Des vents contraires - Olivier Adam
Un homme seul avec ses deux enfants choisit de reprendre tout à zéro en s'installant près de la mer, à Saint Malo. Qu'est-il arrivé dans sa vie pour que Paul soit cassé, le dos en compote, les nerfs à vif, le coeur au bord des lèvres ?
C'est l'histoire d'une femme, Sarah, qui a disparu. Cela fait un an maintenant. Personne n'en parle, c'est le sujet tabou. A-t-elle tout quitté pour un autre ? Pourquoi abandonner les enfants ? Voulait-elle souffler, s'éloigner pour mieux revenir ? Car Paul n'attend qu'une chose, qu'elle rentre. Que la vie d'avant reprenne. Que son fils Clément retrouve le sourire. Que sa petite Manon cesse de pleurnicher à la moindre contrariété. Ils sont trop jeunes, ils posent des questions qui n'espèrent aucune réponse. Car comment expliquer ce qui ne s'explique pas ? Sarah est partie.
Le roman pèse lourd, sur cette présence fantôme, sur le trio qui se serre les coudes, sur la vie en général qui n'offre pas d'alternative. Paul a pensé s'offrir une seconde chance, et du répit en bonus. Il a trouvé refuge auprès de son frère et de son épouse, il donne des leçons pour l'auto-école. Il est un peu comme un Superman, il attire les âmes déboussolées et veut les aider comme il peut. Mais il fait trop, pour tout le monde. Et ainsi, il ne fait pas toujours bien. Avec ses enfants, il est le bon papa gâteau. Il console, supporte, écoute, cajole. Il ne gronde pas. Il se veut comme un mur infranchissable, solide et inébranlable. Or, un matin, il risque d'apprendre comme Buzz l'éclair qu'il n'est qu'un jouet. Juste vulnérable.
Ce n'est vraiment pas la joie. L'un des personnages dans le roman dit à Paul, qui est un écrivain en panne sèche, que ses romans sont « geignards, mais c'est pas mal ». Cette petite phrase m'a fait sourire. Je suis une grande fidèle d'Olivier Adam, mais hélas je commence à avoir de plus en plus de mal à le lire. C'est tellement déprimant, même si c'est toujours bien écrit, tiré vers le haut, de façon remarquable. Malgré tout, et malgré moi, cela fait l'effet d'une enclume qui vous tombe dans le ventre, et vous cloue au sol.
Ce roman est douloureux, il a des accents mélancoliques, qui flirtent entre le désespoir et l'impuissance. L'histoire est triste, très triste. Pleine de détresse, avec des personnages sur la corde raide. Tout est à fleur de peau, les pères sont cabossés, les femmes sont quasi inexistantes. Et l'amour, dans tout ça ? Il s'inscrit partout, dans chaque geste de Paul pour ses enfants. Mais cela ne permet pas d'aérer le climat pesant. Heureusement il y a la mer, autre bouffée d'oxygène, elle s'étend sous nos yeux, elle brille, elle nous éblouit. Cela n'efface pas l'angoisse, les nuits sans sommeil, l'alcool noyé dans le sang, la mère disparue. C'est un sauve-qui-peut. La fin du roman nous tend une autre bouée de sauvetage, et étrangement c'est lorsque les questions trouvent enfin leurs réponses qu'on comprend que ça ne résoud rien. Que la tristesse est toujours là, elle ne s'atténue pas.
(Avis chagrin pour un roman compatissant... je me sens toute grise à l'intérieur ! Brrr.)
Editions de l'Olivier, 2009 - 255 pages - 20€
Commentaires sur Des vents contraires - Olivier Adam
Malgré la tristesse qui a l'air de ressortir de ce roman, il me fait très envie.
> Cécile, c'est tant mieux ! je ne cherche pas à dissuader non plus, juste à titiller le "pourquoi pas?" ... ;)
Cette fois, je l'ai fini !
J'ai trouvé curieusement que ce livre était moins triste que les précédents (mais c'est peut-être moi qui ait davantage le moral que lorsque j'ai lu ses autres livres ; j'avais d'ailleurs attendu plus d'un an avant de lire "Falaises"...).
Peut-être parce que, cette fois, il y a un mot, un nom, sur le malheur des protagonistes.
Enfin, j'en ressors toute bouleversée par ses mots !
> il faut avoir le moral bien accroché pour lire Olivier Adam, j'en sais quelque chose, car avec "des vents contraires" j'étais d'humeur chagrine, et pas seulement...
Ca y est, je l'ai lu.
