Chez Clarabel (2)

Des livres, de la passion de lire et des dessous chics

05 février 2008

Partie de pêche au Yémen - Paul Torday

partie_de_pecheQue se passe-t-il dans la tête d'un scientifique britannique tout à fait comblé - sa femme vient de lui offrir une brosse à dents électrique pour leurs vingt ans de mariage - quand un cheik yéménite lui demande de construire une rivière climatisée afin qu'il s'adonne à son sport favori... la pêche au saumon ?

Ce Projet Saumon, auquel Dr Alfred Jones ne croit pas un instant, devient très vite un élément majeur que visent les hautes sphères politiques, lesquelles forcent ainsi notre scientifique débonnaire de plancher derechef sur le sujet. Il en va de la sécurité nationale, de l'image du Premier Ministre Anglais, de la science moderne et d'une campagne de communication valorisante, après le fiasco en Irak. Alfred Jones travaille donc en collaboration avec Harriet Chetwode-Talbot, qui sert d'agent de transition avec le Cheik Muhammad du Yémen.
Ce dernier est un saint homme, sincèrement passionné par la pêche au saumon. Ses intentions sont louables, car il veut permettre à son peuple de partager ce bonheur de pêcher et il est persuadé d'une bienveillance divine pour conduire ce projet jusqu'au bout.
Les mois sont longs, les questions nombreuses, les petites entourloupes dans les coulisses encore plus grouillantes, notamment celles orchestrées par Peter Maxwell, directeur de communication du bureau du PM, Mr. Jay Vent. La position officielle est d'être solidaire, sans trop paraître soutenir ni s'impliquer. Tout dépendra du résultat et des lauriers récoltés !

Cela force à sourire, les petites magouilles étant incroyablement doublées à la nature humaine ! Le roman en démontre les rouages, les tracasseries bêtes et inutiles, les ambitions dévorantes et le déni d'informations pour éviter le scandale. A l'écart des ergotages pompeux, il y a notre scientifique, Fred Jones, qui vient d'être quitté par son épouse - exilée en Suisse pour remplacer un collège malade, puis mort. Mary est une économiste rompue et pleine de détermination, qui sacrifie sa vie personnelle pour sa réussite professionnelle. La séparation du couple vient miner notre scientifique, qui se consolera un temps auprès de la jeune Harriet, elle-même profondément déprimée par l'absence de son fiancé, en mission secrète dans le Moyen-Orient.

Construit à l'aide du journal intime d'Alfred, de courriels, de rapports d'enquêtes, d'entretiens, des lettres d'Harriet, et même d'un script pour le pilote d'une émission, le roman permet ainsi d'accélérer l'allure pour ne pas laisser le lecteur évanoui d'ennui à force de (trop) longues descriptions sur la pêche et le saumon.
L'histoire, elle, est cocasse, assez sarcastique. Elle dénonce plusieurs aspects de la folie des administrations, des possibilités surréalistes de l'argent et du pouvoir. Ce projet fou va toutefois permettre à un homme presque banal de connaître la notion du rêve et de l'amour, ce qui n'est pas rien !
Un roman qui a tout de la farce, de la comédie british assez pince-sans-rire, avec ses personnages flegmatiques, et au final ce bon divertissement cache aussi quelques notes aigres-douces. Pas mal, un roman à découvrir !

JC Lattès - 383 pages -  19.50 €

Traduit de l'anglais par Katia Holmes.  Titre vo : Salmon Fishing in the Yemen.

Lu par Molinia de Lectures-Club  & par Millepages (libraire)

Posté par clarabel76 à 08:00 - Roman anglais - Commentaires [19] - Permalien [#]

