Quatrième de couverture

Elles sont trois : il y a Johanna, la trentenaire plus mante que religieuse, Éléonore, la psy quinquagénaire qui a appris à parler la langue dis hommes, et, entre les deux, conseillée par ses copines, Ingrid, une photographe romantique sur le point de vivre une passion, et de trouver, peut-être, derrière l'aventure, la révélation d'elle-même - de quoi commencer à vivre enfin. Trois femmes qui se ressemblent et se nuancent, se disputent et s'amusent : c'est qu'elles cherchent toutes l'amour avec un grand A. Mais sont-elles d'accord sur sa définition ? Faut-il croire que les hommes aiment ce qu'ils désirent, alors que les femmes désirent ce qu'elles aiment ? Et surtout, l'amant idéal peut-il encore être célibataire ? Cette question, l'héroïne tâchera d'y répondre, de coup de coeur en coup de blues, avec l'espoir sur la ligne d'horizon. Un roman drôle et lucide sur les relations hommes-femmes. Un manuel de survie pour (ré)apprendre à dire Je t'aime.

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Ne boudez pas votre plaisir ! Voici un roman tout à fait sympathique, qu'on lit en deux jours à tout casser et qui sait divertir sans ruiner les neurones, ni donner mal au crâne ! Trois jeunes femmes aiment se retrouver et papotent sur l'amour, les hommes et leurs attentes. Leurs avis divergent, l'une veut consommer et jeter au petit déjeuner, une autre est mariée depuis vingt ans et vilipende les amants d'aujourd'hui qui se flagellent à force de nourrir trop d'illusions pêchées dans les comédies romantiques, façon Titanic. La troisième, notre narratrice, est plus modérée, un peu romantique mais aguerrie par un divorce houleux. Elle a trente-sept ans et une fille en âge d'être lycéenne. Elle rencontre l'homme idéal, c'est le coup de foudre mais il lui avoue être marié.

Faut-il voir dans ce livre un guide sur les nouvelles relations hommes-femmes ? Non, je ne pense pas. Ou chacun son avis. Personnellement je veux encore être bercée par des illusisons dérisoires mais doucereuses. Nos trois nanas sont plutôt redoutables, ne vous retrouvez jamais avec elles dans un restaurant ou à la caisse d'un supermarché, par exemple ! (L'obsession de la diététique de Johanna est crispante !) Dans ce roman, elles s'adonnent à un passe-temps exclusivement féminin : disserter des heures sur une relation, naissante ou attendue. Elles formulent des théories à prendre à la légère -selon moi-, du genre : Sortir avec un Modigliani, rentrer avec un Rodin (je vous laisse cogiter là-dessus !) ou bien : Les hommes aiment ce qu'ils désirent, les femmes désirent ce qu'elles aiment. Cela fait un peu psychologie de magazine féminin, mais je m'en moque car j'ai franchement apprécié cette lecture, que j'ai trouvée agaçante et exagérée, mais délicieuse malgré tout. La fin, particulièrement, a su m'émoustiller car elle a ressaisi mon intérêt qui commençait à flancher. Je n'ai pas trouvé que ce livre était le pendant français de Sex and the City, comme j'ai pu le lire ci ou là - halte aux clichés faciles et/ou vendeurs ! Personnellement, je ne me suis pas retrouvée dans ces trois femmes, mais il y a un point que je ne conteste pas avec elles : le chocolat, lui, ne déçoit jamais ! N'est-ce pas ?

Robert Laffont, 2008 - 353 pages - 20€

 

Extrait : Lorsqu'on tombe sur ce genre de platitude dans un roman, on le referme en vérifiant que personne ne vous a vu l'ouvrir. Et pourtant ! C'est la loi de l'espèce. En état de délire amoureux, l'être humain est sensible aux mots sucrés et enflés comme des barbes à papa. Et pas seulement les femmes, qui s'en cachent moins. Tout le monde aime les signes tangibles d'intérêt de l'autre : le petit papier glissé sous l'oreiller, le coup de fil pour dire "Je suis heureux que tu existes", les baisers interminables et les sourires béats de complicité. Ensuite, c'est selon : certains assument et d'autres pas. Une seule règle : ne pas le dire, ne pas l'écrire et ne surtout pas le lire. Dans les vrais romans, une grande passion se termine par la folie, la mort ou le mariage. Les happy ends, c'est bon pour la chick-lit (les romans à l'eau de rose) ou la littérature américaine (on lui pardonne tout, vu ses tirages). Dans les dîners en ville, mieux vaut porter en étendard le cynisme de Christine Angot ou l'ironie de Besson (Patrick, s'entend). A lire, assurément, c'est plus drôle. Mais à vivre ? Que celle (ou celui) qui n'a jamais vécu sa (ses) phrase(s) sucrée(s) avec délectation me jette sa première lettre d'amour à la tête.