La maison des temps rompus - Pascale Quiviger
Au cours d'une longue promenade sur la plage, la narratrice découvre un panneau d'une maison à vendre, en bord de mer. Réfugié au coeur des dunes, prêt à être avalé par le roulement des vagues, cet endroit l'appelle et lui chuchote un message qu'elle seule peut entendre et comprendre. La maison des temps rompus, "c'est le lieu concocté par ce qui, en moi, demeure capable de vision, de guérison et d'espoir".
La narratrice s'y installe, perd la notion du temps et perçoit qu'elle habite un lieu hanté et qui - peut-être - n'existerait pas. Alors, un roman dans le roman voit jour : une histoire de deux amies inséparables qui vont grandir ensemble, être nourries de légendes aussi fantasques que fantasmées. On y croise une grand-mère irlandaise, qui travaillait dans les champs à pieds nus, une préceptrice anglaise, une aide-ménagère lourde de nostalgie, un amiral à la retraite, des jumeaux héritiers d'une clé d'or... Mais à quoi tout cela nous mène-t-il ?
Ce roman, empreint de réalisme magique, nous raconte une très belle aventure de maternité, d'amour et de don de soi. C'est aussi une histoire de deuil, de séparation et de perte. Ce n'est pas foncièrement douloureux, c'est au contraire éblouissant et éclatant. Ce roman mène à la vie, j'en tiens pour preuve cette bouleversante déclaration d'une mère à sa fille :
"quand on tient un bébé dans ses bras, le jour de sa naissance, la minute de sa naissance, écoute-moi, ce jour-là, cette minute-là on tombe dans un puits sans fond et on n'en revient plus. On est condamné à aimer jour et nuit chaque battement de son coeur, on est condamné à se faire du souci sans arrêt, à souhaiter des choses impossibles, comme d'apprendre à marcher à sa place, comme d'attraper ses rhumes, sa varicelle, ses piqûres d'insectes, comme de percer ses dents, d'avoir ses peines d'amour et ses examens de fin d'année, mais c'est impossible. On imagine mille façons qu'il aurait de se blesser. On a peur qu'il meure. On a peur de ne pas pouvoir lui survivre. On le protège de toutes ses forces et pourtant on ne s'est jamais senti aussi vulnérable."
Pascale Quiviger nous offre un nouveau roman inquiétant, tordu et alambiqué. On y pénètre à tâtons, le temps de toucher les murs et de prendre ses repères. Cette maison des temps rompus crée un naufrage, celui de l'entendement. N'essayez pas de trouver Pirogue sur une carte, ne vous demandez pas ce qui est vrai ou imaginé, ne pensez surtout pas qu'un raz-de-marée va tout balayer et vous laisser exsangue... Non, c'est un livre qui se livre en douceur, camouflé sous mille couches à effeuiller avec délicatesse. Il y a un vent de folie entre ces pages, un souffle imaginaire et rêveur. C'est une très, très belle lecture qui confirme tout le bien que je pensais de cet écrivain déjà découvert avec Le cercle parfait.
Boréal pour l'édition en langue française au Canada, 2008
Editions Panama pour la présente édition dans le reste du monde, août 2008
190 pages - 18,50€
Commentaires sur La maison des temps rompus - Pascale Quiviger
J'hésitais beaucoup à lire ce roman; je ne sais pas, il y a des fois des couvertures et des 4ème de couverture qui ne nous attirent pas. Mais ton billet risque de me faire changer d'avis. ;-)
La couverture est particulièrement hideuse mais le texte est magnifique!
C'est mon coup de coeur de la rentrée (dans ce que j'ai lu pour l'instant), j'ai ADORE ce roman dont je ferai un billet bientôt !
Laurence, n'hésite plus !!!!
Cathulu, même constat vis-à-vis de cette couverture... heureusement le contenu est un bonheur !
Lis son premier roman "Le cercle parfait" -excellent aussi !
Cuné, j'attends ton avis ;)
A travers l'histoire des deux amies inséparables, j'avoue avoir un peu basculé dans la même émotion éprouvée en lisant "Le Treizième Conte".
