Couleur pacifique pour un livre finalement pas si paisible que cela...

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Arthur Hobhouse, cinq ans en 1947, fait partie d'un groupe d'orphelins qui quitte l'Angleterre pour l'Australie. Il se lie d'amitié avec Marty, un garçon plus costaud et sûr de lui, qui lui servira d'appui secourable au Ranch Cooper. Sous couvert d'un programme religieux, le propriétaire emploie les enfants à des tâches difficiles et n'hésite pas à les fouetter pour punir leur insubordination. Pour s'échapper de cet enfer, Arthur conserve précieusement le souvenir de sa soeur Kitty grâce à une petite clef porte-bonheur. Il espère un jour revivre avec elle, mais le temps passe et leurs retrouvailles ne seront plus qu'un lointain espoir. Dans la deuxième partie du roman, c'est la fille d'Arthur Hobhouse, Allie, qui prend la parole et raconte son périple en mer qu'elle effectuera, seule, à bord de son voilier. Sa mission est d'atteindre l'Angleterre pour retrouver la fameuse Kitty.

Deux styles s'opposent dans ce livre : résolument plus moderne et dynamique pour la fin, contrairement au début plus tristounet. En fait, je trouve que le manuscrit d'Arthur Hobhouse rappelle quelque part la tradition orale, et je vois bien cette partie récitée à voix haute. Pour le reste, on ne peut guère espérer une note enlevée tant le propos de l'histoire frise le désespoir. Arthur raconte son parcours semé d'embûches, avec en toile de fond la guerre et ses ravages (un thème cher à Morpurgo), la séparation et la solitude. Toutefois, Arthur est un garçon remarquable, car jamais il ne baisse les bras ni ne perd espoir d'un lendemain meilleur (il a probablement été nourri au Candide de Voltaire ! ;o) ). 

Le contenu fait aussi état d'une vérité historique peu entendue : durant deux décennies, le gouvernement anglais a envoyé des enfants britanniques, on pensait qu'il était plus pratique de rassembler "les gens qui posaient des problèmes" (orphelins, enfants non désirés, délinquants) et de les transporter dans les colonies (le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie).

Sans conteste, Michael Morpurgo est un grand écrivain, il nous offre un récit émouvant et plein de lyrisme mais je n'ai pas autant aimé ce livre qu'Au pays de mes histoires, que je recommande plus fortement.

Gallimard jeunesse, 2008 pour la traduction française - 295 pages - 14,90€

traduit de l'anglais par Diane Ménard.

A été lu et aimé par Mélanie (Book in!) , Vanessa (Eliabar)

L'interview de l'auteur