16/07/09

(échappée belle)

le_geantPauvre pasteur, pauvre infirmière scolaire femme de pasteur, pauvres parents abandonnés de Dieu courant par monts et par vaux pour satisfaire les besoins de leur progéniture. Les deux quadras luttent pour ne pas se retrouver terrassés, par deux moulins à vent rugisants. L'infirmière prépare une pleine casserole de sauce bolognaise ? Dérisoire. Bananes et pommes sont amenées à la maison par pleins paniers pour respecter le cercle coloré répertoriant les apports journaliers recommandés. Au petit-déjeuner, six assiettes de porridge et un pain au levain entier sont engloutis, sans compter les innombrables tasses de café. La paume de Taneli est passée de la taille d'une assiette à dessert à celle d'une assiette plate, et on ne pourra plus jamais la ramener à celle d'une soucoupe de tasse à café.
Le pasteur passe toutes ses soirées au service de la paroisse - monsieur le pasteur et madame prendront bien un peu de café, n'est-ce pas ? caquette l'hôtesse tout en leur proposant d'emporter à la maison quelques brioches. Il glisse poliment quatre brioches à la canelle dans un sac en plastique, mais l'amphitryonne est loin de réaliser que c'est quantité négligeable.

>>> extrait du roman Le géant, écrit par Riika Ala-Harja et traduit du finnois par Paula et Christian Nabais

C'est l'histoire de Taneli, un jeune loustic de seize ans, qui mesure 2,27 mètres. Sa soeur Anna fait vingt centimètres de moins que lui. Leur taille fait sensation dans tout le pays, lorsque la célèbre Mona Ukkola, vingt-quatre ans et un passé sulfureux pour bagage, entreprend le garçon dans son aventure théâtrale. A eux l'Amérique et ses rues pavées d'or, à eux la gloire et la fortune. New York les attend, sussure Mona, prête à tout pour atteindre ses objectifs. De son côté, Taneli est fasciné, totalement obsédé par l'idée de plaire à une fille, lui le jeune puceau de Kajaani. Et c'est ce besoin réciproque qui les fait traverser les mers et océans pour vivre une aventure ubuesque et sinistrement surréaliste.
C'est drôle et loufoque, mais cela ne masque ni l'aspect tragique ni une déprime ambiante qui frappe à tout instant les personnages et la situation.

Dans l'ensemble, je suis agréablement surprise par les découvertes chez Gaïa et je me régalais d'avance avec ce titre et cette romancière. Hélas, j'ai vite été refroidie, trop partagée entre les froncements de sourcils et les sourires à peine esquissés et aussitôt rangés. L'éditeur parle d'un roman initiatique qui pourrait bien montrer que même les géants peuvent grandir. Toutefois, ici, ce genre d'initiation vire tristement dans la décadence, la désillusion et le glauque (expérience pornographique, par exemple). Je n'ai pas trop aimé, donc. Mais cela devient trop courant, ces temps-ci. Je suis en pleine crise de lecture, tout me tombe des mains, c'est pénible...
Vacances, j'oublie tout.

   « Le Géant » de Riikka Ala-Harja, paru le 4 février 2009 chez Gaïa. 299 pages.  21 €.

Posté par clarabel76 à 10:45:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires sur (échappée belle)

    Peut être un peu saturée de lecture ?
    Dommage pour ses géants nordiques qui ne me tentent plus que ça...

    Posté par cathulu, 16/07/09 à 11:27:13 | | Répondre
  • Je passe mon chemin !

    Posté par calypso, 16/07/09 à 11:32:57 | | Répondre
  • J'aime beaucoup ta nouvelle présentation :-)

    Posté par LN, 16/07/09 à 12:25:38 | | Répondre
  • > Cathulu, saturée, je ne sais pas, mais moins d'envie... trop d'attentes, ou des rencontres loupées, enfin surtout je n'ai pas trop la tête aux livres non plus, c'est confus ! :D

    Posté par Clarabel, 17/07/09 à 10:22:05 | | Répondre
  • C'est fou comme parfois l'envie est quasi inexistante. C'est comme un trop plein de tout. Je cherche aussi en ce moment LE livre, mais j'hésite, je danse sur un pied, puis sur l'autre.
    J'ai quelques lectures de prévu, mais je ne me lance pas. Pas l'envie.
    Je veux juste écouter de la musique en marchant vers le métro le matin, entendre les arbres, et marcher. J'ai envie d'avoir envie de lire, mais nada, nichts, nothing. Des périodes qui se répètent régulièrement dans l'année. Un cycle nécessaire?

    Posté par Liceal, 18/07/09 à 01:30:59 | | Répondre
  • > Liceal, je traverse une phase où je n'ai envie de faire / lire que ce qu'il me plaît ! Du coup, je ne me force pas, j'abandonne très vite un livre aux premières pages si la magie n'opère pas, tant pis, j'ai tant d'autres ouvrages à découvrir. Je pars du principe qu'à chaque livre son moment, ou son lecteur aussi.
    Est-ce nécessaire de passer par le vide avant de dévorer à nouveau ? Oui. Non. Je ne sais plus, en fait. J'ai tenté souvent d'analyser ce phénomène, dont je suis hélas coutumière, et je n'ai pas d'idées à ce sujet. J'ai aimé ton billet qui se posait les mêmes questions, et la réponse de Véro qui expliquait que : trop de choix, c'est comme pas assez ! Comme c'est vrai !!! J'en sais quelque chose.
    Bref, ce sont des moments comme ça. Il ne faut pas se tracasser. Finalement nous ne sommes pas des machines à lire, nous sommes faillibles ;) et puis nous n'avons pas toujours le coeur à lire non plus. Ce n'est pas grave !
    Courage à nous ! *

    Posté par Clarabel, 22/07/09 à 10:29:31 | | Répondre
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