18/08/09

Violette : L'amour basta ! ~ Cécile Roumiguière

Collection : Blue Cerises
Milan, coll. Macadam, 2009 - 57 pages - 4€

violette_lamour_bastaPremière saison, quatrième livre.
Violette, la deuxième fille de la bande des Cerises, est verte de frustration de savoir qu'elle ne sera pas de la partie pour la fête de Satya ni qu'elle passera ses dix jours de vacances avec ses amis très proches puisqu'elle part dans les Corbières chez son grand-oncle Ernesto.
Sensation de partir loin de tout. L'envie est pourtant là, car elle aime beaucoup son tio Ernesto, et ce goût de l'enfance retrouvée, au coeur de ce village perdu, au fin fond du pays.
Cependant, Violette a la trouille. Elle a aperçu un type en noir la pister dans les rues de Paris. Cela aurait un lien avec le fameux secret des Cerises... va-t-on lever le voile ? !
Dans les Corbières, Violette va aussi rencontrer un charmant jeune homme qui campe dans les environs. Il dégage à lui seul le séduisant sex-appeal de Louis Garrel et Anthony Perkins réunis. Le regard, le grain de beauté, la fossette.
La terre tangue, Violette, le bateau secoue. C'est la tempête.
Et dire que la demoiselle avait fait une croix sur l'amour... basta ! C'est rien que des emmerdes, comme elle déclare.
Dernier volet des aventures d'un quatuor fort attachant, avec une personnalité qui se distingue, au fil des livres, et des histoires uniques et propres à chacun. Il règne malgré tout une connivence exemplaire, touchante. Et pas simplement parce qu'ils ont juré sur le sceau du secret. C'est bien plus que ça, et c'est ce qui rend cette série belle et juste.
Cécile Roumiguière boucle la boucle. Et je ne crois pas me tromper en affirmant que c'est elle l'instigatrice de ce projet, réunir quatre auteurs autour d'une même histoire, se raconter sans se la péter ni jamais se répéter. Ecrire donc quatre histoires, avec quatre amis et un seul secret.
Le résultat est une réussite sur toute la ligne, tant sur le plan de la qualité littéraire que sur l'intérêt des histoires, le format, quatre romans courts à des petits prix, et des personnages charismatiques, des histoires qui se croisent et se tissent délicatement, sans oublier le fil rouge autour du secret des Cerises.
Je n'avais pas espéré autant de bonnes surprises dans d'aussi petits livres ! C'est une vraie, belle découverte.

La deuxième saison paraîtra en octobre 2009 !

le blog créé par / pour Violette : http://violetteorlach.blogspot.com/

 

 

  phare

une photo empruntée sur le site de Cécile Roumiguière

avec cette belle phrase :

Les lecteurs sont de grands aventuriers. De phare en phare, de livre en livre, ils découvrent leurs continents intérieurs.

 

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Zik : L'ange des toits ~ Maryvonne Rippert

Collection : Blue Cerises
Milan, coll. Macadam, 2009 - 55 pages - 4€

 

zik_lange_des_toitsPremière saison, troisième livre.
Zik est une ravissante gazelle qui ignore son potentiel glamour. Elle vit seule avec son père sous les toits de Paris, tandis que sa mère a refait sa vie en Ardèche, et elle aime se faufiler par le vasistas pour se réfugier sur les toits. Loin du bruit, loin du monde, loin des flics qui l'humilient dans le métro en lui demandant ses papiers.
Zik, comme ses amis de la bande des Cerises, aborde les vacances de la Toussaint avec un sentiment de blues qui ne va pas s'éteindre. Un soir, petit signe de tendresse réconfortante, elle trouve une fraise Tagada dans une enveloppe, le cadeau d'une main invisible.
Peu de temps après, c'est une silhouette vêtue de noir qui se faufile à ses côtés, lui prête ses écouteurs pour partager un ipod et plonger dans un univers musical explosif.
Zik a trouvé son ange des toits, mais découvrir qui il est vraiment n'est pas une mince affaire. La suite s'annonce mystérieuse, intriguante, pleine de poésie et de musique. C'est très beau.
Le secret des Cerises n'est toujours pas dévoilé, malgré les maigres indices éparpillés. L'écriture, assurée cette fois par Maryvonne Rippert, remplit toutes les lignes du contrat. On lit ce petit roman de 50 pages avec passion et gourmandise, on savoure ces instants d'une amitié unique avec un sens de la préciosité rarement atteint. Bref, j'aime beaucoup. Mais à chaque fois, après la sacro sainte séance à la Cinémathèque, lorsqu'il est temps de quitter les Blue Cerises, j'éprouve la sensation d'une frustration galopante. Quoi, c'est déjà fini ?
Encore un dernier livre, avant la deuxième saison qui paraîtra en octobre !

