15 mars 2008
Mlle Ôishi, 28 ans, célibataire
Kon Ôishi, 28 ans, est célibataire, bosseuse, débordante d'enthousiasme et prête à rencontrer le prince charmant. C'est sous les traits de son collègue, Henmi, qu'elle pense décrocher le gros lot. Divorcé, père de deux enfants, l'homme promet mariage et confort, mais demande à Kon-chan de quitter son job parce qu'il compte s'occuper d'elle. Premier couac. La jeune fille ne moufte pas, elle obtempère mais choisit de décrocher un petit boulot de vendeuse dans une mercerie. Bien lui en a pris, suite à une restructuration du personnel, Henmi perd son emploi. Il est effondré, incapable d'assumer ce revers. Aussi Kon-chan lui propose d'emprunter une somme rondelette à ses parents pour soulager leurs soucis d'argent. Autant la jeune fille redouble d'efforts pour mettre du beurre dans les épinards, autant Henmi est totalement inactif, végétatif et inconséquent. Pour preuve, il achète une voiture flambant neuve, cache ses nombreuses dettes et passe tous les week-ends chez son ex pour le bien des enfants (dit-il). Kon-chan supporte la situation de plus en plus mal, se confie à son frère, Yukari, et à son meilleur ami, Tetsu, un coiffeur au look destroy. Tous, y compris ses parents, la forcent à quitter Henmi et surtout de refuser tout engagement (dans le mariage) avec cet irresponsable.
Oui, le mariage est sacré et brille de mille feux devant les prunelles de notre héroïne. Elle a déjà 28 ans et, selon elle, gâché ses chances pour décrocher le pompon. Tout ce qu'elle souhaite, c'est un mari, des enfants et un joli appartement. C'est un peu pour toutes ces raisons qu'elle rechigne à franchir le cap de la rupture avec Henmi, même si elle ressent de plus en plus d'amertume auprès de lui. Ce n'est pas vraiment la vie de couple qu'elle rêvait.
Et puis, vient la rencontre avec Kanji, un camarade de Tetsu. Il est plus jeune que Kon-chan, insouciant, drôle et charmant. Il est rempli d'attentions qui touchent notre demoiselle, mais celle-ci va vouloir encore une fois tout précipiter. La trentaine approche à grand pas, elle refuse de ne pas être mariée, de ne pas avoir de petit ami, d'être toujours célibataire. Kanji est un bon prétendant, mais il est souvent absent, très indépendant. Cette attitude déconcerte Kon-chan qui ne voudrait pas l'étouffer non plus, pour ne pas le perdre. Elle attend donc ses coups de fil, et chaque instant passé à deux est pur, sublime et fusionnel. Il est difficile de ne pas craquer pour Kanji, malgré ses (légers) défauts. Au début, cela s'annonce plutôt mal pour Kon-chan - quoi ? encore un drôle de numéro ! - mais finalement leur relation est particulière, parce qu'elle n'est pas entrée dans une case et parce que Kanji refuse tout ce qui est plan-plan.
Malheureusement, Mlle Ôishi n'est pas douée pour le bonheur, pas vernie du tout ! Quand la situation entre Kanji et elle connaît enfin une certaine sérénité, c'est le destin qui vient tout remettre à plat. Implacable, douloureux. Quelle claque !
Tetsu aussi est dans une sale impasse, coincé dans une liaison improbable avec une fille qui le harcèle et qui est complètement folle. De son côté, Yukari, le frère de Kon-chan, va tomber dans un goufre profond où relations d'un soir se mélangent à une radicale baisse d'estime de lui-même. C'est la panade ! Le point de non-retour.
J'ai découvert ce manga par un pur hasard. Le titre me séduisait, et les couvertures aussi. De plus, il n'y a que quatre titres pour cette série. Pas besoin d'en rajouter, j'ai foncé et je n'ai pas regretté un seul instant. C'est une lecture ordinaire, un truc de fille qui surfe sur la vague de la célibattante qui cherche sa moitié promise, le tout à la sauce japonaise (il faut reconnaître que les auteurs japonais savent aborder la sexualité de la jeunesse avec une grande justesse et un aplomb remarquable !).