04 février 2008

L'ange de pierre - Margaret Laurence

ange_de_pierreHagar Shipley est une vieille femme de près de 90 ans, qui perd un peu la tête et n'a plus la force de tenir debout sur ses jambes. Elle vit avec son fils Marvin et son épouse Doris dans sa propre maison, qu'elle a accepté de céder. Elle pense cependant qu'on cherche à la déposséder, car Marvin souhaiterait qu'elle se rende dans une maison de repos, où elle recevrait des soins adéquats. Or elle refuse absolument d'y mettre les pieds.
Chez elle, dans sa maison, elle se sent apaisée et confiante au milieu de ses objets et de ses souvenirs. Elle se rappelle ainsi la petite fille pleine de vie qu'elle était, l'étudiante appliquée et promise à un brillant avenir avant son brusque mariage avec Bram Shipley. C'était un assez bel homme, très grand, portant la barbe noire, il exerçait sur Hagar une attraction physique affolante. Pourtant ce type était un fermier de quatorze ans son aîné, veuf et père de deux filles, il était rustaud et grossier, et ne roulait pas sur l'or. Tout pour déplaire ! Et c'est contre l'avis de sa famille qu'Hagar se précipite dans ce mariage, complètement folle et irresponsable.
Le temps aura raison de sa jeunesse, de sa fraîcheur et de ses ambitions. C'était une demoiselle assez prout-prout qui enviait une ancienne copine, Lottie Drieser, d'avoir réussi ce qu'elle n'avait pu décrocher. Elle va nourrir en John, son deuxième fils, un espoir insensé, attendant de lui qu'il venge l'honneur de sa famille et reprenne le flambeau des Currie.
Mais l'ironie du destin voudra que la roue infernale ne cesse jamais de tourner, et à ce petit manège il sera toujours trop tard pour faire marche arrière...

Le roman est une valse lente et hypnotique, au coeur de laquelle tourbillonne la vie d'Hagar qui se débat contre ses souvenirs et contre le temps qui passe ; elle n'est pas sénile, elle se rappelle encore très bien, malgré les signes, et force toutes les portes pour la conduire vers son histoire passée. Lui prouver le contraire ne sert strictement à rien, Hagar a peu conscience de ses erreurs et n'adopte nullement le repenti ! Car Hagar Shipley affirme un tempérament bien trempé, qui cache ses faiblesse et refuse les larmes, houspille ses proches au lieu de s'ouvrir à eux pour lui confier ses peurs. « L'orgueil a été ma folie, et la peur le démon qui m'a poussée. Seule, toujours, et jamais libre, car mes chaînes étaient en moi, se sont déployées hors de moi et ont entravé tous ceux qui m'étaient proches. »
Au passé, se mélange un présent tout aussi réel, et qui dévoile une Hagar plus faible et fragile qu'on ne le pensait. Elle mène plusieurs combats, contre elle-même aussi. C'est très émouvant, vraiment bouleversant. J'ai même retenu quelques larmes sur les dernières pages, tellement ce portrait de femme a su me toucher. 

« L'ange de pierre » est le premier livre du Cycle de Manawaka (ville fictive se situant dans le Manitoba, au Canada). Margaret Laurence était sincèrement un brillant écrivain, pour le constater n'hésitez pas à lire aussi « Une divine plaisanterie » (roman paru en 2006).

Joelle Losfeld - 318 pages.  21.00 €

Traduit de l'anglais (Canada) par Sophie Bastide-Foltz. Titre vo : The Stone Angel.

« L'ange de pierre » vient d'être adapté pour le cinéma par la réalisatrice Kari Skogland.

Posté par clarabel76 à 08:00 - Roman canadien - Commentaires [17] - Permalien [#]

