et_mon_coeur_transparentLancelot Rubinstein a une enclume dans le ventre depuis l'annonce du décès accidentel de son épouse Irina. Effondré, l'homme découvre dans son malheur que sa femme n'était pas ce qu'elle prétendait être, et sa mort brutale le met face à tous ses mystères. Pour un type jaloux, qui avait tout quitté, première femme comprise, pour vivre le grand amour avec son double, l'émotion s'emballe, devient vrillante. En toute logique, notre homme se pose la question : Sait-on jamais avec qui l'on vit ? Connaît-on tout de la personne avec laquelle on partage le quotidien ?
Au fil du temps, Lancelot découvre que Irina a fini ses jours dans une voiture qui n'était pas la sienne, qu'elle se trouvait à un endroit où elle n'était sensée être, que son coffre était rempli d'objets étranges et que son père, Paco, n'est pas mort.
La découverte du vrai et du faux s'amoncelle et plonge le personnage dans un trou sans fond, de même le lecteur l'accompagne dans sa chute ! Il n'est pas facile du tout de suivre l'histoire abracadabrante inventée par Véronique Ovaldé. Souvent l'auteur reprend son habitude des chapitres alambiqués, troubles et truffés de points fantaisistes et absurdes. Tout esprit cartésien est largué ! Mais le point fort du livre - oui, il existe bel et bien - est justement cette étonnante écriture, audacieuse et pleine, intelligente et ronde, délirante et coquine. Là où le lecteur s'attend à un minimum de jugeotte, l'auteur décide de ne pas en découdre et propose une virée extravagante, complètement grotesque, mais suffisament captivante pour subjuguer et susciter la curiosité.
Qui était Irina Rubinstein ? Le roman est un peu construit comme une enquête, le chef de file ( = Lancelot, son compagnon) est complètement paumé, mais il va de l'avant et se rappelle les souvenirs de son idylle. C'est tantôt superbe et remarquable, tantôt gonflant et incompréhensible. C'est très bizarre, mais ça vaut le coup de tenter et d'y jeter un oeil !

Editions de l'Olivier - 232 pages.  18.00 €

Photographie : Love is in the air, Helen Bendon & Jo Lansley