Tout de suite, j'ai été marquée par cette ambiance très proche de l'univers de Kiriko Nananan : la mangaka Q-Ta Minami possède un style graphique simple et aéré, presque classique, et une narration elliptique, où les dialogues se font rares. Cette sobriété sied à merveille à ses récits ancrés dans la vie quotidienne, dans lesquels elle s'amuse à mettre en avant ces petits détails qui font le sel des situations comme des personnages (dixit l'éditeur). Voilà pour le cadre. Maintenant, le fond.
Très sincèrement, j'ai été scotchée. Je sais déjà, dans ma petite tête, vers quelles lectrices je peux conseiller ces livres par exemple. Toute l'histoire est touchante, sensible, poignante. On accompagne Kon-chan - Mlle Ôishi, autrement dit - dans son éducation sentimentale, un parcours semé de maudites rencontres, avec des bougres mal embouchés. La conclusion pourra décevoir plus d'une lectrice, comme moi, car elle fait comprendre qu'un confort est plus appréciable qu'une folle passion. Cette solution ne me satisfait pas, mais je la respecte car j'aime beaucoup Kon-chan pour ses nombreux choix, pour son caractère et pour l'autonomie qu'elle gagne en bout de course. Plus d'une fois, cependant, elle m'a agacée car elle fait partie de ces filles qui ne se résignent pas à la solitude et préfèrent rester mal accompagnées... Mais ne noircissons pas le tableau hâtivement, car notre Kon-chan est très, très sympathique. C'est une chic fille, gentille, qui tout le temps se pose les (bonnes ?) questions. Je l'aime beaucoup car elle peut ressembler à n'importe quelle nénette de la tranche d'âge des 25-30 ans. Elle construit son avenir, sur le plan professionnel et sur l'aspect social, sentimental, etc. Elle fait des erreurs, mais elle est toujours de bonne volonté. Sincère, volontaire, elle veut croire en sa bonne étoile. Son choix, à la fin, ne me plaît pas, c'est déjà dit, mais c'est louable. Et qui ne craquerait pas pour une issue raisonnable ? (L'histoire propose d'ailleurs un intéressant contre-pied à ce qu'entreprend Kon-chan, à travers une autre jeune femme qui apparaît au cours du tome 4 ...)
Avant de conclure, une dernière petite chose, parce qu'il n'y a pas que Kon-chan dans cette histoire ! Je pense aux électrons libres comme Tetsu, notre coiffeur rebelle et amateur de conquêtes faciles, qui ne s'attache pas, ne tombe jamais amoureux. Il dragouille notre Kon-chan pendant quelques temps, mais c'est indéniablement en ami fidèle qu'il est le plus efficace. Ce qu'il vit de son côté ne manquera pas d'accrocher le lecteur, surtout au final du tome 2. Autre électron libre : Yukari, le frère de Kon-chan. Homosexuel, il n'assume pas ses choix au grand jour et se commet dans des histoires sordides. (Mais j'avoue n'avoir pas trop accroché à son personnage !) Tous ces acteurs ont en commun d'être confrontés à un événement douloureux et de chercher à leur façon de vivre leur traumatisme pour en sortir plus forts.
Agréable découverte, joli portrait de femme et quelques mouchoirs bien trempés... voilà le résultat !
Mlle Ôishi, 28 ans, célibataire - tomes 1 à 4 - Q-ta Minami
Casterman, coll. Sakka.
9,50 € le volume.
Commentaires
j'adore les shojos, même si le sujet est très comparable à de la chicklit, je n'ai pas l'impression de me faire flouer. Encore un truc pour moi!
