ne_t_inquite_pas_pour_moiUne mère et sa fille ne font que se croiser et communiquent par des petits messages, laissés sur le frigo. Liste de courses, gros bisous pour la journée, comment s'est passé ton exposé, ce soir je reste chez ma copine, rappelle ton père, nettoie la cage du lapin, etc. Que de l'ordinaire. Et puis, la demande devient pressante : la mère de Claire veut la voir entre quatre yeux, lui parler d'un rendez-vous chez le médecin, lui expliquer cette boule au sein. C'est très grave, mais la mère est paniquée d'aborder cette conversation avec son adolescente de fille. Claire a quinze ans, elle vit, elle sort, elle réclame des sous, elle pleure, elle a un petit ami. Est-il préférable de la préserver, ou de la forcer à mettre ses deux pieds dans la sinistre réalité ? Les petits papiers vont et viennent, parfois une phrase lapidaire, tantôt un petit poème ou alors un long message d'amour... « Je n'aurais pas pu avoir de fille plus fabuleuse. » Pour moi, cela a été le déluge. Les quatre dernières pages avant la fin ont été noyées sous un brouillard de larmes. C'est incontrôlable.

Sans quoi, ce petit livre est tendre, attendrissant, atrocement émouvant. Au début, j'étais assez perplexe sur cette étrange relation, tourbillonnante. Ni la mère ni la fille n'arrivaient à se poser pour s'apercevoir quelques secondes. Puis, j'ai compris pourquoi. J'ai également été touchée par cette connivence atypique qui s'inscrit dans une relation épistolaire, ce besoin d'écrire au lieu de dire. Le sujet sur la maladie (cancer) est abordé avec sobriété et intelligence. Le but n'est pas de faire pleurer, mais il m'est apparu assez difficile de rester stoïque.

Pour information, ce livre est édité en jeunesse et en adulte (deux couvertures différentes).

Ne t'inquiète pas pour moi, d'Alice Kuipers

Albin Michel jeunesse, 2008. 242 pages - 10 €

Traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec. Titre vo : Life on the refrigerator door.

A été lu par Gawou ; Mélanie ; Cathulu ...