaucoup de pudeur, d'émotion fine. En des phrases courtes, presque lancées à la mitraillette, l'histoire découle son tapis rouge et met en scène un couple de gens ordinaires dans un quartier des corons près des usines de textile. C'est tout un pan de vie, toute une époque qui revoit jour. La vie de cette famille, les Lapierre, est bouleversante par ses petits riens et ses ordinaires qui font un grand tout. On tourne les pages, avide de connaître davantage de leurs vies. Les joies, les peines, les doutes, les peurs.
C'est très beau. C'est hélas très court mais ce livre s'inscrit dans la lignée des beaux petits romans inoubliables.

septembre 2004

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Cette nuit-là ~ Isabelle Minière

La très grande particularité de "Cette nuit-là" est la narration en " Tu " de bout en bout du roman. Grande audace ! L'auteur use cette forme pour interpeller l'héroïne, Lisa, victime d'un mari violent. Car Lisa est mariée à Clément, un homme charmant, aux boucles dorées, un homme très intelligent, aimé et respecté de tous. Un homme irréprochable. Sauf que cet homme-là a deux faces : un côté pile pour la ville, et un côté face pour son foyer. Clément n'est plus Clément, il devient un individu au regard noir, qui jette des éclairs et annonce l'orage. Un homme redoutable. Qui ne lève pas la main sur Lisa, non. Sa perversion va plus loin : il use des mots, il retourne les accusations, il insinue que c'est sa faute à elle, qu'elle le rend aggressif par sa faute. Lui est juste un peu coléreux. Sans plus. Alors, Lisa ? Coupable, responsable, victime consentante ?..
Isabelle Minière en dénoue tous les rouages, livre une spirale infernale. L'homme marié ne peut disposer de son épouse comme d'un objet. Abuser d'elle sans son consentement. C'est voler. C'est violer ! L'auteur fait mouche en déployant l'esprit retors du pervers contre la vulnérabilité de la jeune femme. Se taire, c'est consentir. La coupable, c'est elle. Elle ne peut priver d'un père à son enfant. Etc...
"Cette nuit-là" est remarquable : la mécanique de la manipulation mentale est saisissante d'effroi. C'est écoeurant, mais hélas si réel. Cette lecture est dérangeante, certes, mais ça existe. Et pis voilà.

septembre 2004

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Le jeûne et le festin ~ Anita Desai

C'est un roman d'Anita Desai que j'avais beaucoup apprécié au moment où je l'avais lu (il y a deux ans). L'histoire d'une Inde enfermée dans ses traditions et ses castes, ses rêves de mariages, seules issues pour les filles, surtout si elles sont belles et gracieuses. Mais cela ne surpassera jamais la suprématie masculine, surtout si l'héritier mâle, tant désiré, arrive enfin dans la famille ! Tout lui est servi sur un plateau d'argent : caprices, cadeaux et ouverture sur le monde. Le roman se compose donc en deux parties : la première où l'on voit la difficulté des filles, les traditions pour marier celles-ci et la préférence aux garçons.. Dans la deuxième, on se retrouve en Amérique, le fils est parti étudier mais l'auteur, à travers sa merveilleuse plume, laisse transparaître son mal d'être, sa déprime et sa mélancolie. Aussi sa conviction intime d'être dépaysé, inadapté et déraciné. C'est un très bon roman, "Le jeûne et le festin", l'un des meilleurs de cette auteur, Anita Desai. Elle possède ce talent rare d'être dérisoire dans son récit, même si celui-ci est dramatique et pathétique. Anita Desai mêle l'humour à la dérision et n'hésite pas à parquer ses personnages dans des situations aberrantes. Une très belle plume.

lu en septembre 2004

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