12/06/08

Je lis, je bâille, je végète et j'attends...

Hello les lecteurs !

Je déserte un peu le blog (et par là, la blogosphère) ces derniers temps. Pourtant je ne chôme pas côté lecture. Il faudrait que je vous en cause quelques mots, il y a du bon, du moins bon... mais rien de transcendant. En ce moment je plane, je fais la dilettante. Je ne sais pas si je suis frappée du sceau du Malheur (peine à m'emballer) ou si j'ai simplement une envie de batifoler ailleurs, de butiner d'autres pollens.

J'effectue depuis une ou deux semaines un gros ménage dans mes livres et je me sens tiraillée. J'ai tant de livres à lire, j'en suis folle de joie mais je sens aussi une énorme frustration me gagner. Aurais-je assez de temps, un jour, pour TOUT lire ?! C'est flippant. Alors le truc veut que je croque des bouts dans plusieurs livres, moi qui d'ordinaire suis incapable de lire plusieurs livres à la fois ! Je veux ci ou ça, j'ai une fringale de lectures comme si le temps allait cesser de compter pour moi, demain !

Elle est toquée, la Clarabel.

Et puis, il y a cette attente vicieuse qui reste chevillée au corps. Quand vous venez de connaître une lecture-phénomène qui a su vous vampiriser jour et nuit, pendant dix jours d'affilée (voir, plus !), vous savez que vous êtes en droit d'attendre encore une fois ce renversement !!! C'est légitime ! La preuve, ça existe !

Alors peut-être je me désespère en cachette de connaître d'autres perles de lecture. Les jolis moments existent, ouf ! Mais ils ne valent pas les coups d'avalanche. Et puis, c'est quoi cette manie de débuter un livre, de bien aimer et finalement de caler à mi-parcours parce que ça ne vous intéresse plus ?

Non, je ne suis pas maudite. Non, je ne lis pas trop ou n'ai pas trop lu. Non, ceci n'est pas le revers de médaille, ni un coup de bambou. C'est juste un cri de guerre ! Aaaaaah. Et je ne suis pas bêtement obsédée (je sais reconnaître les cas de démence, là je vous rassure, ma passion twilight revêt désormais les couleurs d'une passion sympathique et réconfortante, j'aime la dorlotter mais je ne suis pas enfermée dans un mauvais trip ! ;o)).

Bientôt les vacances ! Il me semble qu'elles seront requinquantes, entre flâneries, bouquinages et bronzing gentillet...

La grosse lassitude qui me gagne ne m'empêche pas de vous parler de quelques lectures... ^ __ ^

J'ai donc eu entre les mains le livre de Thierry Cohen, J'aurais préféré vivre. Il vient de sortir en poche et connaît un gros succès parmi les meilleures ventes des sites en ligne. Ah bon, me suis-je dit. J'avais reçu ce livre un an auparavant mais je n'avais pas dépassé les premières pages. Peut-être ai-je loupé quelque chose... Mouaip. Non, pas franchement.

C'est l'histoire d'un garçon de vingt ans, Jérémy, qui décide de mettre fin à ses jours car Victoria, l'amour de sa vie, ne l'aime pas en retour. Il se suicide donc un 8 mai 2001... et se réveille le 8 mai 2002, dans les bras de Victoria. Que s'est-il passé ? L'invraisemblable ne s'arrête pas là, car deux ans défilent et Jérémy est de nouveau spectateur de sa vie. Un phénomène surnaturel a pris possession de son existence : il n'est plus maître de son destin, il se réveille de temps à autre pour constater qu'un autre que lui vit sa propre vie mais la saccage avec superbe ! Absolument déroûtant. J'ai lu ce roman d'une traite car cela s'y prête très bien, pourtant la fin n'est pas du tout satisfaisante. Un peu comme un roman policier, le livre de T. Cohen renferme une intrigue atypique, doublée d'une histoire de couple et d'amour très contemporaine. Mais un petit boulon a grippé la belle mécanique, et quelque part ça coince... Il y a toutefois une certaine prouesse dans cette histoire, car elle nous fait tourner les pages tant notre curiosité a été piquée ! A voir, donc.

Ces derniers temps, j'ai également lu pas mal de bandes dessinées (ou des mangas). Cela a l'avantage de se lire très rapidement, d'être distrayant et anti prise de tête !

Au programme, j'ai eu ce tome 1 de la Madone de Pellini.

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François Rivière a imaginé que le romancier américain Henry James, définitivement fixé en Angleterre vers la fin du XIXe siècle, avait renoncé à la publication d’un long récit à caractère fantastique inspiré par des événements lui étant arrivés – récit dont il est l’un des personnages.

L’histoire débute à Londres, en 1891. La jeune Nora De Wing rejoint un institut d’études psychiques afin de satisfaire son goût pour l’indicible, et parfaire ses dons de médium. Mais lors de sa première réunion spirite, sa vie bascule. Possédée par l’esprit d’une autre femme, qui va s’exprimer à travers elle, elle s’évanouit. À son réveil, elle ne sera plus jamais la même… Ses rencontres avec un jeune peintre italien Guibilati et l’écrivain Henry James la mèneront sur les traces d’une mystérieuse toile : le portrait d’une Madone du peintre florentin Giovanni Pellini.