03 février 2008

si tu n'existais pas & l'amour vache

si_tu_n_existais_pasSa maman, Alice, est folle... de Joe Dassin. Elle connaît toutes ses chansons par coeur. Lui, Fredo, est fan de Mac Spitte (comprenez Mark Spitz, le champion de natation). Tous les jours, il s'entraîne dans sa baignoire et compte jusqu'à combien il peut rester sous l'eau sans respirer.
Tout ça vous enlève quelques soucis de la vie. Parce que la vie, la vraie, n'est pas drôle. Alice est un peu folle (pour de vrai), elle cherche un homme, ou un père, qui pourrait remplacer celui qui a disparu. Elle veut le faire pour son fils, mais Fredo préférerait que sa maman, si jolie, soit un peu plus rangée, raisonnable, prévisible. Vous en connaissez beaucoup qui se rendent à des funérailles pour pleurnicher sur le défunt et provoquer un mini scandale auprès de l'épouse, des enfants et des proches ? Résultat : une bousculade, une maman au fond d'un trou et un tailleur en lambeaux. Pour le jour de la rentrée, c'est pas top !
A l'école, il y a les copains, Nono et ses vacheries, Bien-Bien le prof qui croit en son potentiel de champion, et les cours de piscine, où Fredo devient une étoile filante ! La classe.
Et puis les ennuis, toujours, reviennent et vous emportent une maman qui est partie à Rio. Comme dans la chanson de Claude François. Les copines d'Alice sont là, Mado qui aime le jaune canari et Michel Sardou à en mourir (de plaisir) et la jolie Lulu, une gosse de 20 ans qui a un corps de déesse, mais un amant marié.
Ce roman vous en raconte des belles et des pas mûres, avec des clins d'oeil aux artistes délicieusement kitsches des années 60. Bien sûr, derrière le ton badin, l'histoire est plus amère car c'est un portrait délicat d'un fils sans père et d'une femme qui cherche à se caser à tout prix (mais qui finit par se casser les dents). L'histoire est racontée par un Fredo qu'on adore, et qui n'a pas sa langue dans sa poche, il est flanqué d'une maman foldingue, qui reste très touchante ! Un mélange d'humour, de doute et de tendresse : un beau, bon roman attachant !

Si tu n'existais pas, Williams Crépin.

Editions Thierry Magnier - 169 pages -  8.50 €

Encore un peu d'amour, mais de façon plus vache !

amour_vacheRachel Corenblit, découverte avec son premier roman Shalom Salam maintenant, propose de décliner en 8 courtes leçons la façon d'aimer de jeunes ados d'aujourd'hui. On peut s'imaginer une approche facile et légère (pourquoi je suis la seule à ne pas avoir de petit copain, pourquoi personne ne m'embrasse jamais ...), la lecture nous ouvre finalement les portes vers des histoires plus touchantes.

On y croise une belle-mère qui fait meuh, mais finalement elle n'est pas si vilaine ni si vache que ça. On tient la main d'un père qui n'en finit pas de mourir depuis un an, et ça coûte et ça dure, mais à quoi ça sert de pleurer ? On donne des ailes à un garçon un peu tordu et qui n'a jamais eu de chance dans sa vie scolaire, parce qu'il n'est pas comme tout le monde. On se trouve à côté d'une ado prise dans l'engrenage du TOC et qui se frotte les mains jusqu'au sang pour se guérir du mal en elle. Et on découvre aussi le combat d'une maman pour sa fille atteinte d'un cancer, ou la fugue d'une soeur et ses frères pour échapper à des agissements horribles sous le regard noyé (de larmes ou de pluie) d'un gendarme empathique.

Bref tout ceci en quelques 120 pages, avec un peu de confiture sur une tartine, et cela vous donne beaucoup de noblesse à l'art d'aimer (un peu vache) ; des situations souvent difficiles, des jeunes blessés, touchés ou écoeurés, mais qui ne manquent jamais d'humour (un peu noir et grinçant)... On se cherche, on ne se trouve pas, mais il n'en reste pas moins beaucoup de vivacité et d'esprit dans tout cela !

« C'est d'amour dont je te cause. L'amour qui remplit et qui fait son boulot. Tordre les coeurs. Raccourcir l'âme. Essorer la volonté. Tombe pas amoureuse, poulette, c'est ce que je disais à ta maman quand elle avait ton âge. Laisse-les chavirer, tous, mais reste à bord du navire. Contrôle la direction du vent. Et si tu tombes à l'eau, pense à respirer.
- Tu te rends compte, papi, tu brises tout mon romantisme, elle disait.
- Va, poucette, vaut mieux être cul que culcul.
»

L'amour vache - Rachel Corenblit.