Chouette, chouette de nouveaux mangas et une super série !!!!!! Moi aussi, je suis sous le charme des couvertures. Et je sens que je vais vite craquerrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !!!! merci Clarabel pour ces belles découvertes ... Bonne journée ! Bises
ça me tente beaucoup ça ! même si je n'ai jamais essyayé de lire de mangas encore (ceux que tu présentes et qui me tentent ne sont pas à la librairie où je bosse alors évidemment, c'est plus dur quand on ne les a pas sous la main ;-))
Je n'ai jamais lu de mangas non plus, mais je sens que je vais m'y coller. C'est marrant cette morale qui veut que le confort soit "mieux" que la passion. Une sorte de volonté de sécurité ? (je sais que les jeux vidéos japonais à histoires sont souvent très pessimistes, chaos, fin du monde et tout ça -avec toujours une explosion originelle qui doit être en rapport avec Hiroschima sûrement-, du coup peut-être que cette société vise calme et sérénité avant tout ?)
Kiki :-)
Bon et bien voilà encore une série en plus dans ma lal!! Tu sais que grâce à toi Clarabel je me suis mise aux mangas, achetés et empruntés à la biblio, il y en a 4 ou 5 en attente sur ma Pal!! Bientôt une critique sur mon blog!!!
A bientôt.
Une petite gloire pour notre Clarabel préférée car ton nom est cité dans le magazine littéraire du mois d'avril!
Bonne journée Clarabel !
Bravo pour le magazine littéraire, La Classe! ;)
J'ai lu le début de ton article et j'ai arrêté car j'étais déjà vaincue, je sais que je vais lire ce manga qui a l'air vraiment très bien!
Il va falloir que je bataille avec ma bibliothèque car elle n'est pas du tout fournie en mangas...La grosse Loose!
Bises, Bon week-end!
(Oui, restons humble pour la petite gloire du Magazine Littéraire, mais ça fait plaisir ! Je ne dis pas le contraire non plus !! ;o))
Posuto, ta déduction est très juste, et je crois qu'effectivement la société japonaise vise davantage la sécurité que les élans passionnels (faut croire que notre sang latin se met à bouillir, parfois, alors que - bon sang ! - chuis une fille du Nord !!!).
Sam, oui c'est vrai que ça fait lecture pour midinette, de prime abord, et puis finalement c'est plus profond, vraiment touchant. Moi, j'aime ! :)
Nath, t'as vu ça ? Ma folie revient et ça déboule comme une avalanche ! Prépare-toi à noter !!! ;))
Emeraude, ce manga est très épuré, très carré aussi dans son scénario. Les dessins sont simples, ça reste droit, parce que certains mangas partent dans tous les sens, mais là non c'est 'strict', bien net.
L'histoire est vraiment, vraiment touchante !
Elfe, je suis ravie de piquer d'autres lectrices à la manga-mania ! Après tout, ce n'est pas mauvais, c'est distrayant, et il y a du très bon dans ce genre de lecture !!! Je suis contente de faire des émules !
(( A propos, j'ai pensé à ta requête, je réfléchis, mais c'est difficile pour moi qui ne suis pas normande... Je t'envoie une réponse vite, vite !))
C'Est définitivement l'année manga! Tu tiens tes résolutions, toi!!! Bon ben... si je tombe dessus... pourquoi pas!
rhooooooooo mais c'est un titre qui m'est prédestiné ça!!!!! (pas de commentaire sur mon age merci!!!! ouhahahahhaha)
J'espère que je réussirai à trouver cette série. J'ai lu que des petits bouts de ton billet pour ne pas trop m'allécher (ça se dit, ça? mdr!)...
:D
Pour l'article, j'aimerais le lire (pour te féliciter comme il faut!), est-il dispo en ligne?
Je ne crois pas non, je n'ai pas cherché non plus ! :/ Sans quoi, faut chercher Magazine Littéraire, Enquête sur les blogs littéraires ... Bonne chasse ! :))
Comme beaucoup ici, c'est toi qui m'a donné envie de lire des mangas....et j'avoue que ça m'a beaucoup plu...cette série me tente pas mal....mais je termine d'abord les 3 tomes d'Emma qu'il me reste à lire!!!!
