09 février 2008
Les petites feuilles de février !
Plusieurs choses attirent mon attention parmi les nouvelles sorties de ce mois de février, notamment chez 10-18 et ses célèbres séries des Grands Détectives (au programme : du nouveau avec Claude Izner, Lee Jackson et Alexander Mc Call Smith). A noter aussi Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier (roman fort apprécié parmi les lecteurs) ; Garder la flamme de Jeanette Winterson (qui vient de m'enchanter avec son premier roman pour jeunes lecteurs L'Horloge du temps) et Le mystère de la chambre obscure de Guillaume Prévost (encore un auteur qui m'enthousiasme par le biais d'une série pour la jeunesse Le livre du temps !).
Et voici parmi les nouveautés à paraître, celles que j'ai personnellement déjà lues :
A découvrir, si ce n'est déjà fait : Victoria Lancelotta, nouvelliste américaine, auteur d'un premier roman "Loin" qui a su me conquérir, à travers son récit noir, amer et désabusé. Mais d'abord, V. Lancelotta avait créé la nouveauté avec son recueil de treize nouvelles - encore des histoires de femmes, d'adolescentes, ou des deux à la fois. Elles contiennent les mémoires, les soucis, les confessions des unes et des autres. Pas facile de grandir, pas facile d'aimer non plus. Souvent, durant l'adolescence, les premières expériences (sexuelles, pour la plupart) sont douloureuses et compliquées. Plus tard, elles deviennent tout aussi exigeantes et intransigeantes, laissant souvent leurs protagonistes à la dérive, seules, moroses et nostalgiques.
Dans ce bouillon, j'ai beaucoup aimé : "Dans l'ombre", "Les bars" (ou les prémices du fameux roman Loin), "La fête paroissiale", "L'arôme des épices", "Les maisons", "Une chic fille", "Autres rivages, autres flots" et "En ce bas monde" - autant dire, la quasi totalité ! D'ailleurs, en grande majorité, il s'agit de monologues qui nous donnent ce vrai sentiment de saisir les sentiments et l'aura des personnages. Cela donne un ton doux-amer, un tantinet narquois. J'apprécie beaucoup ! (10-18 / 7.30 €)
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Un homme séquestré par son épouse à la peau douce, mais devenue obèse, tandis qu'elle affame le mari incapable de se tenir debout..., vous n'y croyez pas ? Pourtant c'est l'idée foncièrement sadique qu'a imaginée Max Monnehay pour son 1er roman "Corpus Christine", fatalement inspiré d'une autre redoutable Kathy Bates, interprète d'Annie Wilkes, héroïne de Misery de Stephen King.
J'étais curieuse de lire ce livre, les critiques ne tarissaient pas d'éloges à son sujet lors de sa sortie en 2006, et c'est vrai que l'intrigue semblait attirante et effrayante à la fois. Bah, j'aurais préféré continuer sur cette lancée, vanter son mérite et ses promesses, mais non.
J'avoue m'être ennuyée, ne pas avoir accroché, avoir ressenti une fascination glaciale, c'est vrai, mais pas suffisante pour adhérer jusqu'au bout. Ou juste pour le souci de connaître la fin de ce calvaire.
L'auteur cultive un certain humour (noir, implacable et irréductible) doublé d'un cynisme en béton ("la calamité du siècle", comme l'écrit le personnage). Il y a un sincère détachement chez elle, un besoin de mettre le feu aux poudres et se frotter les mains devant le carnage. Un peu comme Amélie Nothomb, il faut l'admettre. Or, je ne suis pas non plus "fan" de cette dernière... Moralité : Ce genre d'univers ne me convient définitivement pas ! Désolée. Prix du premier roman 2006, tout de même. (Le livre de poche / 5 €)
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Frédéric Brun est un fils qui a perdu sa mère, Perla, rescapée du camp d'Auschwitz, déportée en juillet 44. Elle est rentrée au pays, dévorée et marquée à jamais, pourtant elle a tenu son secret enfermé au plus profond de ses entrailles.
De ses mois de déportation, Perla n'en a jamais parlé. A son fils unique qui n'a pas su poser les bonnes questions à temps, elle a tenu ce visage ravagé par les souvenirs, la douleur et le sourire qu'on s'efforce de donner. Mais l'illusion était bel et bien morte.
Frédéric Brun se sent seul, triste et malheureux. En commençant ce récit, c'est pour lui "un livre de pensées". Ce n'est rien d'autre que ça : un constat frustrant de n'avoir rien su du passé de sa mère, une recherche désespérée à puiser ses sources dans tous les livres qui traitent de la Shoah, un espoir de voir grandir son fils Julien pour lui offrir le choix de vivre sa vie sans se retourner, et c'est l'amertume d'être face à deux Allemagne, "celle des camps et des barbelés contraste avec celle des plaines embrumées, des couchers de soleil orangés, des poètes idéalistes, Novalis, Hölderlin, qui ont attrapé l'âme du monde. Pourquoi suis-je si fasciné par ce pays écartelé entre le lied et la voix sèche, le raffinement et la barbarie ? Je m'étonne de vouloir trouver en lui ma littérature préférée et les traces d'un passé qui ont brisé Perla."
Ce texte est bouleversant, totalement sobre et écrit avec une sensibilité déchirante. Il y a malgré tout une lueur d'espoir derrière "ces pages de larmes", car "Une mère, en fait, cela ne meurt jamais". J'ai été profondément émue par ce livre, pas au point de verser des larmes, c'est un bel hommage d'un fils à la figure maternelle, un devoir de mémoire qui n'a pas su être accompli en remplissant tous les trous, mais c'est justement cette humilité qui rend "Perla" éloquent et essentiel. Lisez ce livre ! (Le livre de poche / 4.50 €)
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Un jeu peut-il faire basculer la vie d’une femme ? Difficile de le croire.