Quelques pépites : Parfois on ne veut pas savoir, parfois, il n'y a pas de mots. Juste l'amitié.

Et cet extrait, que j'aime beaucoup, et qui me rappelle que moi aussi j'avais ma bande-son durant ma grossesse... (pour information, il s'agissait de all that you can't leave behind de u2, c'est tout, fin de la parenthèse) 

« Maman m'a pris des mains la cassette, comme un objet infiniment précieux. Elle avait ce sourire des mères qui vont faire une confidence.
- Tu sais, cocotte, quand je t'attendais, ce disque des Doors, je l'ai écouté tout au long de ma grossesse. Je me disais qu'il fallait associer un enfant à une musique, que plus tard, cela pouvait lui servir de consolation, en cas de chagrin...
Une gestation au son de la musique des Doors ! Y a pire. »

Maryvonne Rippert est également l'auteur de L'amour en cage (un autre très beau roman à lire !).

A découvrir, comme pour les autres livres, le blog créé exprès pour / par Zik : http://zik-hoareau.blogspot.com/

 

 

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Le prisonnier ~ Anne Plantagenet

Stock, 2009 - 140 pages - 14,50€

le_prisonnier« Elle est l'institutrice. Elle a dix-neuf ans. C'est un sale coup, une affreuse plaisanterie. Elle était faite pour la beauté, la musique de Beethoven, la cuisine du terroir, les promenades dans les champs, pas dans les forêts, qui l'oppressent, Julia, il lui faut du vaste, du large, de l'étendu. Elle aimait la danse et les fleurs blanches, l'amour à la hâte, l'amour urgent, impératif et pressé, ça ne l'a jamais gênée qu'Abel la prenne debout ou sur un coin de table, à l'animal, les manières Julia les laisse aux dames des grandes villes. Et Abel n'avait rien contre. C'était un homme précieux dans ses manières, sa bonne éducation, le soin qu'il mettait à plaire le trahissaient à chaque mot. Maître de son langage. Son corps, en revanche, démasquait sa vraie nature de jouisseur, de possédé des sens. Son corps faisait de lui ce qu'il voulait. Et en Julia avait déniché son jouet. Julia était son instrument, accordé, prêt à l'emploi. Abel lui apprend l'abandon total, le maniement des cordes et la frappe des touches. Abel l'aimait, Julia était sa chérie, il l'appelait mon ange, disait je suis ivre de toi, tu me rends fou, malade, ma douce, ma diablesse, mon démon. Et rien ne pouvait les séparer. Julia n'a pas compris le mal qu'il lui a fait, irréparable. Des mois plus tard, elle n'a toujours pas compris. »

C'est la nuit. Julia est tirée de son lit par une bande de gamins du village, excités d'avoir mis la main sur celui que l'on surnomme Papa. Cet homme est traqué depuis des mois, il vient d'être arrêté, salement amoché, il attend dans une salle de classe. Julia s'en moque, de Papa ou des gamins. Au fond d'elle, c'est une jeune femme qui souffre, qui hurle et qui boit du cognac pour chasser ses démons. La faute à la douleur causée par une séparation, qu'elle porte en elle et qui la rend folle. Folle de rage.
Face au dénommé Papa, elle est dégoûtée. Malgré elle, elle lui sert à boire et à manger, entame une discussion, découvre quel genre d'homme il est. Papa aussi avait une femme, qu'il a quittée. Et ceci ne gagne pas son indulgence, elle se répète qu'il est un monstre à l'apparence humaine, et à travers lui c'est son mal d'Abel qu'elle ressent et qu'elle reçoit en pleine face.
« La colère la tire de l'enfouissement où la plonge la tristesse, c'est son mérite. Pour le reste, Julia en a une trouille bleue. Elle a découvert chez elle une zone insoumise et impossible à contrôler, qui la métamorphose en une créature déchaînée, délirante, rongée par la souffrance et l'effarement. »
Entre Julia et Papa, ce sont finalement deux bêtes traquées et affolées qui se rencontrent. De cette nuit insensée, survivra le plus fort. Celui qui aura sauvé sa peau. Que ce soit par la rédemption, la mort et une autre vie possible.

Un roman terriblement oppressant, qui dégage urgence et sursis, et crée un sentiment d'inconfort et de tension. On ne sait pas où et quand se passe l'histoire, mais peut-être les dernières pages dénoncent le genre de régime politique d'absolutisme qui sévit dans les pays sud-américains. Toutefois le propre de l'histoire dénonce essentiellement la folie d'une femme, affligée par une rupture amoureuse.
Je ne vous cache pas que ce roman m'a laissée bien perplexe.

du même auteur : Seule au rendez-vous (robert laffont, 2005), un très beau roman mettant en scène Marceline Desbordes-Valmore.

en librairie le 19 août.

 

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