Le Rouergue, coll. doAdo. 122 pages. 7.50 €  

Posté par clarabel76 à 08:00 - Jeunesse - Commentaires [19] - Permalien [#]

02 février 2008

Seizon life

Pour changer de nos lectures romanesques et pour midinettes patentées, voici une trilogie dans le genre policier et dramatique :

SeizonLife1  SeizonLife2  SeizonLife3

Synopsis : Takeda n'a plus que six mois à vivre avant que le cancer ne le ronge... Pour s'épargner une lente agonie, il décide de se suicider. Mais juste au moment où il s'apprête à se pendre, le téléphone sonne : la police a retrouvé le corps de sa fille unique, disparue il y a plus de quatorze ans. Au Japon, la prescription pour un meurtre est fixée à quinze ans, il reste à peine six mois à Takeda pour retrouver et faire condamner l'assassin de sa fille.

Les auteurs ont cherché à mettre la pression, vous ne trouvez pas ? Il y a cet incroyable hasard : six mois pour vivre, six mois pour retrouver un assassin, et le faire payer du meurtre de sa fille. Et six mois, c'est court ! Qu'à cela ne tienne, le scénario de cette série est tenace et a décidé de jouer avec les nerfs.

Takeda est un homme en fin de vie, condamné par la maladie, le même cancer qui avait emporté son épouse quelques années plus tôt. Désabusé, il se rend compte qu'il est passé à côté de l'essentiel pour privilégier une carrière professionnelle. Il est trop tard pour rattraper ses erreurs, jusqu'à ce coup de fil de la police qui va le pousser à donner au restant de ses jours un sens unique : venger sa fille.

Et aussitôt l'enquête nous embarque, Takeda décide de fouiller dans les affaires de Sawako et de revenir quatorze ans en arrière, suivre ses traces, refaire le parcours des derniers jours précédant sa disparition. Il essaie de renouer avec les anciens camarades de l'adolescente, d'éplucher les photos et ses efforts commencent à payer car les indices viennent peu à peu s'embriquer, tel des morceaux de puzzle.

Au début, Takeda était seul à jouer le détective éploré. La police se gaussait de lui, et puis un homme a su être touché par les motivations de cet homme. C'est l'inspecteur Murai. Tous les deux vont remonter une piste incroyable, pensant presque toucher le but, avant de perdre leurs illusions. Et puis, autre coup de théâtre, et ça repart à cent à l'heure.

Pour ça, on ne peut pas reprocher à l'histoire de ronronner au coin du feu, attendant que les pages défilent et occupent le lecteur. C'est très, très rythmé ! Au début l'enquête piétine, quoi de plus normal ? Puis il y a une avancée subite, qui peut paraître 'trop facile' , mais qui donne du piment et de l'intérêt à l'ensemble. Comment ne pas se passionner ?! L'histoire aurait pu sembler moribonde et démoralisante, elle se révèle stupéfiante. La poussée d'adrénaline qu'elle nous fait vivre est là, bien ancrée. Parce que nos enquêteurs progressent, mais le temps aussi défile. Et on tombe vraiment dans un compte à rebours infernal. Le summum revient au tome 3, celui qui met un point d'orgue, celui qui annonce la sentence. Et dans tout cela, autre point incroyable, c'est la tension psychologique qui se crée. La corde est raide, tendue plus que raide, elle vous menace de péter à la figure en moins d'une seconde. Pfiou !

Pour souffler un peu, les auteurs ont donc peaufiné le portrait du père, mettant l'accent sur son chagrin et son désespoir. Alors non ! ne croyez pas que ça va pleurer dans les chaumières, nous en sommes bien loin. Ce scénario montre intelligemment qu'on peut traiter du chagrin et du deuil insurmontable sans forcément chercher à vous arracher toutes les larmes de votre corps. Ne me taxez pas de coeur de pierre, car j'ai retenu quelques hoquets et j'ai vraiment ressenti la souffrance de cet homme, trouvant toute légitimité à son désir de vengeance. Il y a des scènes, et des passages, qui ne laissent pas de marbre. Mais c'est un tout, coincé dans une belle enveloppe. Car Seizon life est un ensemble redoutable et efficace, une brillante enquête criminelle (avec de bonnes grosses ficelles, mais bon...), enrichi de personnages attachants (un père tiraillé entre la douleur et la haine, un coupable admirable de sang-froid...). C'est une lecture qui vous mène par le bout du nez, qui vous enchaîne et vous laisse à bout de souffle ! ...  Waouh ! 

