Au couvent des Petites Fleurs - Indu Sundaresan
Ce sont la grâce et l'élégance qui se reflètent principalement à la lecture des neuf nouvelles qui composent le livre d'Indu Sundaresan. L'exercice est toujours périlleux, en 30 pages l'auteur doit réussir à capter l'attention du lecteur sans louvoyer. Il faut éviter les pièges - les personnages plats, la voix insipide et l'intrigue molle. En postface, l'auteur donne d'ailleurs une très bonne définition de la nouvelle : « Une nouvelle s'accomode plus facilement de la folie et de l'excentricité qu'un roman - où ce serait épuisant. Les romans, en effet, ont besoin de pauses, de respirations. Dans une nouvelle, la pause survient après coup, une fois l'histoire lue et reléguée dans un coin de la mémoire, quand on a le temps d'y repenser. »
C'est tout à fait exact. J'ai pu une nouvelle fois constater avoir été sensible, sur le long terme, à certaines histoires de ce recueil. "Trois secondes et demie" raconte le drame d'un couple uni par un amour incomparable dont la vie sera bouleversée par la naissance d'un fils, mais cet enfant les déçoit car il se montre colérique et violent, qu'importe, le couple va tout lui donner, jusqu'à se saigner aux quatre veines, en seront-ils récompensés ? "L'épouse fidèle" dénonce une pratique pourtant illégale, celle du sati, qui consiste à sacrifier la jeune épousée sur le bûcher de son mari défunt. L'histoire est rapportée d'après le témoignage d'un journaliste, qui tentera le tout pour le tout afin d'interférer dans cette décision. "Le feu" voit le retour d'une jeune femme de trente ans, partie depuis dix ans en Amérique, au chevet de sa grand-mère mourante. C'est l'occasion de régler une affaire de famille, un drame épouvantable qui n'appelle aucun pardon. "L'enfant non désiré" raconte la honte et la douleur d'un vieil homme, alors que sa fille cadette a eu un enfant hors mariage.
Toutes ces histoires montrent bien l'importance de la caste et du rang à respecter, des traditions et coutumes à suivre, et le fossé entre les générations. Huit textes sur neuf se passent en Inde, ils sont à la fois tragiques, drôles, cocasses, tendres et émouvants. Mais c'est une lecture forte, et qui touche instantanément. Le titre du livre fait référence à la première histoire, "A l'abri sous la pluie", la narratrice a grandi dans un orphelinat qui s'appelait le Couvent des Petites Fleurs, elle a été adoptée par un couple d'américains et vingt-trois ans plus tard la jeune femme reçoit une lettre de la directrice qui lui parle de sa propre mère, de sa maladie et du fait qu'elle ne l'a jamais oubliée... Pour moi, c'est la nouvelle qui dégage le moins d'étincelles.
Lisez également "Le Key Club", un texte étonnant, un peu grinçant. C'est l'Inde chez les riches, une génération qui roule sur l'or et travaille pour s'occuper, part en Amérique en attendant d'être en âge de prendre un poste à responsabilités dans la boîte familiale, donc cette jeunesse dorée ouvre un club très particulier pour tuer le temps. Il y a cela, mais pas seulement. Lisez, vous verrez. On attend le moment où le couperet va tomber, on croise les doigts, on l'espère, et là... ah ?
C'est très bon, tout ça. Lecture fort plaisante !
Michel Lafon, 2009 - 220 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Sylvie Cohen
# L'odalisque - Claire DiTerzi
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Commentaires sur Au couvent des Petites Fleurs - Indu Sundaresan
J'ai lu deux romans de Sundaresan et j'ai beaucoup (beaucoup) aimé. Je mets celle-là dans ma LAL :-)
Il est de retour, encore plus fort, encore plus méchant, oserez-vous le défier..????
http://htrjzrrjz.labrute.fr
Muahhahahahhahahhahahaha
> Jo Ann, son roman "La vingtième épouse" m'attend sagement...
> jjpower, c'est quoi votre truc ? impossible de jouer, une vraie bidouille ! :/
Il me prend une envie de voyage à te lire. L'Inde est une destination tentante, allez dans ma LAL
J'ai tout de suite adhéré à Sundaresan en lisant la Vingtième Epouse. Mais j'ai sauté le Festin des Roses (c'est bien ça le titre ?) et j'ai lu La Splendeur du Silence, que j'ai beaucoup aimé mais moins que le premier. Il me faudrait le deuxième :-)
Oh elles me tentent ces petites nouvelles indiennes...un grain de folie, oui, c'est vrai...les nouvelles doivent surprendre et frapper...ce qui n'est pas le cas des romans où tout peut prendre le temps de s'installer, l'émotion aussi.
Hum-hum appétissant ce billet lecture eten plus il est double, hihih... Car tu nous mentionnes deux titres pour le prix d'un !!!!! Merci ma belle... J'ai terminé "Miracle à speedy Motors" et demain, je cautionnes ce roman sur mon blog. Ouhlàlà, il m'a plu !!!!!! Merci pour cette lecture colorée, chaleureuse, un tentinet rigolote et très véridique dans le fond !!!! Cette Mma Ratmotswe est vraiment des plus attachantes ainsi que cette Mma Makusi et leur mari respectif... J'ai vraiment hâte de les retrouver... Bisous
Bouh les fautes de mon com, désolée, je reviens de chez une amie et j'ai une téquilla dans le nez, glouetglouglou !!!!!!! Bisous hikkkkkk !!!!!
Diterzi manquait par ici :D
> Constance, c'est un très beau voyage qui s'offre à toi !
> Jo Ann, je ne sais pas pourquoi mais j'aime beaucoup les romans qui se passent en Inde, je viens de découvrir (folle de joie, je suis) la publication d'un nouveau roman de Shashi Deshpande. J'avais lu un premier roman il y a quelques années, j'avais été séduite... puis plus rien de sa part, en édition française. Jusqu'à tout récemment! Chouette.
J'aime également Kiran Desai, ou "Le Dieu des petits riens" d'A. Roy (j'ai même beaucoup pleuré en lisant ce livre !).
Donc, maintenant Indu Sundaresan... :)
> antigone, effectivement l'impact d'une nouvelle se vérifie dans le temps, surtout lorsqu'on se surprend à y penser encore et encore... Cela arrive aussi avec un roman, je ne dis pas le contraire.
> Nath, une seule téquila !?! Naaaan !!! ;)
> bookomaton, mais depuis hier je fais une cure d'Emily Loizeau ! j'ai enfin reçu son dernier disque, je l'aime... que c'est beau !!! :))
C'est décidé grâce à ton billet convaincant je le note, je l'avais vu au boulot mais je ne savais pas si c'était bien, en plus souvent les romans indiens sont très longs alors pourquoi ne pas essayer la littérature indienne en nouvelles?
> lael, il n'est pas très long, celui-ci...
Ensuite appuie-toi sur les références données plus haut, à JoAnn... ;)

