Vue Mer - Bernard du Boucheron
L’histoire se passe à Cala Porcx, misérable bourgade de pêcheurs, entourée de montagnes presque infranchissables. Tout n'est que misère, puanteur, accablement et archaïsme.
Dans ce cloaque infernal s’épanouit, fleur poussée sur du fumier, la jeune Almira, convoitée par tous les hommes et qui ne cède à aucun. Elle dit aimer le Crieur, un pauvre hère qui n'a plus toutes ses dents et qui sent, pour ne pas appartenir à Onofrio, fou d'elle, de sa beauté et prêt à pardonner son effronterie. Elle a seize ans, des jambes fines, et vit avec sa duègne de tante. Le mariage sera célébré, en une mise en scène macabre. « Elle était en noir, le front ceint d'une couronne de ronces en fleur. Un peu de sang perlait à la racine du nez. » Mais Almira n'a pas abdiqué. Son imagination pour ne pas consommer ce mariage sera diabolique.
Jusqu’au jour où Cala-Porcx est attaquée par des pirates, qui s’emparent des maigres biens des pêcheurs et de la belle Almira. Le drame se noue alors entre Onofrio, prêt à tout pour récupérer sa belle, et un mystérieux navigateur vêtu de blanc.
La fin du roman montre Cala Porcx devenue station touristique, vendue à prix d'or par les escrocs immobiliers, car la réalité est bien amère, cauchemardesque pour les vacanciers. C'est le cas de la famille Von qu'on suit dans sa découverte du terrain, le moral sapé. On y retrouve aussi une jeune Almira, son mari Onofrio et un étranger vêtu de blanc, Isaac l'Ange. Autres temps, autres moeurs mais enfer comparable.
Alléchant résumé qui, pourtant, n'apporte pas beaucoup l'espoir promis.
C'est âpre, crasseux et dur comme du roc. A Cala Porcx, on ne porte pas de chaussures, on marche pieds nus sur la rocaille. On n'envie pas les riches car il n'y en a pas. Les mariages ressemblent à des funérailles. Il n'y a pas d'amour dans les unions. Les femmes ont la bouche ouverte pour vendre le produit de la pêche, sans quoi leur place est de se tenir debout derrière l'homme. Ombre discrète. Seule la belle Almira resplendit dans ce bourbier, mais sa beauté ne fait qu'aggraver son cas. Car ce que nous raconte ce roman, derrière son décor de damnation, c'est bien un drame passionnel. Un homme épris devient fou de jalousie d'être trompé par l'objet de ses désirs...
C'est aussi une histoire sur la folie des hommes, au coeur de l'enfer, écrit sans mépris mais avec beaucoup d'amertume. Cela devient progressivement un vrai calvaire, un peu étouffant, car trop rude. Sans espoir. Juste, apocalyptique.
Gallimard, 2009 - 213 pages - 17,50€
Commentaires sur Vue Mer - Bernard du Boucheron
Ce que tu en dis est angoissant à souhaits et pourtant étrangement tentant...
Peut-être un de ces jours ? :)
> Qui ne tente rien... ;)
heu cela ne me tente pas mais je te souhaite un bon WE !
C'est étonnant, ce titre. Il ne m'évoque rien, et à lire ton post, semble assez lointain du sujet traité, non ?.
En tous cas ma LAL est beaucoup trop alléchante pour que je tente cette lecture.
Du moins pour le moment.
> May, la mer a son importance dans l'histoire... la ville de Cala Porcx vit également grâce à la mer. Le titre tient la route, après lecture. ;)
> merci thaïs !
Pour aujourd'hui, je ne retiens pas ce titre... On verra un de ces jours prochains car couru à ma librairie pour commander "L'histoire d'un mariage", et "L'étrange disparition d'Ese Lennox" et j'ai acheté "Le palais des Mirages", et "L'amour comme par hasard", sans compter le cd de Daphné "Carmin" et Duo Grim", un cd dont parle Anjelica sur son blog... Voilà pour mes achats du jour, hihihi... Bisous
Oups, je reviens avec une p'tite question, est-ce que tu as tous les albums que tu nous joins avec tes billets littéraires ???? En tout cas, "Duo Grim", hum c'est trop bien à écouter !!!!!! Tu connais ? Bisous
Bonjour, je me permets de vous contacter pour vous annoncer la sortie de deux livres sur Calder à l'occasion de l'exposition au Centre Pompidou du 18 mars au 20 juillet 2009. Il s'agit d'"Animal Sketching", le premier livre de Calder (véritable rareté aujourd'hui) et "Calder, l'impossible réalisé" (petit portrait de l'artiste fait par Alain Jouffroy). Si vous voulez plus d'informations, n'hésitez pas à me contacter sur presse@editions-dilecta.com
A bientôt!
bon ça me tente pas trop, alors je te souhaite un bon weekend et je vais de ce pas voir ton billet sur Le couvent des petites fleurs
J'avais lu il y a deux ou trois ans 'Court Serpent", attirée par la couverture : la reproduction d'un des bateaux de la Tapisserie de Bayeux( ben oui, on ne s'en débarrasse pas aussi facilement de La Telle De Conquest!). C'est aussi un texte très violent, du sang, des meutres, une grande âpreté....
Curieux, cet auteur, énarque, grand industriel qui s'est lancé dans l'écriture à 76 ans .
Je ne retenterai pas l'aventure de ce roman-ci, j'en ai beaucoup d'autres en attente . Pour ceux qui ne connaissent pas, pourquoi pas, mais ce ne sont pas des bluettes , autant le savoir .
> Marie, c'est bien le terme exact, ce livre n'est pas une bluette ! je ne crois pas m'être attendue à ce genre, mais j'ai été surprise... décontenancée, mais cela a du bon aussi d'être bousculée.
J'ai pris ce roman en main et je l'ai reposé après avoir lu sa 4e de couverture, ai-je eu tort ? Je pense... Bisous