Seizon life, par Nobuyuki Fukumoto & Kaiji Kawaguchi - Panini Comics. 8.95 € le volume (Série terminée, en 3 tomes)

J'adresse un grand merci à mon capitaine Benoit pour ce judicieux conseil !

bandeau_manga_4   

Posté par clarabel76 à 08:00 - Bédé - Manga - Commentaires [28] - Permalien [#]

01 février 2008

Pourquoi nous amassons des livres que nous n'avons pas (toujours) le temps de lire...

la_maison_en_papierPrésentation de l'éditeur
Ce très joli récit est une fable sur le pouvoir et la fascination des livres, un conte initiatique où le passage de la ligne d’ombre se fait non sur un bateau mais à travers le voyage réel et dramatique entre deux continents d’un roman de Conrad recouvert d’une croûte de ciment.
Un Argentin, professeur à l’Université de Cambridge, est nommé au poste de Bluma Lennon, morte renversée par une voiture alors qu’elle venait d’acheter un exemplaire des poèmes d’Emily Dickinson. C’est lui qui ouvre le paquet adressé à Bluma, posté en Uruguay, sans mention d’expéditeur et dont le contenu l’intrigue : un exemplaire de La ligne d’ombre, rongé par l’humidité et portant des traces de ciment et de mortier sur la couverture, la tranche et les pages. Comme il doit se rendre en Argentine, le narrateur emporte le livre, et de Buenos Aires prend le bateau pour l’Uruguay afin de retrouver le propriétaire du livre et de l’informer du décès de son destinataire. Là, un libraire d’ancien et un ami lui racontent l’étrange histoire de Carlos Brauer, bibliophile, collectionneur, disparu sans laisser d’adresse, mais dont les traces demeurent sur une plage désolée, inhabitée, battue par les vents et l’océan. De plus en plus intrigué par cette étrange histoire, effrayé aussi par le pouvoir que semblaient exercer les livres sur leur propriétaire, le narrateur se rend sur la côte de Rocha où il découvrira le mystère de La ligne d’ombre et, bien sûr, le lien qui unissait Bluma Lennon et Carlos Brauer.

« Au printemps de l'année 1998, Bluma Lennon venait d'acheter dans une librairie de Soho un exemplaire ancien des Poèmes d'Emily Dickinson quand, arrivée au deuxième sonnet, au premier coin de rue, elle a été renversée par une voiture. »

« La maison en papier » est un joli titre pour symboliser l'invasion des livres dans la vie d'un bibliophile, mais le roman raconte aussi une histoire abracadabrante, à propos d'un homme, d'une femme et d'un livre (« La ligne d'ombre » de Joseph Conrad). ** Cf. la présentation de l'éditeur pour en savoir plus sur l'histoire, très bien résumée. **
Ce roman de Carlos Maria Dominguez est une magnifique plongée dans l'univers des lecteurs compulsifs, sur le pouvoir et la fascination des livres, leur influence grandissante et même dangereuse, une immersion dans le monde des amoureux des livres, des passionnés frappés d'une maladie, d'une soif d'exploration et/ou d'un besoin de conquête. « La maison en papier » est d'une magnificence rare, cultivée et précieuse. L'auteur, lui-même critique littéraire, déballe sa passion livresque et ne cache pas les travers d'une telle passion. Attention, les livres sont dangereux, disait la grand-mère du narrateur, dès qu'il avait le nez plongé dans un ouvrage. Oui, le livre est un objet à manipuler avec précaution. C'est une bombe à retardement, prudence !
« La maison en papier » raconte tout ça avec des mots bien choisis et prudemment mesurés. Il y a beaucoup de très beaux passages sur les livres, les bibliothèques et ce que décèlent leurs contenus, la magie des mots et des ouvrages reliés ... A lire, et relire indéfiniment. Un très beau roman.

Seuil, 112 pages.  13.00 €

Je dédie ce petit billet à tous les amoureux des livres, que nous sommes, acheteurs compulsifs (aussi) et aux aventuriers des challenges qui fleurissent à gogo !!!! ...

Posté par clarabel76 à 07:30 - Roman argentin - Commentaires [43] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2  3  4