Dans l’île de Naxos, les joueurs de trictrac sont légion, mais jamais aucune femme n’a approché les pions noirs et blancs. Quant à ceux d’un échiquier, n’y pensez même pas ! Cependant, pour Eleni, prise dans une vie sans aspérités et sans folie, le plus vieux jeu du monde sera le début d’une aventure qui la mènera jusqu’à l’émancipation.
Fort apprécié par les lecteurs, ce roman n'a toutefois pas su m'emballer outre-mesure. Je suis complètement restée en retrait, trouvant le début assez lent et truffé de passages plutôt longs, pour seulement 150 pages de lecture ! Et pour une non-passionnée de jeu d'échecs comme moi, ce livre n'a pas su m'éclairer davantage. Toutefois le portrait de cette femme est subtil, tour à tour comique et grinçant. Il faut aussi ajouter que l'auteur a écrit son texte en français, alors que Bertina Reichs est native d'Allemagne. Et je suis toujours admirative devant ces déclamations d'amour pour notre langue française ! (Le livre de poche, 5 €)
Sont inscrits aussi sur mes tablettes :
- Pour en savoir plus sur les sorties du mois, consultez aussi le billet de Solenn !
Commentaires
Ohlàlà, c'est sûr, il y a de quoi lire avec ces très belles sorties du mois ... De jolies couvertures, de jolis titres, et tes avis en plus, quoi demander d'autres ??? Tu fais déjà tant pour nous ... Tes découvertes sont les nôtres, elles sont magiques, c'est un régal de bonheur !!!!! J'ai repris ma lecture, et j'amorce un tournant définitif pour mon livre en cours, hihihi ... Je me suis reboustée depuis mon message d'hier ! J'en profite pour te signaler ma chère Clarabel, qu'étant "Tagué" par Anjelica, je t'ai tagué à ton tour. Si tu veux bien avoir le plaisir de dire 6 choses insignifiantes sur toi ... Pour plus d'infos, je t'invite à aller sur mon blog ! En attendant, je te souhaite un bon samedi ainsi qu'à toute ta p'tite famille ! Bises
Tes tablettes me semblent prometteuses... J'ai déjà lu "Comment se dire adieu" et "Ainsi rêvent les femmes". Dans ta liste, j'ai déjà retenu par ailleurs "Perla". J'ai essayé "Train de nuit pour Lisbonne" mais j'ai personnellement abandonné ma lecture.
Bon week-end Clarabel !
je n'ai pas lu Corpus Christine mais bcp de gens s'accordent à dire qu'il est sans intêret. Je passe donc pour celui ci
Suis totalement restée hermétique à Victoria Lancelotta !
Très, très tentée par Perla, en attendant ton billet sur " Ainsi rêvent les femmes "
Bon week-end.
Yeeeesssssss ! ce sont les vacances !!!
- Fallait que je le place, je suis trop contente !!! - :)
Argh Nath, ça pique ça fait mal un tag ! Comment vais-je m'en sortir ! ? C'est rien que la troisième piqûre !!! :/
Plus la peine de se cacher, faut se lancer...
Contente de te savoir rebooster ! Le temps s'y prête aussi, beau ciel bleu in Normandy, un peu frisquet dans l'air, mais ce sont les vacances pour nous, et je suis con-ten-te !
Antigone, Laurie Colwin & Kressmann Taylor sont deux auteurs que j'apprécie infiniment. Je pars donc déjà conquise par ces futures lectures !!!!
Amanda, tu ne loupes rien ! Sauf si tu apprécies le style façon Amélie Nothomb. C'est très proche, je trouve.
Et moi, pouah ...
Argh Cathulu, tu as tenté les nouvelles ou le roman ?
Moi j'avais commencé par le roman Loin, première tentative guère concluante, et puis un jour j'ai repris ce livre au début, ce fut là un essai abouti et fort enthousiasmant.
Bon, c'est un genre aussi particulier, je peux comprendre que ça fasse couac ! :)
Emmyne, le Perla est une petite lecture précieuse. Je ne peux que conseiller ce livre !
Pas encore acheté le livre de K. Taylor, mais j'ai déjà celui de Pascal Garnier, donc je pense qu'il sera lu encore avant... Enfin tu sais comment je m'emmêle et combien mes piles sont énormes ! Je pars déjà perdante pour déterminer mes ordres de lecture ! :))
Oui, vives les vacances Clarabel. Pour nous, il faudra attendre et supporter encore deux semaines l'air pollué de région parisienne, nous sommes les derniers du calendrier scolaire cette année.
Pour tes piles, essaie d'une seule main les yeux fermés...
Bon, je prends déjà un bon bol d'air frais pour vous, les parigots !! ;)))
(Et les autres !)
Aaaaaaaaah, que ça fait du bien.
Ah ben tiens j'ai lu La joueuse d'échecs et j'ai pas été franchement emballé non plus.
Trop d'attente tue l'espérance ? ... Enfin le résultat est là, me suis sentie complètement lésée par ce livre, c'est dommage.
j'ai lu Corpus Christine mais franchement il n'a pas beaucoup d'intérêt. On dirait une imitation d'amélie nothomb. Un peu l'impression d el'avoir déjà lu sans intérêt à la première lecture. Plutôt mauvais comme impression
Ah bah je ne conteste pas ton impression ! ... :)
Même ressenti pour moi.





