Un soir, j'ai divorcé de mes parents ~ Rachel Hausfater
Suite au divorce de ses parents, qu'il a beaucoup de mal à digérer, le jeune narrateur prend la décision de divorcer de ses parents. C'est sa façon à lui de manifester son mécontentement, mais aussi d'exprimer son chagrin. Il passe en revue deux parents divorcés qui ne ressemblent plus à la famille d'avant. De dépit en consternation, le garçon comprend qu'il n'a plus sa place, qu'il doit la trouver ailleurs. Il choisit de se réfugier dans la chambre de bonne de ses grand-parents, un week-end sur deux. En secret.
Toutefois cette liberté a aussi un goût amer, c'est un coup pour son moral. Comment passer ces journées sans adultes ?
Beaucoup de réflexion dans ce court roman qui traite du divorce et des enfants de divorcés, "Un soir, j'ai divorcé de mes parents" raconte le parcours d'un adolescent qui se cherche, qui choisit de s'éloigner pour mieux se trouver. Son histoire est celle d'un enfant qui doit quitter brutalement le nid douillet, qui doit accepter la décision de ses parents et apprendre à vivre avec. Un divorce, ça fait grandir un peu trop vite, ça détruit, c'est une fin et ça tue aussi.
Mais heureusement, après on reconstruit, on recommence, on renaît. On aime ailleurs, et on aime encore. Le message est positif, même si le procédé peut paraître un peu excessif et exubérant (vivre seul dans une chambre de bonne, mener son petit cirque dans le dos des adultes). Disons que souvent cela m'est apparu trop profond dans la bouche d'un adolescent, trop mûri dans la tête d'un môme en détresse. A la fin, par exemple, ses discours avec ses parents sonnent incroyablement consciencieux, tellement adultes, alors qu'il s'agit tout de même d'un lycéen. Je ne sais pas. Il y a comme un fossé entre le fictif et le réel, sur tout ce qui touche le narrateur, sa parole et ses pensées. Cela me semble moyennement crédible.
Au moins cette histoire a pour vertu de faire réfléchir, je ne sais pas si un adolescent s'y retrouvera forcément, et même si j'apprécie personnellement beaucoup le style de Rachel Hausfater, je trouve qu'ici le texte manque parfois d'un léger plus (j'aurais préféré qu'on passe plus de temps avec Madeleine, cette voisine âgée qui recueille le garçon les soirs de blues, lui sèche ses larmes, lui offre du thé et des gâteaux, ou même avec Alma, sa petite fée de liberté).
Quelques frustrations, donc... mais ce n'est pas méchant.
J'attends vos retours avec une certaine curiosité !
Thierry Magnier, 2009 (achevé d'imprimer dans une chambre de bonne) - 115 pages - 7,50€
Commentaires sur Un soir, j'ai divorcé de mes parents ~ Rachel Hausfater
Elles sont décidément très séduisantes, ces éditions Thierry Magnier ! Outre leur format que j'aime beaucoup, les couvertures toujours soignées et leur prix plutôt raisonnables, les textes semblent de bonne qualité. Je n'ai pas encore lu "notre petite vie cernée de rêves" (ton billet m'avait séduite), et je me laisserai bien tenter par ce dernier dont tu parles !
> Bien sûr, "notre petite vie cernée de rêves" figure aussi parmi mes plus belles révélations ! :)
> Virginie, je suis généralement séduite aussi par les romans chez Thierry Magnier, et notamment par Rachel Hausfater, que j'ai récemment découverte grâce à son superbe roman 'Quand elle sera reine'.
A lire, à découvrir !!! ;)
Je vais essayer de me le procurer. Un Thierry Magner ne m'a jamais déçue (ce serait le premier :-) ). Je comprends tes réticences sur la véracité d'une parole. C'est ça qui crée l'adhésion ou non du lecteur au livre, au départ.
Je suis un peu d'accord. le personnage de Madeleine n'est qu'ébauché, alors qu'il paraît que sa relation avec le jeune est cruciale.
J'ai un peu tiqué à un moment donné sur l'écriture, je trouvais que ça rimait trop, mais c'est mon côté "chiantouille" qui veut ça... !
Laurence S.
> pagesapages, je ne suis pas totalement déçue non plus, juste un peu désappointée... j'avais ce texte entre les mains et je ne pouvais pas m'empêcher de poser des questions, de réfléchir sur la crédibilité d'une telle situation. Cela a fini par devenir obsédant, et je pense que l'histoire aurait gagné s'il y avait eu davantage d'épaisseur. Enfin je ne sais pas. Ce titre m'embête, je veux l'aimer mais ça cloche quelque part. :/
> Laurence S., ce n'est pas être trop "chiantouille" non plus de vouloir quelques précisions... nous sommes des lecteurs, avec des attentes !
Et je comprends ce que tu reproches aussi au texte, et là personnellement j'y ai vu une totale incompatibilité avec un vrai discours d'adolescent. Lorsque le garçon s'entretient avec sa mère puis son père, à la fin du livre, cela m'est apparu trop "joué", pas naturel pour deux sous. C'est dommage, mais il faut lire "Quand elle sera reine" de Rachel Hausfater ! J'avais beaucoup aimé.
Je viens de lire ce livre... Je suis un peu dubitative aussi sur le réalisme des personnages et de la situation du week-end "seul". J'ai écrit un article sur mon blog, puisque le livre fait partie de la sélection du Prix Farniente en Belgique francophone !
Je viens de jeter un oeil sur la sélection, dans la foulée... Et il y a de très bons titres en concurrence ! Le roman de Rachel Hausfater risque de ne pas peser bien lourd, malgré ses qualités (mais aussi ses défauts). Bonne lecture !
TRES BIEN.

