18 décembre 2007
Un conte humain mettant en scène des jouets !
Voici un classique de la littérature jeunesse, publiée la première fois en 1967. C'est l'aventure extraordinaire de deux petits automates, le père souris et son fils, qui finissent dans une poubelle après avoir été brisés en mille morceaux. Sauvés in extremis par un vagabond, ils vont ensuite croiser sur leur chemin Manny, un rat cruel qui veut les écrabouiller (c'est bien son propos !), s'ils refusent de travailler pour son compte. Père et fils vont fuir et vivre une épopée riche en rebondissements.
La route semée d'embûches verra notamment un meurtre et une tentative de hold-up, un conflit de territoires entre musaraignes, le recrutement dans un cirque itinérant par la fameuse troupe des Croasseurs, un règlement à la ok-corral dans une décharge et bien d'autres choses ! Le père souris et son fils surmontent ces péripéties, espérant retrouver une otarie, l'éléphante et la maison en bois pour revivre les instants les plus beaux de leur vie, en souvenir de leur rencontre dans la boutique de jouets, leur souci étant aussi de toujours avoir leur mécanisme remonté, pour continuer de tracer leur chemin. (Après tout, ce ne sont que des automates ! Ils parlent et ont même des émotions, mais ce sont des automates ! Le coup de la larme du fiston a d'ailleurs ouvert la voie à cette folle aventure ... Je n'en dis pas plus !)
Cette quête d'amitié et de liens familiaux est le moteur de ce roman qui est aujourd'hui destiné au public jeunesse, après une première publication en 1987 dans la collection Page Blanche sous le titre L'automate et son fils. (Le Bibliomane en parle d'ailleurs ici !) C'est une belle histoire, un univers poétique dépeint avec finesse, humour et lucidité. Un conte merveilleux qui met en scène des jouets d'une grande humanité.
J'ai aimé, mais sans m'extasier davantage. Cependant, je trouve que ce livre pourra enchanter les petits lecteurs (les plus gourmands dès 9-10 ans). Comme le souligne Pascal le Bibliomane, « les personnages ne sont pas sans évoquer l'univers des dessins animés, « Le vent dans les saules » de Kenneth Grahame, ou les contes de Beatrix Potter. » C'est un petit bouquin qui possède beaucoup de charme, et qui touche plus particulièrement en cette période hivernale (et de Noël !).
Le début :
« Le vagabond était immense ; il avait une large carrure et la démarche chaloupée du voyageur de longs chemins, ses enjambées trop grandes pour les rues étroites de la petite ville. Il errait parmi la foule, frissonnant dans son mince pardessus ; les passants de Noël, le visage rosi, accéléraient le pas et s'écartaient à son passage.
Une mélodie le fit s'arrêter devant un magasin de jouets dont la porte, s'ouvrant et se refermant sans cesse sur le flot continu des clients, faisait entendre une clochette et envoyait des bouffées d'air chaud et des bribes de chants de Noël dans la rue. «Mon beau sapin, roi des forêts !» chantaient les haut-parleurs dans la boutique. Le vagabond sentait Noël dans les couronnes de pin, la peinture vernie et brillante, le métal étincelant et le carton frais des bibelots neufs.
Il colla son visage contre la vitrine et scruta l'intérieur du magasin, au-delà des jeux exposés. Sous les rameaux de sapin et les ampoules colorées qui clignotaient, un train miniature franchissait cahin-caha les tunnels scintillants et les montagnes peintes sur une table verte. De temps à autre, le cliquetis métallique des roues s'élevait par-dessus la musique. Au fond de la boutique, des jouets en fer, en bois, en peluche, garnissaient les étagères : poupées, oursons, jeux de société, puzzles, camions de pompiers, bateaux, wagons étaient présentés à côté de boîtes fermées, chacune imprimée de l'image attrayante du jouet dérobé au regard.
Trônant sur le comptoir dans toute sa splendeur, au-dessus des têtes des enfants assemblés, se trouvait une magnifique maison de poupée. Elle était très grande et devait coûter cher aussi, avec ses trois étages, une vraie merveille du genre. Les terrasses et les balcons aux balustrades finement ouvragées rivalisaient d'élégance, et le toit mansardé aux lucarnes et pignons croisés était surmonté de grandes cheminées en briques et d'un splendide belvédère. Devant la maison se tenait une éléphante, le front ceint d'un turban violet. La vendeuse en remonta le mécanisme pour les enfants présents, et l'éléphante se mit à marcher de long en large, balançant sa trompe et agitant ses oreilles. À côté, une petite otarie en fer-blanc faisait tourner sur son nez un ballon rouge et jaune, et son reflet dans la glace sur le dessus du comptoir lui souriait, faisant tourner le même ballon rouge et jaune. »
Souris père et fils - Russell Hoban - Folio junior, 247 pages. Traduit de l'anglais par Valérie Mouriaux, illustrations Lillian Hoban. Titre vo : The Mouse and his child. 6,20 €
L'histoire a été adaptée en dessin animé en 1977 :
Commentaires
je ne connaissais pas du tout ce titre, merci pour tout ce que tu m'apprends avec ton article!
Je ne sais pas si je le lirai (avec les sirènes, j'ai un autre problème, les histoires qui mettent en scène des animaux...), mais au moins, je me coucherai moins bête.
La couverture est de Bruno Heitz et ça j'aime beaucoup, j'adore cet illustrateur (qui est également auteur d'ailleurs!)
[[enfin avec les sirènes, il y a quand même une exception avec "Raymond pêcheur d'amour et de sardines" (un ptit lien : http://www.ricochet-jeunes.org/parudet.asp?livrid=4915) qui est de mes albums fêtiches!!!
Je ne suis pas complètement sectaire ;)]]
Tu sais que t'es maline ? Tu réussis à glisser une envie de lecture, comme ça, en toute innocence, juste un lien et mes papilles frétillent ! ... :/ Pfff !
je l'ai eu en SP et c'est ma prochaine lecture :-D
Bonne lecture par avance, Arsenik ! :)
"glisser une envie de lecture" : ben tu sais, je ne le fais pas tout à fait innocemment... ;)) te voilà prévenue!
Je le note dans un coin de ma tête !
ça m'a l'air franchement sympa !! et je ne le connaissais pas :))dommage qu'il n'ait pas été traduit quand j'étais enfant, j'aurais adoré !
gawou, je ne sais plus qui de nous deux perdra l'autre en premier !!! ;o))
aelys, je te souhaite d'y repenser bien vite ! :)
lily, moi aussi j'aurais adoré plus jeune ! à noter quelque part, pour les garçons qui grandissent bien vite ...
Oui, le mien grandit à toute vitesse, alors je le note vite..
effectivement, gambadou, empresse-toi de noter ! les enfants grandissent si vite !!!


