Hiver arctique - Arnaldur Indridason
Vous le connaissez, Erlendur, l'homme qui soupire dès qu'on parle de disparition et / ou d'enfants (manque plus que les deux soient liés, c'est fichu!) ? Il s'enfonce dans son fauteuil, chez lui, à la nuit tombée, et il fume quelques cigarettes, le regard plongé dans le lointain. C'est qu'il n'est pas un gai luron, notre ami. Mais on le sait, Erlendur est notre chouchou depuis quatre romans noirs, alors même que le froid polaire islandais fond sur nous en nous statufiant, mais tant pis, on est fidèle et on trépigne : Erlendur is back ! En plus, c'est tellement en accord avec la météo du moment (il neige, il fait froid, le ciel est gris).
Alors que lui arrive-t-il, cette fois-ci ? Du moche, du très moche. D'entrée de jeu, Erlendur et ses enquêteurs inséparables, Elinborg et Sigurdur Oli, sont face au corps sans vie d'un petit garçon de dix ans. Il a été retrouvé sur le terrain de jeu près de son immeuble, l'enfant a été poignardé. Son frère aîné manque à l'appel. Est-il dans le coup, ou en sait-il trop ? Ce ne sont que des débuts de questions qui s'annoncent. Erlendur est sensible au chagrin de la mère, Sunee, qui est d'origine thaïlandaise, mariée à un islandais, puis divorcée.
Il faut doucement éplucher le contexte familial, discuter, rencontrer les proches, palabrer longtemps avec l'interprète, très envahissante. De fil en aiguille l'immigration est passée au crible, avec toutes les formes de violence que cela suscite. Dans le même temps, Erlendur est obsédé par la disparition d'une femme à l'histoire sentimentale alambiquée. Le coup de fil reçu sur son portable d'une femme en pleurs serait-il un signe ?
Plongez, frissonnez, vibrez, lisez en apnée... Comme le vin, les enquêtes d'Erlendur se bonifient avec le temps. Les vapeurs troubles du passé ont été dissipées, mais notre homme ne se débarrasse pas si facilement de son humeur mélancolique, ni de ses bagages encombrants (dans lesquels on retrouve ses enfants, sa liaison avec Valgerdur, la fin très proche de son ancien chef, Marion Briem). Une bonne série policière, c'est aussi la fioriture, pas seulement le noeud à démêler. Parce que les islandais, il faut le savoir, ont un goût prononcé pour la nonchalance, moins pour l'action. Le côté humain et faillible des personnages rend les romans d'Arnaldur Indridason plus poignants. De plus, il y a une bonne distance chez le lecteur par rapport aux névroses et aux déprimes de ce petit monde. C'est noir, d'accord, mais tendance mélodramatique. Il faut y avoir goûté une fois pour comprendre !
« Lorsque l'espoir avait décliné avec les jours avant de disparaître avec les semaines, les mois, les années, une sorte de torpeur laissée par l'événement avait pris le relais. Certains étaient arrivés à s'en préserver alors que d'autres, comme Erlendur, l'avaient cultivée en choisissant la douleur comme compagnon de route. »
Métailié, 2009 - 335 pages - 19€
traduit de l'islandais par Eric Boury
Hiver arctique, Arnaldur Indridason
Commentaires sur Hiver arctique - Arnaldur Indridason
Ah, Erlandur ! j'attends avec impatience le précédent en poche, je crois que je vais pouvoir lire celui-ci plus vite, une copine providentielle l'a acheté ..
Malgré tout ça donne envie d'aller en Islande !:)
Je ne connais pas du tout cet auteur. Est-ce vraiment noir et angoissant ?
Erlendur, je t'aime ! Mais je n'en suis qu'à deux titres lus, donc encore du bonheur à venir...
comme dis chez cuné, très envie:)
> Leiloona, c'est noir mais ce n'est pas angoissant, c'est plutôt mélancolique, les crimes ne sont pas jolis, c'est surtout pour l'ambiance que les romans d'Indridason comptent énormément ! L'Islande, c'est totalement dépaysant. C'est froid, c'est triste, pas sinistre. Enfin c'est un tout. Et puis les personnages centraux sont intéressants, on les suit, on compatit, on les aime davantage.
Il faut que tu découvres tout ça ! (Commence par La femme en vert, dispo en poche.)
> amanda, c'est devenu le rendez-vous annuel ! (tant mieux)
> keisha, et je trouve que les romans s'améliorent, c'est de mieux en mieux... alors déjà c'était très bien !!!
> Cathulu, manque plus que le billet d'avion !
> Aifelle, j'avais aussi aimé "L'homme du lac" !!! j'aime tout ! finalement, peut-être un peu moins "La voix" (s'il faut en éliminer un...) mais c'est vraiment du très bon chez cet auteur ! J'attends ses romans avec impatience maintenant !
pas encore lu le troisième alors...chacun son tour !
Il va falloir que j'y goûte, alors! Absolument!!!
> emmyne, en plus ça se bouscule au portillon !!! :)
> Karine :), goûtez ! goûtez ! sans modération !!!
Génial un nouveau indridason je n'étais pas au courant vite il me le faut !!!!
Je viens de chez Cathulu...pour moi, ce sera sans...mais cela m'intrigue.
J'ai une copine qui n'arrête pas de me parler de cet auteur mais je n'arrive pas à m'y mettre. Pourtant, cette fin d'hiver serait idéale pour lire un polar venu du froid...
J'en ai lu un. J'ai beaucoup aimé. Mais c'est vraiment sombre. Faut pas être suicidaire quand on le lit !
Déidément j'adore les islandaises qui chantent (sauf Björk).
Eh bien, encore première au classement Wikio! Bravo.
Les oeuvres islandaises sont souvent très noires mais comme l'a dit un des commentaires, sans être sinistres.
> Marie, ne pas hésiter un instant, en plus c'est tellement bien !
> antigone, un jour... oui, un jour... ;)
> Alwenn, ça viendra en temps et en heure, sinon la terre continuera de tourner, c'est pas grave ! ;o)
> Marie-Hélène, notre ami Erlendur n'est pas un joyeux luron, c'est sûr... par contre je trouve que ça donne moins des envies de suicide que lire un roman d'Olivier Adam (que j'aime beaucoup), mais c'est le climat qui veut que ce soit froid, figé, limite plombant - mais c'est tellement bon !
(Moi non plus je ne suis pas fan de Björk.)
> Férocias, merci ! On fait comme on peut...
L'ambiance d'Indridason est plus mélodramatique que déprimante (je pense). Et je trouve que ses romans deviennent meilleurs avec le temps !
on arrête pas de parler de cet auteur! le polar islandais par excellence! mais je ne sais pas je résiste encore!!!
> raa, tu loupes quelque chose !!!
Fan de la première heure on a, avouons le, été un peu déçu par ce dernier opus.
L'occasion de conseiller à ceux qui ne connaissent pas encore : L'homme du lac, par exemple, dont on vous livre le premier chapitre, excellentissime, ici même : http://bmr-mam.over-blog.com/pages/Lhomme_du_lac-396839.html
Bonjour, très beau billet qui donnera envie, j'espère, de se plonger une fois de plus dans les enquêtes d'Erlendur. Je les ai tous lues. (mon billet du 13/03/09) Bonne journée.
Tiens, j'ai personnellement préféré le premier "la cité des jarres" et trouvait que la série s'essouflait depuis. Sauf avec ce nouveau tome.

