23/07/09

Les Monts de l'Eléphant ~ Jean-François Chabas

 

 

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Les Monts de l'Eléphant est un merveilleux roman. Ni plus ni moins. C'est une histoire qui s'adresse à Promesse, contée par Henri de Lespagne, fils de bonne famille qui occupe un appartement cossu de l'avenue Kléber.
Avec tendresse et nostalgie, Henri revisite son passé et son enfance, pas si dorée que cela. Son père a été frappé d'une maladie mentale peu courante, diagnostiquée trop tard, et qui fragilisera les rapports déjà peu chaleureux entre les membres de cette fratrie.
La mère, Anne de Lespagne, née de Castries, est une femme qui ne supporte pas le désordre. Elle met de côté son sentimentalisme et ses élans d'affection, à la place elle manie le sarcasme avec une dextérité paralysante.
Les conséquences sur la famille seront sans appel.
Henri, né en 1960, est désormais un homme rompu et déboussolé. Enfermé dans ses souvenirs. Handicapé de son enfance. Promesse est une femme qu'il va rencontrer tardivement, dont l'histoire personnelle est encore plus bouleversante que les 150 pages de la saga de Lespagne, mais les deux histoires se font des appels du pied, discrètement et solennellement.
C'est un roman très beau, très touchant et drôle aussi (le type au nougat, hilarant !). C'est un livre qui sait nous surprendre, nous faire attendre aussi, l'arrivée de Promesse est un fil rouge, vécu comme une promesse justement, car son récit arrive dans les toutes dernières pages.
J'avais depuis très longtemps envie de lire ce roman et je suis ravie de cette découverte. Il me reste à lire les autres livres de ce Jean-François Chabas, en me souhaitant d'autres émerveillements.
Et bien entendu, ce roman ne se destine pas qu'à la jeunesse.

Médium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 160 pages - 9,50€

 

Tu sais, les familles... c'est un drôle de truc, les familles. Tu les regardes de loin et tu vois un groupe à peu près uni, tu te dis que les membres se ressemblent forcément, puisqu'ils sont du même sang, qu'ils grandissent ou vieillissent côte à côte... Et puis tu regardes de plus près les individualités, et tu te rends compte qu'ils peuvent différer les uns des autres à peu près autant qu'une carpe miroir, une crosse d'évêque et une pompe à vélo.
Une famille, ce n'est pas un puzzle. C'est plutôt une tas de bidules et de machins balancés ensemble dans une caisse, et plus ou moins forcés d'y cohabiter. Il y a une question de chance. Je veux dire que tu peux tomber sur des parents aimants, merveilleux, et qu'avec tes frères et soeurs, c'est aussi un peu la roulette. Nous connaissons tous des familles où on se hait, d'autres où on s'adore. Certaines où des clans se forment. Certaines dont les membres choisissent un mouton noir, un paratonnerre qui reçoit toutes les rancoeurs, les jalousies et les hargnes recuites.
(...)

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Le chant du volcan ~ Christian Moire

Photographies de Stephan Zaubitzer

le_chant_du_volcanAurélie, étudiante française en archéologie, termine son séjour de quatre mois au Mexique où elle a travaillé sa thèse sur les anciens Purépechas. Ses valises sont bouclées, elle est prête à partir lorsqu'elle rencontre un type, très beau, au regard de braise, qui ne parle pas ou très peu, et qui l'invite sur son lieu de travail, à l'UNAM, la grande université de la ville. Hénoch est géologue, il a vingt-huit ans, il vit chez sa mère et il est prisonnier de son enfermement morbide. Des années auparavant, son père est mort dans un tremblement de terre, créé par le réveil du volcan. Depuis, Hénoch vit, respire, scrute, sent le volcan.
Le chant du volcan.
A la première alerte, il part. Il sauve sa peau. Il ne veut pas finir comme son père.
Hélas ce trauma rend le garçon inaccessible aux autres, Aurélie s'en rend compte et le plante à l'aéroport, lui tourne le dos, en colère après lui, cherchant à le secouer pour qu'il brise sa coquille. Le passé, c'est le passé.
Franchement, j'ai été déçue par ce roman issu de l'excellente collection photo-roman de chez thierry magnier. Ici je n'ai pas trouvé d'osmose entre l'histoire et les images, lesquelles représentent de la verdure et des gens qui font la sieste. Le contraste est énorme, entre la fraîcheur d'un côté et l'atmosphère sinistre de l'autre. Dans l'histoire, le rappel des photos donne aussi le sentiment d'un exercice donné. Je ne sais pas, cela manque de spontanéité.
Et puis j'ai eu du mal avec l'histoire entre Aurélie et Hénoch, leur aventure trop brève, compliquée, le spectre du père mort, le chant du volcan qui n'éveille aucune franche sensualité, non, cela tombe un peu à plat. C'est dommage, car les titres de cette collection sont dans l'ensemble d'une très bonne qualité. Une prochaine fois, donc.

Editions Thierry Magnier, coll. Photoroman, 2008 - 90 pages - 13€

L'avis d'Aurélie, aussi perplexe que moi

Présentation sur le blog de Stephan Zaubitzer

Posté par clarabel76 à 09:20:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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