* Paroles de Libertad / Pep's

On m'avait dit p'tit gars
Là-bas on t'enlève tes chaînes
On te donne une vie
Sans t'jeter dans l'arène
Comme ici tout petit après neuf mois à peine
On te plonge dans une vie où tu perds vite haleine
(...)
Alors une petite fille aussi belle que nature
Me prit par la main et m'dit : "Suis cette aventure"
On disait même, oh oui que la mer l'enviait
Que la montagne se courbait pour la laisser passer
Elle m'emmena au loin avec une douceur sans fin
Et ses bouclettes dorées dégageaient ce parfum
Qui depuis des années guidait ce chemin
Ton chemin, mon chemin, le chemin
(...)

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51xBKoyTyoL__SS400_Avis à toutes les mamans qui ont grandi devant Heidi la petite fille dans les Alpages... Voici un petit bouquin pour vos bambins qui peut-être leur donnera une petite idée du bonheur (le nôtre, celui de notre enfance !). Anna, héroïne de 11 ans, et ses parents quittent leur ville d'Aulnay-sous-Bois pour s'installer dans un village de montagne où ils vont ouvrir une boulangerie. Un vrai décor de carte postale s'offre à eux, avec en prime un climat différent, un rythme de vie plus lent et des relations assez frileuses. La communauté est réservée, elle jauge avant de souhaiter la bienvenue et de vous compter parmi elle. Anna et ses parents pensaient que les idiots ne vivaient qu'en ville et étaient éloignés de ce havre de paix. Erreur : leur venue n'est pas bien perçue par le boulanger itinérant, fâché de perdre sa clientèle. Intimidation, menaces, sentence élémentaire : vous n'êtes pas d'ici, retournez d'où vous venez... Le père d'Anna va perdre son sang-froid et commettre le geste de trop.

De son côté, Anna a le blues et souffre du mal du pays. Elle n'ose pas le dire à ses parents, qui ne comprendraient pas. Elle a tout pour être heureuse, n'a aucune raison d'être insatisfaite et pourtant l'isolement, la solitude, le déracinement s'associent férocement pour miner son moral. Ou est-ce aussi le manque de sa meilleure amie Lina qui cause son cafard ? 

Un texte gentil, sensible et lucide sur le déménagement et les relations avec les autres (parents, voisins, amis). De jolis passages sur la nature, les paysages montagnards apportent la petite touche de couleur au tableau.

* 10 ans et plus *
J'habite en bas du ciel - Bruno Gibert
Syros, coll. tempo - août 2008 - 136 pages. 5,90€

Pour les nostalgiques ;o)

 


Heidi la serie tv

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51KxNaig5ZL__SS500_En vacances chez sa grand-mère, Mathilde s'inquiète de ne pas avoir de nouvelles de son amie Jocelyne, restée à Paris. Elle parvient à rentrer chez elle en avance et se rend presque aussitôt chez Jocelyne, où le quartier a totalement perdu de sa vivacité et de sa couleur. C'est anormalement calme, les lieux sont vides et abandonnés. En s'introduisant par effraction dans l'immeuble de sa copine, elle découvre des appartements délabrés, où la vie de tous les jours a subitement pris fin, sans explication.

Sa mère lui suggère alors de se rendre au commissariat mais l'accueil est froid. La rentrée au collège s'effectue, aucune trace de Jocelyne, ce qui inquiète de plus en plus Mathilde. Elle retrouve Gretsch, un garçon qui vient de Tchéchénie, pays qu'il a fui à cause de la répression sanglante, et elle sera alors témoin d'une scène qui lui apportera la réponse qu'elle n'attendait plus.

C'est sur une intrigue policière que se base l'histoire de ce roman, dont le sujet concerne la clandestinité et les sans-papiers. Cela devient un thème de plus en plus exploité dans la littérature jeunesse, cf. L'ami l'iguane d'Alex Cousseau chez Le Rouergue. Ici, Christian Roux a mis l'accent sur le mystère autour de la disparition d'une jeune Malienne, la meilleure amie de l'héroïne, en créant une ambiance pesante (il parle de 'tristesse infinie' ou de 'catastrophe permante' pour planter son décor).

C'est bien vu, Mathilde s'improvise détective et c'est à travers elle qu'on passe au peigne fin les 'lieux du crime'. Le passage en revue est souligné par son innocence et son inquiétude (bien légitime), mais cela n'empêche pas le lecteur de vite décrypter les messages cachés. En fait, l'auteur nous donne assez facilement les bonnes pistes à suivre, mais il a l'habileté de faire travailler Mathilde, la forcer à fouiller et réfléchir pour arriver à ses propres conclusions. 

Le récit s'entoure aussi de brillantes introspections pour rappeler l'amitié sincère entre les deux filles, ce que l'une avait su apporter à l'autre. Il met aussi en valeur la précarité des familles démunies, sans aucun misérabilisme. C'est juste, écrit sans fard, sans état d'âme. Et cela touchera davantage les lecteurs de niveau collège.

Les maisons aux paupières crevées - Christian Roux
Syros, coll. Souris Noire - 146 pages - 5,90€
11 ans et +

J'habite en bas du ciel

Les maisons aux paupières crevées