Je le trouve merveilleusement bien écrit.
Et effectivement, je le trouve moins triste que les précédents.
Il y a des trouées de lumière dans un ciel par ailleurs très sombre, des personnages qui font tourner le monde à l'endroit, et je n'en dis pas plus pour ne pas déflorer le roman à d'autres lecteurs.
Bien sûr, ce n'est pas un roman léger, loin de là,
Mais un très beau roman sur la paternité,la maternité, la fraternité, l'amitié, et l'amour.
Oups, Zorette = Audrey, j'ai déjà posté ici, plus haut, désolée pour le cafouillage de pseudo!!!
> Aucun souci, Zorette Audrey ! ;o)
Je n'ai pas perçu la lumière, j'ai trouvé ce roman plus triste et j'avais envie d'en sortir très vite.
J'ai aimé, malgré tout.
Parce que, Olivier Adam.
Et c'est vrai qu'il sait merveilleusement déclarer l'amour d'un homme pour une femme et pour ses enfants. Et pour la mer, aussi.
Mais... un petit truc coince avec ce livre.
Je ne sais pas, je n'ai pas su.
J'attends le suivant ! :)
je l'ai lu comme chaque Olivier Adam et j'ai aimé, comme chaque Olivier Adam. On me dit "mais il est dépressif ce type" et moi je dis non parce que ressort de tout ça les moments de bonheur, tendresse et amour que Paul partage avec ses enfants.
PS: je me rends compte qu'on lit finalement toutes les bons auteurs!!
> Moi non plus je ne suis pas d'accord quand on parle d'Olivier Adam en tant qu'auteur dépressif. Ok, ce n'est pas un joli monde de Bisounours qu'il nous raconte, les personnages sont mal-menés, mais c'est une façon de montrer aussi sa vision, son attachement à la vie, qu'il ne faut pas se leurrer non plus.
J'aime beaucoup Olivier Adam, par contre je suis d'avis qu'il ne faut pas le lire si on n'a pas trop le moral ! ;)
BIZARRES VOS IMPRETIONS! moi j'ai adoré ce livre, bien sure il y a de la mélancolie mais enrobée de romantisme si rare de nos jours...A meusure que les pages défilent les petits rien de tous les jours remplis d'amour vous envahisseent.Les brumes ne sont pas tristes à ST Malo,elles sont magiques,féeriques,mystèrieuses.J aime tous les personnages de ce livre, ils ont l'air si humains ,si fragiles. Bref un souffle de tendresse...
BIZARRES VOS IMPRESSIONS! Moi j'ai adoré ce livre, bien sure il y a de la mélancolie mais enrobée de romantisme si rare de nos jours... A mesure que les pages défilent les petits rien de tous les jours remplis d'amour vous envahissent. Les brumes ne sont pas tristes à ST Malo, elles sont magiques, féeriques, mystèrieuses. J'aime tous les personnages de ce livre, ils ont l'air si humain, si fragile. Bref, un souffle de tendresse...
Je viens de terminer DES VENTS CONTRAIRE, premier roman que je lis d'Olivier Adam, je découvre un auteur chaleureux d'une très grande sensibilité. J'ai aimé son écriture fluide, tous ses personnages, notamment Paul, cabossé de partout, débordant d'amour, père très protecteur avec ses petits enfants fragilisés par la disparition subite et non expliquée de leur mère, accrochés à leur père avec amour espoir et desespoir. Et puis aussi toutes les descriptions au détail près de leur vie au quotidien à St-Malo, des lieux, maison, école, mer, voisins, famille. Bref, je ne peux que conseiller la lecture de ce livre très attachant qui m'a provoquée plusieurs fois l'envie de pleurer et qui ne peut laisser indiférent.
Ce roman metente bien... Je suis passée devant lui plusieurs fois avec un arrêt sur image, hihihi... C'est décidé ce sera mon prochain achat livresque !!!!!! Bisous ma belle
La plume d'Olivier Adam : Des vents contraires aux éditions de l'Olivier sort du lot des romans de 2009. Jamais on ne bascule dans le pathos, on s'attache à ses personnages, on est ému.
En édition de poche, j'espère que beaucoup de jeunes vont lire ce roman abouti, son amour pour ses enfants émerge de toutes les pages.
A Michel, à l'abri des vents contraires.
C'est mon premier roman de cet auteur et je rejoins ton avis : beaucoup de tristesse... Une histoire touchante, que j'ai apprécié de lire mais qui ne m'a pas subjuguée non plus.