J'ai trouvé le dessin de Federici assez surprenant, entre naturalisme et fantasmagorie. Il focalise essentiellement notre intérêt sur les regards des personnages, tour à tour déments, menaçants, apeurés ou égarés. Le scénario est assez bien ficelé, la présentation du personnage de Nora et la situation étrange dans laquelle elle plonge sont bien amenées. (On croise des personnalités qui éveillent quelques frissons, mais est-ce à cause du coup de crayon du dessinateur ? Si oui, c'est bien mouché !) La présence de François Rivière compte énormément dans mon choix de lecture ! On peut aussi lire cette bd comme un bel hommage à Henry James !... A suivre.

(En parlant de François Rivière, je reviendrai prochainement avec un billet sur ce monsieur et son ôde pour Enid Blyton, grande prêtresse de nos lectures pour-quand-nous-étions-jeunes ! En plus d'un formidable album qui fait son poids et qui parle des héros de notre enfance... tout un programme !)

Passons à une lecture coup de poing ! Un album pas tendre, qui ne fait pas dans la dentelle, c'est Lucille de Ludovic Debeurme.

Dans cette histoire, on fait la connaissance de deux adolescents mal dans leur peau, il y a Lucille qui maltraite son corps et Arthur qui ne cesse de compter pour se rassurer. La première vit seule avec sa mère et souffre de cet enfermement, elle se sent laide et soumet son corps à un régime drastique, qui tourne à l'anorexie. Trop écoeurée, Lucille refuse de remplir son corps - de nourriture, ou autres. Arthur est l'aîné d'une famille de pêcheurs. Le père boit et devient hargneux. Un jour, à bord du chalutier, un drame arrive sous les yeux de l'adolescent et cela va jeter un blâme sur la fatrie. La rencontre de ces deux âmes perdues équivaut à deux morceaux de puzzle mis bout à bout ; avec leurs chagrins respectifs, Lucille et Arthur comprennent qu'ils se ressemblent et décident de partir en Italie.

Ce gros roman graphique est un monument éloquent, avec un sens figuratif assez pointu, qui ne laisse pas indifférent. Parfois, l'histoire peut déranger et choquer (actions crues, discours sans ambages) mais il en ressort une volonté de bousculer le lecteur, de brusquer derrière la fausse simplicité du style, très fluide. La lecture des 500 pages est surprenante de rapidité, toutefois il se dégage un gros sentiment de déprime qu'on souhaite à tout prix dépasser ! J'ai beaucoup aimé, malgré tout. J'attends la suite qui doit prochainement paraître, mais quand ?

Aïda, à la croisée des chemins de l'italienne Vanna Vinci est un album étonnant, j'avais eu un sursaut de réticence au moment de sa sortie et c'est finalement par le plus grand des hasards qu'il m'a été permis de le découvrir ! J'en suis fort heureuse !

Fraîchement séparée de son petit ami, Aïda quitte la ville de Bologne pour s'installer à Trieste dans la maison de ses grand-parents décédés. La jeune fille s'est remodelée un look, sort avec sa cousine dans des bistros branchés mais elle traîne un spleen qui lui colle à la peau. Un soir, seule dans la demeure familiale, elle a une vision surnaturelle : son grand-père revêt son paletot et sort pour aller au bistro du coin ! Le sang d'Aïda ne fait qu'un tour, elle le suit et lui adresse la parole. Sidérée, elle se rend compte qu'elle a le sixième sens, celui de communiquer avec les morts.
Ainsi, elle cohabite avec des fantômes (ses grand-parents) et fait connaissance d'un type au look spectral, costume noir et peau blanche. Il suit la jeune fille à la trace et se présente sous le prénom de Nino. Qui est-il ? Son identité semble très liée à l'histoire de la famille, et aujourd'hui Aïda est seule capable d'expliquer à cet amnésique une effroyable erreur du passé, comprendre un piège et combler les trous de l'héritage.
Cela paraît compliqué à lire, mais en fait le fil de l'intrigue se déroule tout seul. Dans un décor exclusivement noir et blanc, même essentiellement obscur, le scénario s'écoule sur un tempo nonchalant, presque monotone et lancinant (ceux qui n'ont pas aimé diront que c'est ennuyant !). Pour ma part, j'ai été transportée par cette atmosphère assez hypnotique, dans ce théâtre de Trieste superbe, aux pas d'une enquête des origines à la fois simple et traumatisante.
La fin est conduite aussi sereinement et l'héroïne renoue sans effort dans une vie plus réelle, plus "mortelle".
Belle découverte pour moi.

Hop ! je vous ai fait cadeau de petits cailloux assez lourds, il est temps que je retourne plonger mon nez dans mes cartons où j'espère sincèrement m'y perdre ! A de prochaines aventures... livresques, avé les lecteurs !  

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - Commentaires [39] - Permalien [#]