Jumy, c'est là ma petite réussite personnelle : réussir à piquer les autres, vous entraîner vers d'autres sentiers battus, acquérir votre confiance. Je me dis, ouah ! ce n'est pas pour rien que tu blablates sur tes lectures, très chère Clarabel ! ;))
Bref, j'espère que tu suivras pour cette série (pour pleurer au tome 3, par exemple). La série Emma est excellente, oui c'est idéal pour débuter dans le genre du manga ! J'attends le tome 7 dans ma boîte aux lettres lundi, normalement. (J'avoue, j'ai fini la série en anglais, je n'en pouvais plus d'attendre !!!)
Logiquement c'est le final ! Je croise les doigts !
ça faisait trop longtempq que tu ne nous avais pas parlé de mangas. Cette série a l'air prometteuse...
Comme je suis toujours en retard sur le chapitre mangas, juste un mot pour dire que j'aime bien le blog-it express du jour ;-))
Je vais répondre de mon côté à cette question, mais je suis une vieille lectrice de manga, ça fait 13 ans maintenant lol! Ca me fait bizarre d'ailleurs de voir tant de gens aimer ça maintenant, car il y a 13, nous étions quelques fans éparses et on formait une sorte de... secte.!
Ori, une vieille de la veille !!! ;))
Non sans blague, je pioche pas mal d'idées de lectures en mangas chez toi ! ... Alors surtout tu continues de me donner toujours envie, dans des sentiers vraiment, vraiment pas gagnés d'avance !!!
Yep !
Ben moi je note les mangas moins commerciaux comme Mlle Oishi, car en bête mangafan je ne me serai pas tourné vers lui et pourtant ça l'air trop bien. J'adore l'évolution des titres sur les couvertures!
Ah oui, les titres indiquent déjà la tendance et la destinée de Kon-chan ! ... :)
Mais bon, il faut lire le tome 3, par exemple, qui fera dégouliner toutes les larmes de ton corps ! :/
J'étais où le 15 mars moi, pour ne pas avoir vu ce long billet???
Bon, la série me tente vraiment après t'avoir lue. Les titres m'avaient déjà beaucoup attirée, mais je n'étais pas sure...
Je vais voir auprès d'approvisionneurs divers si je peux trouver le premier pour commencer!
(Je crois que ça va te plaire !!!)
si en plus "tu crois" alors... :)
... et si tu ne les trouves pas, Bibi te les envoie ! ;))
Je m'avance avec mes petits pas...
quelques tresses...
et puis aussi des oreilles de lapin... [pour comprendre :
http://macuisinerouge.canalblog.com/archives/2008/03/18/8367151.html
Je prends ma voix la plus jolie...
je te fais mes yeux doux, à la façon du chat dans Shrek!
et je me lance! :)
Dis j'ai écumé tous mes boutiquiers, et il n'y a personne qui a Melle Oishi! Quelle honte te dis-tu et tu as bien raison, j'ai eu la même réaction :)
Dis... est-ce que je pourrais prétendre à un envoi postal du premier tome?
Demandé aussi gentiment ... comment résister ?!
(Maintenant j'imagine la tête de Gawou à la place du Chat de Shrek !) ://
yipee yipee yipee!!!
Merci à toi, clarajolie!!!
[imagine le chat de Shrek avec les oreilles de lapin :)]
Argh, ne déforme pas trop ma vision de Gawou dans ma petite tête ! ça va prendre des proportions bizarres ... :/
ahah, tiens je suis curieuse : comment tu m'imagines???
Aucune idée ! Mais tu mets des petites photos de toi sur ton blog, en haut à gauche, donc ça peut fausser l'imagination.
Mais d'imagination j'en ai point sur ta trombine ! C'est mystérieux.
Juste je me dis : c'est une brindille ...