La couverture est vraiment épouvantable!!! Mais ton billet me tente alors on va passer par dessus ça!!!
Coucou Clarabel,
entre deux atchoummmmmmmmmmm (j'ai une rhino-pharyngite, mais je me drogue, ne t'inquiètes pas, hihihi...). Je note donc ce titre à la couverture colorée très sympathique !
Je ne connais pas du tout l'auteur et comme d'habitude ton billet est tentant, mais tu sais ce qui me tente plus encore, c'est passer commande pour les 3 romans de Stéphanie Meyer, alors, je fais quoi ? Je craque ou je craque pas ????? Clarabel, au secours !!!!!!!! Bisous ma belle
"L'auteure", argh !!!!!
Oups, seais-je la seule à aimer la couverture ? Pourquoi, vous l'aimez pas les filles, moi, je la trouve drôle au contraire et accidulée, plaisante à regarder... Je vais me faire lincher ? HOuuuuuuuuuuuuuuu !!!!!!!
L'extrait me fait dresser les cheveux sur la tête, j'ai pensé exactement la même chose à la naissance de ma fille aînée !!! Bon, me voici encore en train de noter Clarabel !!! Cette couverture ressemble à une couverture de manuel scolaire, est-ce donc un plan marketing pour la rentrée ?? Je plaisante.
Quoi, la MÊME émotion que Le treizième Conte ??? Alors je prends sans attendre... surtout que l'extrait que tu as cité m'avait déjà conquise...
Nath, c'est à dire qu'elle est toute fade, cette couv, mate, sans éclat, un peu obtuse, alors que le contenu est foudroyant de talent et d'émotion... Y a comme un décalage !! :-D
Cuné, ok... Je note ! Ouhlàlà, tu vantes toi aussi les mérites de ce roman, alors je craque ou je craque pas, hihihi...
Au secours de les filles !
Bisous
Bah je ne rajoute plus de grand discours, juste une injonction : tentez !!!!!!!! ;)
La couverture est ... surprenante, étonnante, intriguante.
Pour une fois, oui il ne faut pas s'y arrêter, juste pousser la curiosité plus loin.
Antigone, je suis sûre que tu vas aimer !!!!
Nath, achète aussi les livres de Stephenie Meyer ! ;)
Patricia, laisse-toi surprendre ! n'aie aucune attente ! et puis la magie fera le reste...
Cuné, à quand ton avis ?
Clarabel, okkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk (j'imite le ok "Dans les visiteurs, hihihi... Tu vois le genre ???).
Merci du conseil... Bisous ma belle
Une maison au bord de la mer, les dunes, des mystères qui rôdent, de faux souvenirs, une impression de remonter l'histoire: j'ai le sentiment d'avoir déjà lu un roman contenant tout cela, mais impossible de me rappeler lequel...ça ne dit rien à personne ? Je m'inquiète de mes trous de mémoire . J'avais pensé à "La chambre de la Stella": raté, elle est dans la Creuse!
Help!
Marie, serait-ce "Les invités de l'île" de Vonne van der Meer ? (Je ne l'ai pas lu, sais pas)
http://journal-d-une-lectrice.over-blog.net/article-11909325.html
Non, ce n'est pas ce roman que je ne connais pas du tout . Merci quand même de m'aider ! Marie
Je pense que c'est une idée de roman qui a déjà été reproduite, peut-être ai-je déjà ce roman qui vous échappe...
Mais n'hésitez pas à lire cet incroyable roman de Pascale Quiviger, Marie ! Vous m'en direz des nouvelles !!!
Ne serait-ce pas "La petite trotteuse", de Michèle Lesbre, cette maison dans les dunes ?
Peut importe, mais c'est agaçant de s'encombrer l'esprit avec une idée, ou une question....Marie
Oui, c'est vrai qu'il y avait une maison près de la mer dans La Petite Trotteuse.
Ce genre de question peut vite devenir une torture mentale, quand on s'échine à mettre un mot sur ce qui nous chiffonne. J'en sais quelque chose !

